Voici le nouvel ennemi public numéro 1 en Italie
Mais que s’est-il passé dans la tête d’Alessandro Bastoni? Cette question, beaucoup se la posent en Italie au lendemain de la défaite de la Nazionale contre la Bosnie, un résultat synonyme d’une troisième non-qualification consécutive pour la Coupe du monde.
Sur un dégagement trop timide de Gianluigi Donnarumma, une tête bosnienne a lancé Amar Memić dans la profondeur, ce qui a pris de court la défense italienne et contraint Bastoni à faucher le latéral des Dragons.
La faute en vidéo ⬇️
L’arbitre Clément Turpin n’a pas hésité une seule seconde et a brandi le rouge, puisque le défenseur de l’Inter annihilait une action de but. Conscient de son geste, Bastoni connaissait déjà la sanction avant même que le carton ne lui soit attribué. Il n’a d’ailleurs pas réagi, contrairement à plusieurs de ses coéquipiers, qui ont immédiatement entouré l’homme en noir, ou à Donnarumma, pris d’un excès de colère.
Expulsion dès la 41e minute de jeu alors que la Squadra Azzurra menait 1-0, intervention sur un joueur qui n'était pas complètement plein axe et avait encore tout à faire pour tromper la vigilance de Gianluigi Donnarumma: Alessandro Bastoni a sans doute plombé le match de l’Italie et apparaît, au lendemain de la rencontre, comme le coupable tout désigné de l’élimination des hommes de Gennaro Gattuso, surtout dans la presse transalpine.
«Tout allait bien, sauf ce tacle. Pourquoi? Alors que l’Italie menait au score, la dernière chose à faire était de laisser l’équipe en infériorité numérique à cause d’une faute digne d’un carton rouge à la limite de la surface», écrit ainsi Tuttosport, sans mâcher ses mots pour ce cadre de la Nazionale à seulement 26 ans.
Parfois annoncé comme le futur capitaine de la sélection, Bastoni, dont la valeur est estimée à 80 millions d’euros, soit la plus élevée pour un joueur italien, est également épinglé par la Gazzetta dello Sport, qui pointe ses faiblesses mentales. «C’est une erreur qui ne fait qu’alimenter le débat sur sa résistance mentale dans les moments de pression maximale.»
A ce sujet, Alessandro Bastoni n'a pas abordé cette finale contre la Bosnie dans les meilleures dispositions, et le football italien y est pour quelque chose.
Lors du match de championnat contre la Juve, en février dernier, le coéquipier de Yann Sommer a grossièrement simulé une faute de Pierre Kalulu. Résultat: l’attaquant français a écopé d'un deuxième carton jaune, synonyme d’exclusion. Et comme si cela ne suffisait pas, Bastoni a célébré avec une rage de vaincre intense la décision qu’il venait de provoquer.
La photo parle d'elle-même
La polémique a rapidement envahi la Botte et le joueur de l’Inter a été contraint de s’excuser publiquement. Cependant, son attitude n’a pas été digérée par les supporters des autres formations de Serie A, qui ne cessent désormais de le siffler à l’extérieur. C'était le cas contre Lecce, Côme et l’AC Milan.
«Ce sont des trucs de supporters qui peuvent créer du stress. Il doit devenir le futur capitaine de l’équipe d’Italie, il est essentiel et nous devons le protéger», avait déclaré l’entraîneur de Côme, Cesc Fàbregas, après avoir constaté avec regret que le défenseur nerazzurri avait été malmené par le public comasque. Son coach, Cristian Chivu, a quant à lui évoqué des «difficultés émotionnelles» à gérer.
Régulièrement courtisé par de grands clubs européens, Alessandro Bastoni faisait l’objet ces derniers jours de nouvelles rumeurs de transfert persistantes, comme si sa situation en Serie A venait précipiter son départ d’Italie.
Avec des supporters lui demandant maintenant de rester en Bosnie plutôt que de rentrer en Italie, les négociations avec le FC Barcelone, Arsenal et Liverpool pourraient bien s’accélérer encore. Problème: après son expulsion dans un match aussi important que celui de mardi soir, il n’est pas sûr que les cadors européens acceptent de débourser les 70 à 80 millions d’euros réclamés par l’Inter pour son défenseur. Des concessions devront être faites.
