Gregor Kobel fait taire les critiques
La situation de Gregor Kobel en équipe de Suisse était loin d’être simple ces derniers mois. Le gardien de la Nati a dû faire face à la comparaison avec Yann Sommer, auquel il a succédé au poste de numéro un après l’Euro 2024.
Dans les cœurs, il a rapidement constaté qu’il était encore loin de jouir de la même cote de popularité que le récent champion d’Italie. Sportivement aussi, beaucoup le considéraient encore un cran en dessous de Sommer. S’il n’a jamais véritablement déçu, il a tout de même essuyé des critiques, notamment concernant son jeu au pied.
En outre, l’expert genevois du poste de gardien de but Thierry Barnerat estimait, avant le seizième de finale de Coupe du monde contre l’Algérie, qu’Yvon Mvogo avait davantage les épaules pour occuper le poste de titulaire en équipe de Suisse.
«Si Yvon Mvogo gardait la cage de Dortmund et Gregor Kobel celle de Lorient, il n’y aurait aucune discussion: c’est Yvon qui jouerait en équipe de Suisse. Selon moi, Kobel est sauvé par le nom de son club. Si l’on regarde uniquement les qualités intrinsèques, il n’y a pas de débat: Mvogo est au-dessus», déclarait-il dans les colonnes de La Liberté. Il poursuivait, sans concession: «Si Yann Sommer est un 10, Greg est un 7. Kobel est surcoté. Je ne comprends pas sa valeur marchande».
Kobel a depuis enchaîné deux clean sheets, ses premiers en Coupe du monde. Il s’est aussi mué en sauveur contre la Colombie en stoppant le tir au but de Cucho Hernández juste après l’échec de Manuel Akanji, évitant ainsi que ses coéquipiers ne commencent à douter. Soulignons également son duel mental remporté face à Davinson Sanchez, qui a envoyé sa tentative sur la barre.
Le gardien du Borussia Dortmund s’était interposé plus tôt dans la rencontre sur les frappes de Jaminton Campaz et de Gustavo Puerta. C’est donc logiquement qu’il a été élu homme du match face aux Sud-Américains.
Gregor Kobel, qui a qualifié la journée de mardi comme la plus belle de sa carrière sportive, tient enfin le match référence qui lui manquait. Celui qui pourrait faire taire les critiques à son encontre, lui permettre de gagner le cœur de nombreux fans et atténuer les comparaisons avec Sommer. Un penalty de Lionel Messi arrêté en quart de finale, et Kobel passerait définitivement du statut d’héritier à celui de héros national.
(roc)
