La pépite suisse de l’Italie a frôlé la catastrophe
Ce n’est pas parce que le sélectionneur de la Squadra Azzurra, Roberto Mancini, souhaite miser sur la jeunesse et a ciblé Alessandro Romano pour incarner le renouveau de l’Italie que le Zurichois de 20 ans dispose déjà d’une place assurée au sein de sa nouvelle sélection. Bien au contraire.
Romano a beau être courtisé par la Juve et l’Inter, il doit encore faire ses preuves avec les Azzurri, ce qu’il n’a pas su faire lors de son premier match en équipe d’Italie, quelques semaines seulement après avoir tourné le dos à la Suisse.
Titularisé lors de la défaite 2-0 à domicile contre la Belgique, le joueur de Cagliari a subi la pression et l’intensité imposées par les Diables Rouges, montré peu de maîtrise et commis des erreurs débouchant sur des occasions franches, dont le premier but survenu dès la 20e minute.
Cette entame difficile n’a fait que le freiner davantage et Alessandro Romano a semblé renoncer à prendre le jeu italien à son compte. «Il semble perdu», écrivait ainsi de façon acerbe le Corriere della Sera pour qualifier sa prestation.
Le joueur formé à la Roma a fini par quitter ses partenaires dès l’heure de jeu, Mancini n’osant pas le sortir à la mi-temps. Une telle décision aurait constitué un véritable désaveu et aurait été difficile à digérer pour le jeune milieu de terrain.
Le natif de Winterthour a-t-il subi la pression inhérente à une première rencontre internationale chez les A? Mais aussi celle liée à son choix de quitter soudainement le giron helvétique pour la fédération italienne? Il est possible qu’il se soit senti davantage observé que les autres, après avoir fait la Une des journaux en Italie comme en Suisse.
Après ce premier match, Romano a eu des difficultés à trouver le sommeil, comme l'indiquait la Gazzetta dello Sport, à qui des proches du joueur ont confié son amertume face à la manière dont les choses s’étaient déroulées.
Alessandro Romano n’a ensuite joué que 14 minutes contre la Turquie et est resté en Italie pour la grande affiche contre les Bleus, son absence ne signifiant toutefois pas qu’il n’entre déjà plus dans les plans de son sélectionneur. Roberto Mancini avait convoqué 34 footballeurs pour ce premier rassemblement automnal et prévu de ne pas voyager avec l’ensemble de son groupe en France. On peut cependant se dire que l’ancien milieu des équipes de jeunes de l’Association suisse de football (ASF) aurait été de la partie au Stade de France s’il avait immédiatement convaincu son coach.
Lundi, lors du quatrième et dernier match des Azzurri, contre l'adversaire le plus faible de la poule, la Turquie, Mancini a finalement décidé de redonner sa chance à son poulain en le titularisant à nouveau.
Pour Romano, la pression était forcément grande. De nouvelles difficultés sur le terrain auraient très bien pu l’éloigner plusieurs mois de l’équipe nationale, ou du moins le priver du prochain rassemblement, en novembre.
Le Zurichois est loin d’avoir livré un match exceptionnel. Il n’a toujours pas réellement dicté le jeu de son équipe, comme son poste l’exigerait. Mais il a affiché des progrès, s’est montré propre, sérieux et mieux organisé. Les changements en fin de match l’ont aussi amené à jouer plus haut et plus à gauche, une position depuis laquelle il a délivré une passe décisive sur le troisième but italien.
Alessandro Romano a bien mieux terminé ce premier rassemblement qu’il ne l’avait commencé. Il est passé d’une première chaotique à une prestation encourageante, qui devrait lui permettre de retrouver prochainement le maillot de l’équipe d’Italie.
