La Suisse a un compte à régler avec la Norvège
L’équipe de Suisse de hockey sur glace s’apprête à défier un adversaire inattendu en demi-finale de «son» Mondial: la Norvège, qui s’est hissée pour la première fois de son histoire dans le dernier carré et qui retrouve des couleurs après ses belles heures au tournant des années 2010 (trois quarts de finale entre 2008 et 2012).
Peut-être faudra-t-il s’habituer à voir cette équipe de Norvège jouer les premiers rôles ces prochaines années, pour la simple et bonne raison qu’elle compte dans ses rangs des talents très jeunes, à l’instar du défenseur Stian Solberg et de l’attaquant Michael Brandsegg-Nygård. A 20 ans, ils se forment tous deux en AHL après avoir été repêchés au premier tour de la draft de la NHL, respectivement par les Ducks d’Anaheim et les Red Wings de Detroit.
Brandsegg-Nygård a déjà inscrit trois buts et délivré deux assists dans ce Mondial, ce qui en fait le troisième meilleur compteur de sa sélection. Les seuls joueurs qui le devancent sont eux aussi très jeunes et ont inscrit les deux buts norvégiens lors du quart de finale contre la Lettonie.
On parle de Noah Steen, 21 ans, autre pensionnaire de AHL lié au Lightning de Tampa Bay et auteur de six buts dans la compétition, ainsi que du jeune Tinus Luc Koblar, 18 ans, sélectionné par les Maple Leafs de Toronto tout en continuant de faire ses gammes en ligue suédoise.
Koblar, né de parents slovènes installés en Norvège – l’ancienne biathlète Andreja Koblar et l’ex-skieur alpin Jernej Koblar –, compte lui aussi un total de six buts, auxquels s’ajoutent trois assists. Il figure, avec son coéquipier et le Canadien Macklin Celebrini, à la deuxième place du classement des buteurs, devant un certain Rudolfs Balcers. Il affiche par ailleurs le meilleur ratio buts/tirs du tournoi (50%).
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Tinus Luc Koblar n’est pas le joueur le plus jeune de cette équipe norvégienne: il s’agit de l'attaquant Mikkel Eriksen, de deux mois son cadet, qui a été enrôlé l’an passé par les Rangers de New York lors de la draft. S’il ne compte jusqu’à présent aucun point dans ce Mondial, son temps de glace frôle tout de même les dix minutes par match.
Eriksen comme Koblar ont participé cette saison au Mondial U20 et ont contribué à ramener la Norvège dans l’élite. L’an passé, ils évoluaient encore avec l’équipe U18, qui avait battu la Suisse lors d’un match importantissime: celui de la relégation. A cette occasion, Mikkel Eriksen avait enregistré un but et deux assists, tandis que Tinus Luc Koblar avait délivré une passe décisive. Leur sélection s'était imposée 5-4 aux tirs au but et avait envoyé les jeunes hockeyeurs suisses en Division IA, une première relégation depuis 2005.
La Suisse et la Norvège ne boxant pas dans la même catégorie, on ne pense pas a priori à un échec cuisant des Helvètes contre les Scandinaves, même si la Nati avait perdu coup sur coup contre eux en 2010 et 2011, ainsi qu’une nouvelle fois en 2016, à chaque fois en phase de groupes du Mondial. Il y en a pourtant eu un récemment chez les jeunes, qui fait naître un petit esprit de revanche.
Cette faillite en U18 peut bien sûr paraître déconnectée de la réalité de la demi-finale mondiale, ce samedi. Mais certains des Norvégiens qui ont infligé un coup dur à la Suisse l’an passé sont aujourd’hui tout en haut de l’affiche au Championnat du monde 2026. Avec d’autres, un brin plus expérimentés, ils apparaissent décomplexés et libérés de la pression du résultat, tandis que la Nati doit composer avec les attentes d’un tournoi à domicile. Ces jeunes insufflent aussi un nouvel élan à l’ensemble de leur sélection, portés par la conviction de pouvoir rivaliser avec les meilleures équipes après avoir poussé le Canada en prolongation.
Plus que jamais, le Suisse-Norvège disputé l’an passé en U18 invite à ne pas sous-estimer les hommes de Petter Thoresen.
