Raymond Domenech a fait de la prison aux Etats-Unis
Chaque Coupe du monde est l'opportunité de se replonger dans les épisodes marquants des éditions précédentes. À cette occasion, L'Équipe publie régulièrement des articles «vintage», revenant sur des événements survenus il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies. L'un d'eux, mis en ligne le 23 juin, a suscité de nombreuses réactions. Il revient sur un personnage controversé du football français, Raymond Domenech, et sur une édition mythique du Mondial: celle de 1994, organisée aux États-Unis.
Cette année-là, la France n’est pas qualifiée pour le tournoi, mais plusieurs figures du football hexagonal sont présentes sur le sol américain. Parmi elles, Raymond Domenech, alors consultant pour France TV, venu également observer les matches et mener une étude en vue de conférences destinées aux cadres techniques.
Tout se déroule sans accroc jusqu’au 23 juin, jour du match entre la Corée du Sud et la Bolivie.Peu avant le coup d’envoi, le Français de 42 ans à l’époque se place devant l’entrée principale du Foxborough Stadium pour revendre trois billets achetés par la Fédération française, finalement inutilisés en raison de l’absence des Bleus. La méthode interroge. Selon Gérard Enault, alors directeur général de la FFF, la revente est une pratique courante, «soit au prix d’achat, soit à moitié prix, afin de combler au mieux le manque à gagner», explique le dirigeant, cité par L’Équipe. La Fédération précisera toutefois par la suite:
C’est pourtant ce que fait Domenech ce jour-là. Il lève la main devant l’entrée et crie «places!», espérant ainsi attirer des acheteurs. C’est finalement la police qui intervient et embarque le futur sélectionneur des Bleus. Dans l’État du Massachusetts, la revente de billets par un particulier est alors interdite.
Selon L’Équipe, le Français est placé seul dans une cellule près du stade et fouillé intégralement. «Sur le coup, je n’ai pas rigolé, mais cela me fera des souvenirs. Ce n’est quand même pas tous les jours que l’on visite une prison de l’État du Massachusetts», confiera-t-il ensuite au quotidien français.
Libéré après le match, Domenech doit encore se présenter le lendemain devant un tribunal. Il plaide coupable et ressort libre contre une caution de 150 dollars. Il regrettera surtout le silence de la Fédé et de son DTN. «Ils m’ont laissé seul», dira-t-il plus tard.
