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Pourquoi la Suisse sera championne de la Coupe du monde 2026

Voici pourquoi la Suisse sera championne du monde

Un peu de rêve? De folie? Certainement! Mais la Suisse n'est plus qu'à trois victoires d'un sacre mondial. Dix raisons de croire qu'elle peut aller au bout.
11.07.2026, 18:5411.07.2026, 18:54
Etienne wuillemin / ch media

Bien sûr, il ne s'agit que d'une pub pour Ochsner Sport. Mais c'est peut-être malgré tout le moment de prendre au sérieux les paroles de José Mourinho: «Oubliez la diplomatie! Soyez imprévisibles. Le génie est proche de la folie. Pas de la politesse. Jouez pour montrer que la Suisse n’est pas petite. Elle ne l’a jamais été. Vous êtes ici pour gagner. Alors allez chercher ce qui vous revient. Il est temps pour une nouvelle Suisse».

Fini la modestie. Pour la première fois de son histoire moderne, la Suisse dispute un quart de finale de Coupe du monde. Mais rien n'oblige à s'arrêter là. La Suisse peut devenir championne du monde. Voici dix raisons d'y croire.

Manzambi a besoin de temps

Son regard est vide sur le banc des remplaçants. Le bandage autour de son genou gauche n'inspire rien de bon. Johan Manzambi est le grand malchanceux du triomphe historique contre la Colombie. Blessé à l'entraînement, il est contraint d'assister, depuis le bord du terrain, à la qualification des siens aux tirs au but. Même au milieu des célébrations, il paraît ailleurs, comme détaché de la fête.

Sa Coupe du monde est-elle déjà terminée? C'est malheureusement à craindre, surtout qu'il ne jouera pas non plus en quart de finale contre l'Argentine. Mais depuis longtemps, l'insouciance de Manzambi a déteint sur toute cette équipe. Ses coéquipiers feront tout pour lui offrir une nouvelle occasion de se montrer au monde. Il reste huit jours pour remettre sur pied le genou le plus célèbre de Suisse, afin qu'il soit prêt pour la finale.

Xhaka porte son équipe

Le capitaine a déjà livré 151 batailles sous le maillot de la Nati. Dès son tout premier match, à 19 ans, une évidence s'impose: un génie est à l'œuvre. Un génie qui n'a jamais cessé de repousser les limites de cette équipe. Jusqu'à la conduire au sommet.

Pendant de longues années, Xhaka a souffert. Il s'est heurté, encore et encore, au mur des huitièmes de finale. En Coupe du monde. Au Championnat d'Europe. Mais toutes les barrières ont désormais été franchies. Les larmes versées après la séance de tirs au but racontent le poids des responsabilités qu'il porte depuis si longtemps sur ses épaules. Le moment est venu pour lui d'atteindre son accomplissement. Même les dieux du football semblent en être convaincus, eux qui lui ont pardonné son erreur grotesque contre la Colombie, peu avant la fin des prolongations.

Celui qui conduit Leverkusen au doublé et Sunderland à l'Europe peut montrer à la Suisse le chemin vers le titre mondial.

Kobel a trouvé sa place

L'ombre de Yann Sommer était immense. Et il était difficile de se défaire de cette impression. Kobel en souffrait. L'harmonie et les automatismes avec ses coéquipiers en sélection n'ont jamais semblé totalement comparables à ceux que Sommer avait construits. A cela s'ajoutait un constat implacable: jusqu'à mardi, Kobel n'avait encore jamais offert une victoire à la Nati.

C'est désormais chose faite. Et, ironie du sort, une nouvelle fois lors d'une séance de tirs au but. Comme Sommer restera associé au tout premier quart de finale d'un Euro, Kobel restera désormais lié au premier quart de finale de Coupe du monde de l'histoire moderne. Cela pourrait constituer une immense libération. Pour lui. Pour l'équipe. Au point de lui permettre de conduire la Suisse jusqu'au titre grâce à ses exploits.

Yakin rend les autres meilleurs

Un bon entraîneur ne fait pas tout. Mais sans bon entraîneur, rien n'est possible. La Suisse possède Murat Yakin. Un homme qui trouve une réponse à chaque défi. Un homme qui est à son meilleur lorsque la scène est la plus prestigieuse. Face à Messi, Kane, Haaland, Yamal ou Mbappé, il saura trouver la solution miracle.

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Yakin se sublime dans les grands rendez-vous.image: Keystone

Après le match nul décevant contre le Qatar, Yakin a su remettre son équipe sur les rails. Il l'a ensuite guidée avec autorité vers la première victoire suisse dans un match couperet de Coupe du monde. Désormais, il est l'entraîneur qui a mené la Nati jusqu'au quart de finale tant attendu, malgré une préparation perturbée par la blessure de Manzambi.

L'heure des revanches a sonné

Argentine, Angleterre, Espagne: voici le parcours que la Suisse pourrait emprunter jusqu'au titre. Et face à chacune de ces équipes, la Nati a un compte à régler.

L'Argentine? Le souvenir remonte à la Coupe du monde 2014: Messi et les siens avaient éliminé la Suisse en huitième de finale sur un but de Di Maria à quelques instants du coup de sifflet final. Quelques instants plus tard, Dzemaili se heurtait au poteau.

L'Angleterre? Sans doute la défaite la plus cruelle de cette génération. Lors de l'Euro 2024, la demi-finale semblait à portée de main pour la Suisse après l'ouverture du score de Breel Embolo. Mais Bukayo Saka égalisa, avant que l'Angleterre ne s'impose aux tirs au but. L'Espagne? Là aussi, une élimination aux tirs au but. C'était en quart de finale de l'Euro 2021, quelques jours seulement après l'incroyable victoire contre la France.

La possibilité de prendre ces revanches constitue un formidable moteur.

La Suisse n'a rien à perdre

Cette Coupe du monde devait être la plus belle de l'histoire. Cet objectif, la Suisse l'a rempli avec brio.

Désormais, tout ce qui viendra sera du bonus. En quart de finale, mais aussi en demi-finale et en finale, la Nati pourra évoluer dans son rôle préféré: celui de l'outsider un peu sous-estimé. L'adversaire sera condamné à gagner, tandis que la Suisse, elle, pourra simplement jouer sans pression. Historiquement, ce sont souvent ces rendez-vous qui lui ont le mieux réussi. Rien ne laisse penser que cela changera aujourd'hui.

Switzerland's Ruben Vargas celebrates with teammates Dan Ndoye, left, and Breel Embolo after scoring the final penalty shot during the World Cup round of 16 soccer match between Switzerland and C ...
La joie des Suisses à l'issue de leur séance de tirs au but contre le Canada.image: Keystone

L'équipe de Suisse a atteint la maturité

Un rapide coup d'œil à l'âge des principaux cadres suisses: Kobel, 28 ans; Rodriguez, 33 ans; Akanji, 30 ans; Elvedi, 29 ans; Xhaka, 33 ans; Freuler, 34 ans; Embolo, 29 ans. La Suisse s'appuie sur une ossature qui possède une expérience et une maturité que très peu d'autres équipes peuvent égaler. Ces joueurs sont au sommet de leur carrière: toutes les conditions sont réunies pour réussir un immense exploit.

A cela s'ajoute une autre force: à l'exception de Kobel, tous évoluent ensemble depuis de nombreuses années. Les automatismes fonctionnent à merveille. Chaque pièce du puzzle trouve naturellement sa place. Chacun sait instinctivement ce que son partenaire va faire avant même qu'il n'agisse. C'est une richesse inestimable.

Le groupe vit bien

Depuis plus d'un mois, les joueurs et le staff suisses vivent presque en permanence les uns avec les autres. C'est une longue période. Dans ces conditions, la cohésion et l'ambiance au sein du groupe deviennent des éléments déterminants du succès.

epa13089609 Switzerland's Breel Embolo (C) gets slapped by his teammates during a Switzerland training session at the National Soccer Development Center in Vancouver, Canada, 05 July 2026, during ...
On se chambre à l'entraînement.image: Keystone

Murat Yakin accorde une importance considérable à cet aspect lorsqu'il construit son groupe. Et cela porte ses fruits. Les joueurs suisses forment un bloc soudé. C'était déjà le cas lors de l'Euro 2024. Et cela l'est tout autant pendant cette Coupe du monde. Tout donne le sentiment qu'ils sont animés par une mission. Une mission qui mène au titre.

Des lieux qui portent chance

Le quart de finale de la Nati se jouera à Kansas City, le royaume de Patrick Mahomes. Le quarterback des Chiefs est peut-être le sportif le plus célèbre des Etats-Unis. Or Patrick Mahomes aime passer ses vacances en Suisse. Quel présage!

La demi-finale se disputera à Atlanta. Impossible de ne pas repenser aux Jeux olympiques de 1996. Xeno Müller, Donghua Li et Pascal Richard y avaient décroché l'or. Rien ne peut donc mal tourner.

Quid de la finale? Elle aura lieu dans le New Jersey. Depuis quelque temps, cet Etat est devenu une véritable enclave du sport suisse. Nico Hischier, Timo Meier et Jonas Siegenthaler enchantent les supporters des Devils en NHL. Pourquoi cet endroit ne deviendrait-il pas le théâtre du premier sacre mondial de la Nati?

La Suisse voit plus grand

La Suisse championne du monde? Pendant des décennies, ceux qui osaient y croire passaient pour des rêveurs. Mais les mentalités ont changé. Le pays croit désormais aux grandes histoires. Les hockeyeurs suisses y ont largement contribué. Patrick Fischer a répété que la Suisse voulait atteindre le sommet mondial. Les finales sont finalement arrivées. Le grand triomphe, lui, reste encore à conquérir.

Les footballeurs profitent eux aussi de ce nouvel état d'esprit. Granit Xhaka était autrefois souvent accueilli avec un sourire lorsqu'il affirmait viser la finale. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

La Suisse championne du monde de football? Bien sûr! Seuls ceux qui voient grand peuvent accomplir de grandes choses. Fini les complexes d'infériorité. Fini la modestie. Salutations à José Mourinho.

Revivez la victoire de la Nati face à la Colombie aux tirs au but
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Revivez la victoire de la Nati face à la Colombie aux tirs au but
source: sda / timothy matwey
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