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epa03418260 A spectator wears a mask depicting Serbia's Novak Djokovic as he applauds during the first round match between Djokovic and Michael Berrer of Germany at the China Open in Beijing, China, 02 October 2012. EPA/DIEGO AZUBEL

Image: EPA

A l'US Open, pros et antivax tombent le masque

La polémique a rebondi mercredi dans le monde du tennis où, comme dans la société civile, de profondes divergences subsistent. Extraits.



Victoria Azarenka, finaliste malheureuse l'an dernier, a jugé pour le moins bizarre que la vaccination soit imposée aux spectateurs mais pas aux joueurs:

«A mon avis, il est inévitable que ce soit rendu obligatoire à un moment donné, comme le font d'autres ligues sportives»

Victoria Azarenka

«Je veux relancer la discussion. Je ne vois pas l'intérêt de retarder cette décision, vraiment. Après tout, nous voulons tous être en sécurité, nous voulons tous continuer à faire notre travail», a insisté la Biélorusse après sa qualification au troisième tour.

Comme dans la vraie vie

Tout feutré soit-il, le microcosme du tennis n'échappe pas à ce sujet qui divise la société. Il en est même un intéressant reflet à l'échelle mondiale, puisque le circuit WTA a récemment affirmé que près de la moitié de ses joueuses sont vaccinées, le circuit masculin ATP ayant établi pour sa part qu'un peu plus de la moitié de ses joueurs le sont.

Les deux instances, qui à défaut de les obliger, s'efforcent d'encourager leurs administrés à se faire vacciner, espèrent atteindre un taux «supérieur à 85 % d'ici la fin de l'année». Mais ce n'est pas gagné.

Désaccords profonds

Victoria Azarenka (WTA 19), deux fois lauréate de l'Open d'Australie et trois fois finaliste à Flushing Meadows, a dit «respecter l'opinion de chacun, tant que cette opinion ne repose pas sur une théorie du complot. Or, j'ai l'impression que beaucoup soient mal informés», a osé la Biélorusse.

Victoria Azarenka, of Belarus, celebrates her win over Jasmine Paolini, of Italy, during the second round of the US Open tennis championships, Wednesday, Sept. 1, 2021, in New York. (AP Photo/Seth Wenig)

Victoria Azarenka n'a pas peur de s'exprimer. Image: AP

Daniil Medvedev, qui avait exprimé ses doutes sur le vaccin il y a quelques mois, a semblé bien emprunté au moment d'aborder le sujet mercredi:

«A chacun son opinion. Je comprends qu'ils aient rendu la vaccination obligatoire pour les spectateurs. Mais pour ce qui est des joueurs, ce n'est pas à nous de décider, c'est aux instances»

Daniil Medvedev

Pour Andy Murray, membre du conseil des joueurs, ses confrères «ont la responsabilité» de se faire vacciner. «Responsabilité» que ne veut pas prendre Stefanos Tsitsipas:

«Je ne vois aucune raison pour quelqu'un de mon âge de le faire, le vaccin n'a pas été suffisamment testé, il y a des effets secondaires»

Stefanos Tsitsipas au New York Times

Stefanos Tsitsipas, of Greece, talks to the crowd after defeating Adrian Mannarino, of France, during the second round of the US Open tennis championships, Wednesday, Sept. 1, 2021, in New York. (AP Photo/Frank Franklin II)

Stefanos Tsitsipas n'a pas peur de donner son avis, lui non plus. Image: AP

Gilles Simon, cas contact et donc contraint au forfait avant le tournoi, a confié à L'Equipe que c'était «par choix au début». «Je ne voulais pas. Je n'ai pas très peur du Covid. Ma philosophie, c'est: «Si tu en as peur, tu te vaccines, sinon pas», a-t-il expliqué, concédant néanmoins faire partie «de ceux qui finiront par le faire».

Les anciens s'y mettent aussi

Si Gilles Simon avait été vacciné, il aurait pu jouer en étant testé plus régulièrement, selon le protocole en vigueur. Cette disparité de traitement entre vaccinés et non vaccinés a été évoquée par Andy Murray pour qui «cela va devenir un problème dans les mois à venir», anticipant «des discussions longues et difficiles entre l'ATP et les joueurs pour essayer de trouver une solution».

Si Djokovic était positif

En juin, alors qu'il menait de six coups à la veille du dernier tour d'un tournoi du circuit PGA, le golfeur espagnol Jon Rahm, no 1 mondial, a été contraint de se retirer après un test PCR positif.

Si Novak Djokovic, en quête à l'US Open d'un Grand Chelem calendaire, était victime du même sort, il devrait renoncer à son rêve avec pertes et fracas. Interrogé juste avant le tournoi, le no 1 mondial a estimé que la décision de se faire vacciner «était personnelle» et n'a pas souhaité exposer sa situation vaccinale.

epa08506276 A man wearing a protective face mask walks past a huge billboard depicting Serbian tennis player Novak Djokovic in Belgrade, Serbia, 24 June 2020. Djokovic released a statement on 23 June 2020 stating he tested positive for the SARS-CoV-2 coronavirus. EPA/ANDREJ CUKIC

La position en vue de Novak Djokovic l'expose à de fortes critiques. Image: EPA

L'an passé, lui et d'autres joueurs comme Alexander Zverev et Andrey Rublev avaient été testés positifs durant l'Adria Tour, une exhibition que Djokovic avait organisée sans respecter les mesures de sécurité, avec bains de foule et fêtes. Une grande partie de la communauté internationale s'était indignée.

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Il distribuait des beignes mais au fond, il n'était pas si méchant

Ivo Karlovic a disputé à l'US Open le dernier match d'une carrière singulière où il a pris tous ses adversaires de haut (2,11 m), les a mitraillé (près de 14 000 aces) sans jamais penser à mal.

Il n'a servi que 19 aces contre Andrey Rublev et c'est un peu comme si on avait ôté son pistolet laser au capitaine Flam (à redécouvrir en musique ici).

Cette nuit-là, à New York, Ivo Karlovic ressemblait un peu à cela, un caillera d'opérette, le bras désarmé d'une force occulte (175 km/h de moyenne au service). Cette nuit-là, l'as des aces a perdu la main, plus rien dans son jeu, sa gueule de cinéma déconfite et ses funestes répliques: «Sans doute que ma carrière est terminée», …

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