Une mauvaise habitude revient hanter la Nati
Pendant longtemps, la Nati a semblé se diriger sereinement vers la victoire contre le Canada et la première place du groupe B, mercredi. Ruben Vargas et Johan Manzambi ont donné l’avantage aux Suisses en début de deuxième période et, dans la foulée, ces derniers ont géré leur avance avec maîtrise.
Mais après la pause fraîcheur, la rencontre a basculé. Promise David a réduit l’écart pour le Canada (1-2) et, portées par un public à nouveau euphorique, les footballeurs à la feuille d'érable ont sérieusement fait vaciller la Nati.
A plusieurs reprises, le gardien Gregor Kobel a dû sauver les siens et a ainsi empêché la Suisse de concéder l’égalisation. Au final, Granit Xhaka et ses coéquipiers ont réussi à préserver leur victoire dans ce match et leur première place du groupe jusqu’au bout. Mais de vieux démons de l'équipe nationale pointent le bout de leur nez dans ce tournoi.
Retour en 2023, lors des qualifications pour l’Euro 2024. La Nati avait lancé sa campagne avec des victoires convaincantes contre la Biélorussie (5-0) et Israël (3-0). Mais un coup d’arrêt avait ensuite suivi. En déplacement à Andorre, elle n’avait décroché qu’un succès 2-1, avant de traverser une période inquiétante marquée par de nombreux matchs nuls et, finalement, une défaite contre la Roumanie. La Nati avait terminé seulement deuxième de son groupe et s’était retrouvée dans le chapeau 4 lors du tirage au sort.
Un élément avait particulièrement marqué cette période: l’équipe de Murat Yakin avait laissé filer un avantage au score dans les dernières minutes à quatre reprises en dix matchs. Un peu plus de deux ans plus tard, dans ce Mondial, elle a gâché une avance de 1-0 contre le Qatar dans le temps additionnel. Et voilà désormais cette fin de match peu convaincante contre le Canada. Les démons de l’époque sont-ils de retour?
Gregor Kobel balaie cette idée. Ce sont simplement des phases normales d’un match, estime le gardien suisse. Il explique: «Le Canada n’avait plus rien à perdre. C’est normal qu’ils donnent ensuite tout devant leur public.» L’entraîneur Murat Yakin voit en revanche encore une marge de progression:
Il a également formulé une légère critique envers ses remplaçants.
Le but canadien est intervenu peu après les entrées en jeu de Silvan Widmer (à la place de Luca Jaquez) et de Michel Aebischer (à la place de Djibril Sow). Aucun des deux n’est toutefois directement impliqué sur cette réussite. Malgré tout, la défense n’a, par la suite, plus semblé aussi stable qu’auparavant. La situation s’est encore davantage accentuée lorsque Christian Fassnacht (à la place de Johan Manzambi) et Cedric Itten (à la place de Breel Embolo) sont entrés en jeu.
Contrairement à leurs prédécesseurs, les deux hommes ne sont quasiment plus parvenus à conserver les ballons en attaque. Dans cette phase, les qualités de leader du capitaine Granit Xhaka auraient également été précieuses, mais lui aussi a commis quelques pertes de balle.
Le pari de Murat Yakin avec Manzambi et Vargas (ainsi que, de manière un peu plus surprenante, Djibril Sow) dans le onze de départ s’est révélé totalement payant jusqu’au 2-0. Mais il était aussi évident que le banc n’était ensuite pas en mesure d’apporter la même qualité.
L’entraîneur et son staff disposent au moins désormais de quelques jours pour élaborer leur tactique en vue du seizième de finale du 3 juillet, face à un adversaire encore inconnu.
Adaptation en français: Yoann Graber
