L'Argentine prend un gros risque avec Messi
La folle soirée de vendredi à Miami où l'Argentine a été proche d'un fiasco monumental en 16e de finale du Mondial face au Cap-Vert (3-2, a.p.) a montré une nouvelle fois la dépendance des champions du monde à Leo Messi.
Le visage marqué, visiblement épuisé au bout des 120 minutes passées sur le terrain, la «Pulga», 39 ans, a reconnu qu'il s'attendait à un «match très dur» où «personne ne te donne rien».
Messi a poursuivi, sans commenter sa prestation individuelle:
Mais les chiffres parlent pour lui. Le roi Leo a d'abord été buteur à la suite d'un magnifique enchaînement contrôle soyeux-frappe sèche du gauche, puis à l'origine des deux réalisations suivantes à la suite de corners. Après quatre matchs, il occupe la première place du classement des buteurs (7 buts), soit 63% des réalisations argentines depuis le début du Mondial.
Au-delà de ces données brutes, il a été à l'origine de la plupart des actions dangereuses de son équipe vendredi; le gardien capverdien Vozinha l'a privé d'un deuxième but sur un coup franc qui partait vers la lucarne (73e) et sur une frappe pas assez appuyée (63e). Et à part ça? L'hégémonie du presque quadragénaire Messi sur le jeu argentin souligne en creux les limites de l'Albiceleste.
Manque de profondeur
Le défenseur Lisandro Martinez, auteur d'une superbe ouverture pour... Messi sur le premier but et d'une puissante frappe pour le troisième but, a été le principal atout offensif. En revanche, Lautaro Martinez, Thiago Almada ou Julián Alvarez, entré en jeu, ont été très discrets. Et l'Argentine, sans ailier vraiment percutant, a manqué de profondeur pour déstabiliser le bloc capverdien.
La veille du match, le sélectionneur Lionel Scaloni n'avait pas éludé le sujet de la «Messi dépendance»:
Sous-entendu: ce n'est pas un problème.
«Il te donne envie d'aller à la guerre»
Le coach argentin a bâti son équipe autour de la superstar et les bons résultats de la phase de groupe ont prouvé que cela reste la meilleure manière pour aller chercher un doublé historique. L'Albiceleste joue ainsi depuis des années et cela a déjà porté ses fruits au Qatar en 2022 et lors des deux succès consécutifs à la Copa América (2021, 2024).
Une telle configuration n'est pas sans risque: que se passera-t-il en cas de blessure ou de baisse physique de la «Pulga», qui approche les 40 ans et qui a été victime en fin de saison de gênes aux ischio-jambiers?
Pendant le tournoi, le milieu Alexis Mac Allister a résumé:
L'équipe joue pour «sa» star. «C'est mon idole depuis que je suis enfant. Evidemment, tu veux bien lui rendre, essayer de coordonner les mouvements, d'avoir cette alchimie», a lâché Julian Alvarez à DAZN.
«Il te donne envie d'aller à la guerre s'il te le demande», a synthétisé Rodrigo De Paul, son ami en sélection et à l'Inter Miami. La prochaine bataille est prévue mardi en huitième de finale face à l'Egypte de Mohamed Salah. Avec Messi en première ligne.
(afp/yog)
