Harry est de retour devant la justice
Selon le calendrier d'audience, Harry compte témoigner toute la journée de jeudi dans cette nouvelle étape qui l'oppose à Associated Newspapers Limited (ANL), éditeur du Daily Mail et du Mail on Sunday. Selon son entourage, il s'agit du tout dernier procès intenté par le prince de 41 ans contre des éditeurs de tabloïds et leurs pratiques illicites.
Plusieurs procès
En effet, Harry, qui entretient des relations houleuses avec la presse britannique, a mené de front plusieurs batailles judiciaires ces dernières années.
Il y a un an, le prince a trouvé un accord financier avec NGN (News Group Newspapers), qui fait partie de l'empire médiatique du milliardaire Rupert Murdoch. Cela a fermé la porte au procès, qui était sur le point de démarrer. Le montant de l'accord, non dévoilé, a été qualifié de «substantiel».
Une victoire éclatante pour Harry: le groupe lui a présenté ses «excuses sans réserve» pour «le piratage téléphonique, la surveillance et le mauvais usage d'informations privées de la part de journalistes et de détectives privés» agissant pour News of the World.
Un an plus tôt, en décembre 2023, le duc de Sussex devenait le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d'un procès en plus de cent ans et remportait une autre victoire majeure, avec la condamnation de MGN, l'éditeur du tabloïd Daily Mirror.
Le procès s'est soldé par le versement de 140 600 livres sterling (162 200 euros) de dommages et intérêts en sa faveur. Le prince Harry et d'autres personnalités accusaient MGN d'avoir eu recours à des procédés illicites pour recueillir des informations, entre 1995 et 2001.
Le prince a poursuivi ANL dans une autre affaire: il a accusé l'éditeur du Daily Mail de diffamation après un article sur une autre bataille judiciaire qu'il menait contre le gouvernement britannique concernant sa protection policière.
Selon la défense de Harry, l'article de février 2022 accusait à tort le duc de Sussex d'avoir «menti» et d'avoir «essayé de garder secret» son recours contre le gouvernement pour essayer d'obtenir une protection policière dans le pays.
Harry et son épouse Meghan n'ont plus droit de façon systématique à une protection policière aux frais du contribuable britannique. Une première manche que le duc a cette fois perdue: la justice lui avait ordonné de verser 48 000 livres sterlingnd'ici au 29 décembre 2023 à ANL. Le tabloïd a annoncé en janvier 2024 que le prince Harry avait retiré sa plainte.
D'autres stars impliquées
Dans l'affaire qui sera jugée sept semaine, Harry ne sera pas tout seul: quelque sept personnalités attaquent Associated Newspapers Limited, parmi lesquelles le chanteur Elton John et son époux David Furnish, ainsi que les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost.
Tous et toutes accusent ANL d'avoir eu recours à des détectives privés pour installer des dispositifs d'écoute dans leurs voitures et domiciles, d'avoir piraté leurs conversations téléphoniques, d'avoir payé des policiers pour avoir accès à des informations confidentielles, principalement entre 1993 et 2011. Le groupe ANL «nie vigoureusement» ces accusations, qu'il a qualifiées dans le passé d'«absurdes». Le procès est prévu pour durer neuf semaines.
Pas de rencontre avec Charles prévu
Contrairement à son précédent passage par le Royaume-Uni, en septembre dernier, Harry ne ne devrait pas voir son père lors de son passage à Londres. Charles III se trouvera pour sa part du côté de l'Ecosse. Selon l'agence de presse PA, ils sont désormais en contact régulier.
Et il y a un espoir pour père et fils se rencontrent plus souvent: après que le prince ait perdu en mai le recours pour obtenir une protection policière similaire à celle qu'il avait lorsqu'il était un membre actif de la famille royale, le ministère de l'Intérieur a ordonné une évaluation complète des risques pour Harry.
Une protection policière financée par les contribuables britanniques pourrait à terme être rétablie systématiquement lors de ses visites, permettant au prince exilé, à sa femme et leurs enfants de renouer plus fréquemment avec le pays natal du duc.
(mbr avec afp)
