L'Algérie doit-elle mettre son 3e gardien? Débat pour-contre
C'est un débat qui agite la presse algérienne depuis plusieurs heures. Déçu par les prestations de Luca Zidane lors des deux premiers matchs du Mondial, Vladimir Petkovic a titularisé Oussama Benbot face à l'Autriche. Mais là encore, le remplaçant n’a pas été bon, ne réalisant aucun arrêt et encaissant trois buts sur trois tirs. «Petko» songerait donc à titulariser le troisième gardien algérien face à la Suisse en 16e de finale du Mondial, vendredi matin (5h, heure suisse). Or il s'agit d'un portier connu dans notre pays puisque Melvin Mastil évolue au Stade nyonnais.
Le gardien de 26 ans peut-il être performant dans un match aussi important et un tournoi aussi prestigieux malgré son manque d'expérience (il ne compte que deux sélections jusqu'ici) et le fait qu'il joue en 2e division suisse? L'entraîneur des gardiens du Stade nyonnais pense que oui, tandis que l'expert du poste Thierry Barnerat en doute. Voici leurs arguments.
«Melvin est prêt»
Quand on lui demande si l'Algérie doit mettre Melvin Mastil dans ses buts vendredi, Thierry Baur répond sans hésiter: «Absolument!» Puis il développe:
Thierry Baur rappelle que son protégé «sort d’une saison pleine, marquée par des performances au-dessus de la moyenne. C’est un gardien très fort sur sa ligne, qui impose aussi une vraie présence grâce à son envergure (1,94 m). Sa sélection pour le Mondial lui a permis de franchir un nouveau cap, et il est prêt à entrer dans l’arène.»
Thierry Baur conclut en soulignant le point fort de Melvin Mastil: la confiance qu'il dégage. «Or, pour un gardien, surtout dans un tournoi de cette envergure, c’est primordial. Tous les ingrédients sont réunis: c’est le moment, son heure est venue.»
«Il n'a pas le niveau»
Expert du poste et entraîneur de Thibaut Courtois, Thierry Barnerat se montre, pour sa part, plus prudent à l’idée de voir le gardien du Stade nyonnais disputer un 16e de finale de Coupe du monde pour ce qui ne serait que sa troisième sélection avec les Fennecs.
«Si Mastil a été appelé en équipe nationale, c’est aussi parce que le niveau au poste de gardien n’est pas particulièrement relevé», estime Thierry Barnerat, avant de développer son propos:
L'expert genevois insiste: «Quand un joueur de Super League découvre la Ligue des champions, il constate toujours que tout va plus vite en face: la vitesse du geste, mais aussi celle du collectif. Pour un gardien, c’est déterminant. En Suisse, un joueur dispose parfois de huit dixièmes de seconde pour contrôler et frapper. Face à un joueur de très haut niveau, ce délai tombe à trois ou quatre dixièmes. Autrement dit, tout va presque deux fois plus vite.»
Thierry Barnerat sait que Vozinha, le gardien du Cap-Vert, évolue en 3e division portugaise (GD Chaves) et que cela ne l'a pas empêché d'éblouir la planète par ses performances. Mais il estime que la comparaison avec Melvin Mastil n'a pas lieu d'être:
