Comme Trump, ces chefs d'Etat ont tenté d'influencer un Mondial
Donald Trump a appelé par téléphone le patron de la Fifa, Gianni Infantino, pour que la commission de discipline de l'instance réexamine le carton rouge infligé en 16e de finale du Mondial, face à la Bosnie, à l'attaquant des Etats-Unis Falorin Balogun.
Quatre jours plus tard, la Fifa a annoncé que sa commission de discipline a modifié la sanction. Le match de suspension ferme a été commué en «un match de suspension avec sursis, assorti d'une période probatoire d'un an». Conséquence: le meilleur buteur de la Team USA dans cette Coupe du monde pourra être aligné mardi (2h du matin, heure suisse) face à la Belgique en 8e de finale.
Le coup de fil de Trump à Infantino n'est pas le premier cas d'ingérence politique observé en Coupe du monde. Voici quatre autres affaires marquantes.
1934: les pressions de Mussolini
L'Italie fasciste organise la deuxième Coupe du monde de l'histoire et «Il Duce», qui n'aime pas le football contrairement à son peuple, y voit une occasion rêvée de glorifier son régime politique.
Présent à chaque match, Mussolini se rend dans les vestiaires et l'arbitrage s'avère bien avantageux pour le pays-hôte finalement sacré, au point que la Fifa décidera ensuite de suspendre à vie deux arbitres.
1938: les pressions de Mussolini (bis)
Un an avant la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), l'Autriche tout juste annexée par l'Allemagne nazie déclare forfait et plusieurs de ses joueurs sont contraints de jouer pour la Mannschaft, avec de surcroit l'obligation d'exécuter le salut nazi au Parc des Princes. L'Allemagne ne dépassera cependant pas les 8es de finale.
L'Italie, elle, conserve son titre, ses joueurs portant des maillots noirs qui rappellent la tenue des miliciens transalpins. Avant la finale, Mussolini leur envoie un court mais glaçant message:
1978: soupçons de corruption en Argentine
Organisé sous la dictature du général Jorge Rafael Videla, le «Mundial» visant à redorer l'image du régime voit l'Argentine décrocher son premier titre, entaché de fortes suspicions de corruption.
Pour parvenir en finale, l'Albiceleste devait battre le Pérou par au moins quatre buts d'écart afin de dépasser le Brésil. Les Péruviens, pourtant apparus solides défensivement en début de tournoi, s'effondrent et s'inclinent 6-0. Au fil des ans, sans que la preuve ne soit apportée, plusieurs témoignages dénonceront un acte de corruption entre les deux dictatures.
1982: France-Koweït et l'irruption du cheikh
A Valladolid, les Bleus viennent d'inscrire le but du 4-1 par Alain Giresse, contesté par les Koweïtiens ayant entendu un coup de sifflet qu'ils ont cru signifier un hors jeu. Alors que l'arbitre a bien validé le but, le cheikh Fahad al-Ahmed al-Jaber al-Sabah, frère cadet de l'émir, et par ailleurs président de la Fédération koweïtienne, descendu des tribunes, entre sur la pelouse à la stupéfaction générale.
Dans la confusion la plus totale, le but est invalidé par l'arbitre, qui en paiera le prix d'une radiation à vie par la Fifa.
(ats/yog)
