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A Genève, la fierté Johan Manzambi: J'ai un ami, c'est son cousin

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Dans son quartier, la fierté Manzambi: «J'ai un ami, c'est son cousin»

Le prodige de la Nati, Johan Manzambi, est en train de devenir une idole chez les plus jeunes. On est allé prendre la température dans son quartier de la Servette, à Genève, à la veille de Suisse-Colombie.
07.07.2026, 06:5507.07.2026, 08:13

Avoir une petite sœur dont l’amie connaît l’oncle de Johan Manzambi, c’est déjà un titre de gloire. Décerné à Jean-Calvin, l’un des cinq ados prenant l'ombre ce lundi matin sur un banc, au bord de la cour en bitume de l’école Geisendorf, là où le prodige de la Nati a grandi ballon aux pieds.

Roy a une petite sœur aussi et elle a eu le privilège de poser pour une photo avec la star, lors d’un reportage ici même, dans le parc Geisendorf. Neyl, lui, a commencé à connaître le génie des surfaces lorsqu'il a marqué son premier but sous les couleurs nationales, en 2025, en amical, face aux Etats-Unis. Youcef bat tous ses copains: il a un ami qui est le cousin du cador de l’attaque suisse.

Ayoub, le cinquième, fait rire les quatre autres:

«C’est seulement depuis cette année que je le connais, je ne suis pas un footeux»

A la veille du quart de finale contre la Colombie à Vancouver et d’un nouvel épisode caniculaire en Suisse, le quartier de la Servette, port d’attache familial du numéro 9 des Rouges à croix blanche, ploie sous le soleil. La bande de potes est en vacances depuis une semaine, dans l'ignorance que leur idole est incertaine pour le match de mardi en raison d'une possible blessure contractée à l'entraînement. Agés de 12, 13 et 14 ans, ils sont passés par l’école primaire Geisendorf. Maintenant qu’ils sont grands, ils vont au cycle, au collège, «à Montbrilland», à trois stations de tram de là, près de la gare Cornavin.

Lors du 16e Suisse-Algérie, une partie de ces garçons était pour les Fennecs. Ils ont des reproches à adresser au sélectionneur Petkovic, l’ex-de la Nati. L'un d'eux en rigole:

«Il sait entraîner, mais pas avec nous. A la fin du match, il a célébré avec les Suisses, wallah!»

Mais tous sont «très fiers» de Johan Manzambi, six, sept ou huit ans seulement de plus qu’eux. Roy en particulier:

«Il est de Genève. Il fait partie des grands talents qui marquent des buts à la Coupe du monde»

A quand le slogan «Genève influence la Suisse, la Suisse influence le monde», calqué sur «la banlieue influence Paname, Paname influence le monde», propre à la France des talents du foot? L'ex-servettien devenu le chouchou de la Nati ne manque pas une occasion de déclarer sa flamme à sa ville de naissance, lui dont les parents sont originaires d'Angola et de la République démocratique du Congo. Ayant marqué deux fois contre la Bosnie au SoFi Stadium de Los Angeles, il a approché son visage radieux d’une caméra pour dessiner un grand «Genève» de ses lèvres. Nouvelle dédicace après la victoire de la Suisse et son troisième but personnel face au Canada:

«Un petit mot particulier pour les Genevois, on va essayer de mettre Genève le plus haut, dans tout le monde»
Johan Manzambi

Johan Manzambi veut faire connaître Genève

Vidéo: watson

A vrai dire, Johan Manzambi n’est pas connu de tous à Genève, pas même à la Servette. Son éclosion est si récente. Ces deux dames se rendant au marché bi-hebdomadaire du parc Geisendorf n’ont jamais entendu parler de lui. «C’est une fille?, demande l'une. Parce qu’il y a des filles qui jouent au foot.»

Un grand ado torse nu lançant des ballons de basket stoppe son élan et demande:

«C’est le renoi avec des knots? Je trouve qu’il joue bien, je suis du quartier aussi»

Pas vraiment des knots, les cheveux de Johan Manzambi, plutôt des tresses.

Occupé à tâter lui aussi du ballon de basket, Abi, 30 ans, a admiré les deux buts inscrits par le crac contre la Bosnie. «Ça fait plaisir de voir qu’on a des jeunes talents et qu’on arrive à les mettre en avant.»

Abi.
Abi. image: watson

Jules, 31 ans, qui passe par-là, a «découvert Johan Manzambi lors de Suisse-Canada, dans une fanzone à Echallens», en pleine campagne vaudoise.

«J’effectuais mon service civil chez un paysan. Il est doué Manzambi, athlétique, rapide»
Jules

Vêtu du maillot du Real Madrid, Alban, 33 ans, prend une pause cigarette. Maître d’auto-école, sa voiture de travail est garée à quelques mètres de lui, au pied de la Migros de quartier. Il salue la performance de jeune Johan et plus globalement «des trois Romands, Manzambi, Ndoye et Zakaria, l’équipe de Suisse leur doit beaucoup».

Alban.
Alban.image: watson

Il imagine la suite, pour Johan: «Signer au Real ne serait pas un cadeau, il aurait du mal à faire sa place. Je le vois plus dans le championnat anglais.» Et d’articuler un montant de «60 millions de francs, au moins ça» pour son futur transfert, étant entendu que «Freiburg ne pourra pas le garder».

«On doit beaucoup à la Suisse»

Aux façades du quartier populaire de la Servette, des drapeaux portugais, espagnols, bosniens, brésiliens, parfois accompagnés des couleurs suisses. «On doit beaucoup à la Suisse», dit Renato, un Italien marié à une Portugaise. Lundi soir, il allait soutenir le Portugal en huitièmes de finale face à l’Espagne, «pour faire plaisir à ma femme». Il a entendu parler de Johan Manzambi, «mais le foot, au bout d’un moment, c’est pour les jeunes générations», dit-il en chemisette et bermuda.

Les drapeaux suisse et portugais, quartier de la Servette, Genève.
Les drapeaux suisse et portugais, quartier de la Servette, Genève.image: watson

Depuis vingt ans à la retraite, Renato a travaillé comme mécanicien de précision pendant plus de quarante ans dans des entreprises genevoises. «Allez la Suisse!», lance-t-il, faute d’Italie dans les quarante-huit équipes qualifiées pour le Mondial. Il connaît par cœur la composition de la squadra azzura championne du monde en 1982.

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