Il vise un record inhabituel sur l'Everest
Des centaines d’alpinistes espèrent gravir l’Everest cette saison, mais l’Australien Oliver Foran, 27 ans, vise un tout autre exploit: relier le niveau de la mer au toit du monde en moins de 67 jours, le record actuel.
Lors d’une pause dans sa longue marche vers le camp de base du plus haut sommet de la planète (8 849 mètres), Foran a expliqué à l'AFP:
Cet ancien agent immobilier vise à battre le record actuel de 67 jours en parcourant à vélo les 1 150 kilomètres reliant le golfe du Bengale, en Inde, aux contreforts de l'Himalaya avant de se lancer à l’assaut de l'Everest.
Une bonne cause et un docu inspirant
Pour cet alpiniste qui a perdu sa mère à l’adolescence des suites d’un cancer du cerveau, ce défi sportif vise aussi à récolter des fonds en faveur de la santé mentale des jeunes.
Il n'en est pas à sa première ascension dans l'Himalaya. En 2024, il a gravi l’Island Peak (6 189 mètres) et l’Ama Dablam (6 812 mètres) l'an dernier.
Pendant six mois, il s’est entraîné sans relâche, enchaînant vélo, exercices physiques et travail respiratoire, afin de développer l’endurance nécessaire pour affronter l’altitude.
L’ascension «de la mer au sommet» a été réalisée pour la première fois en 1990, par un autre Australien, Tim Macartney-Snape, qui avait marché pendant trois mois entre le Golfe du Bengale, à l'embouchure du Gange, jusqu’au sommet de l’Everest.
C’est en regardant un documentaire sur cet exploit qu'Oliver Foran a eu l'idée de se lancer à son tour dans cette folle aventure.
Le record est détenu par l’alpiniste sud‑coréen Kim Chang‑ho, qui a d’abord longé le Gange à pied puis a continué en kayak, avant de rejoindre le Népal à vélo et d’atteindre le toit du monde en 67 jours en 2013.
Un traumatisme et une promesse
«C'est un défi difficile et unique», a souligné Gelje Sherpa, son guide principal et organisateur de l’expédition chez AGA Adventures.
Au cours des 16 premiers jours, l'Australien a traversé l’Inde et le Népal à vélo, sous une chaleur accablante avant d'attaquer des pentes raides et interminables.
En route vers le camp de base de l’Everest, il dit puiser sa force dans «quelque chose de plus grand» que lui‑même: le souvenir de l’immense chagrin ressenti à la mort de sa mère.
Sept ans plus tard, l'Australien avait décidé d'en finir mais l'appel d'un ami lui a sauvé la vie. Il confie:
Cette promesse est au cœur de son défi actuel pour lequel il s'est associé avec Youturn, une organisation caritative.
Il espère récolter 200 000 dollars (160 000 francs suisses) pour construire des centres de soutien en santé mentale pour les jeunes. Oliver Foran compte partager, tout au long de son périple, les moments forts comme les épreuves sur les réseaux sociaux, pour susciter une prise de conscience.
«Ce qui me motive avant tout, c’est d’inspirer des jeunes qui se sentent peut‑être coincés à un moment dans leur vie», s'enthousiasme-t-il.
(afp/yog)
