L'Espagne a un grand problème avant son 16e de finale
Avec les blessures de Nico Williams et Yéremi Pino et la forme oscillante de Lamine Yamal, l'Espagne s'inquiète pour ses ailes au moment de retrouver les matchs couperets de la Coupe du monde, une phase où elle n'a pas remporté le moindre duel depuis son titre mondial en 2010.
«Nous commençons à être justes», alors «si nous devons jouer sans ailiers, nous jouerons sans ailiers, il faudra proposer d'autres options sur le plan du jeu», a reconnu le sélectionneur Luis De La Fuente vendredi à Guadalajara (Mexique) après le pénible succès (1-0) face à l'Uruguay.
Ses mots illustrent le problème majeur auquel est confrontée la Roja, qui a terminé en tête de son groupe sans vraiment impressionner jusque-là mais en étant solide défensivement avec 0 but encaissé.
Au-delà du niveau de jeu des champions d'Europe en titre, les inquiétudes portent sur la forme physique de leurs ailiers, et en particulier des deux flèches Lamine Yamal et Nico Williams qui étaient attendues pour porter l'attaque comme lors de l'Euro il y a deux ans.
Mais après les trois premiers matchs de ce Mondial, rien n'y ressemble. Le prodige Lamine Yamal revient progressivement d'une blessure à la cuisse gauche qui l'a éloigné des terrains depuis le 22 avril.
Après avoir joué une vingtaine de minutes face au Cap-Vert (0-0), le Barcelonais a été aligné 45 minutes contre l'Arabie saoudite (4-0) et a fait un bien fou à la Roja. Buteur, il a libéré offensivement ses coéquipiers contre un adversaire très faible défensivement.
Vendredi contre l'Uruguay (1-0) pendant 75 minutes, l'attaquant de bientôt 19 ans a semblé a été moins vif dans les un contre un, se heurtant à une défense plus en place et plus agressive que la précédente. Son match donne l'impression qu'il a encore besoin de monter en puissance pour revenir à 100%, alors que son remplaçant Yéremi Pino s'est blessé vendredi.
«Les examens radiologiques effectués ont écarté toute fracture»: il souffre d'une «entorse acromio-claviculaire», selon un communiqué de la fédération espagnole (RFEF), ne précisant pas quand il pourra rejouer. A droite, Ferran Torres n'est pas dans la meilleure période et a encore manqué une grosse occasion face à l'Uruguay (87e). La Roja a des soucis à se faire aussi de l'autre côté, dans le couloir gauche.
L'autre flèche et ami de Lamine Yamal, Nico Williams, est de nouveau freiné par une blessure musculaire, cette fois à l'adducteur droit, a indiqué samedi la RFEF. L'attaquant de 23 ans, qui a aussi souffert d'une pubalgie cette saison, s'est blessé il y a un mois aux ischios-jambiers et a manqué la fin de la saison avec l'Athletic Bilbao.
Après avoir joué 3 minutes pour l'entrée en lice de l'Espagne, puis 30 minutes dimanche et 14 minutes vendredi, Nico Williams a «ressenti une gêne», selon son sélectionneur, après un tacle de Nicolas de la Cruz. «Aujourd'hui est l'un des pires jours de ma vie», a-t-il regretté sur ses réseaux sociaux, mais «l'histoire n'est pas terminée, à bientôt le plus vite possible dans cette Coupe du monde».
Les blessures de Pino et Williams sont «de gravité modérée et leur évolution déterminera leur disponibilité», a indiqué la RFEF, mais il est déjà admis qu'ils soient absents pour les 16es de finale jeudi à Los Angeles. En plus, l'autre ailier gauche, Victor Munoz, qui vient de signer à Liverpool, est aussi gêné musculairement depuis une dizaine de jours.
Pour combler ces absences, De La Fuente a déjà essayé plusieurs solutions, qui n'ont pas vraiment convaincu jusque-là. C'est Alex Baena, titulaire et seul buteur vendredi, qui a donc eu le plus de temps de jeu à ce poste depuis le début du tournoi mais il s'est montré beaucoup moins percutant que Williams. La solution pourrait donc venir des milieux Gavi et Dani Olmo pour faire face à l'hécatombe de blessures. Et donc possiblement jouer sans ailier.
(afp/yog)
