Ronaldo laisse planer un doute sur son avenir
Cristiano Ronaldo, phénomène générationnel aux cinq Ballons d'or, a quitté la Coupe du monde sur un dernier échec, le regard embué et presque isolé de ses coéquipiers, après une prestation sans éclat lundi dans un Dallas stadium rempli de ses adorateurs.
Le capitaine vétéran du Portugal est entré en héros et en premier dans l'enceinte texane, où son mythique maillot numéro 7 s'affichait partout. «Je ne suis pas supporter du Portugal, je suis supporter de Ronaldo», proclamait même l'affiche d'une fan, projetée sur écran géant.
Il en est reparti le visage défait et triste, en adressant un petit signe de la main à son fidèle public chéri, avant de rejoindre le vestiaire d'un pas très lent dans un couloir du stade, abattu, presque seul.
L'élimination en 8e de finale face à l'Espagne (1-0), son deuxième pays où il a écrit ses plus grands succès, a peut-être sonné le glas d'une carrière internationale exceptionnelle, débutée en 2003 et rempli de 146 buts en 233 sélections, deux records mondiaux chez les messieurs.
Devant les journalistes en zone mixte, pourtant, il a préféré temporiser:
«CR7» a ajouté:
Un impact proche du néant
L'impression de solitude dégagée par l'ancien artiste du dribble, devenu parfois une statue aux jambes lourdes à la pointe de l'attaque, a pourtant ressemblé à une triste fin. Le sélectionneur Roberto Martinez s'est entêté à le titulariser à chaque rencontre et à le maintenir sur le terrain jusqu'au coup de sifflet final, à une exception près, malgré une influence souvent proche du néant, privant d'autres talents d'émerger.
Sa doublure de l'ombre, Gonçalo Ramos, n'a ainsi eu le droit qu'à une trentaine de minutes de jeu en cinq matchs, un énorme gâchis. L'ancien «pistolero» du Paris SG a pourtant prouvé sa valeur en marquant le but vainqueur contre la Croatie (2-1) au tour précédent.
Chris Sutton, ancien international anglais, a commenté au micro de BBC Radio 5 Live:
Ronaldo a certes mis trois buts durant le tournoi, mais son doublé contre le faible Ouzbékistan (5-0) et son penalty contre la Croatie ne masquent pas son rendement devenu insuffisant au sein d'un groupe bourré de talent.
L'homme aux cinq Ballons d'or et aux cinq Ligues des champions n'aura finalement que très rarement brillé en Coupe du monde à titre individuel. Sa performance la plus aboutie restera ce triplé réussi durant le premier tour de l'édition 2018, contre l'Espagne (3-3). Huit ans après, la Roja lui a rappelé son âge et l'a rapproché de la sortie.
(afp/yog)
