Deux anciens cadres de la Nati étrillent la fédération suisse
C’est désormais acté: le jeune Alessandro Romano ne jouera pas pour la Nati.
Même s’il n’a pas encore représenté la Squadra Azzurra, la sélection qu’il a choisie après ses années au sein des équipes de jeunes de l’Association suisse de football (ASF), la Fifa a entériné cette semaine son unique changement possible de fédération, comme l’indiquent les documents de l’instance. Plus de retour en arrière possible, donc.
Ce transfert signifie que Roberto Mancini peut désormais convoquer Alessandro Romano en équipe d’Italie. Cela pourrait intervenir très prochainement, en vue des matchs de Ligue des nations contre la Belgique, la Turquie et la France. Le sélectionneur italien porte une attention toute particulière au milieu de terrain de 20 ans.
A l’avenir, Romano sera amené à côtoyer, à son poste en sélection, des joueurs comme Sandro Tonali (Tottenham), Nicolò Barella (Inter) ou Manuel Locatelli (Juve). Bien qu’il soit un talent particulièrement prometteur, en témoigne son excellent début de saison à Cagliari, rien ne garantit qu’il parviendra à s’imposer dans le onze transalpin. Tout cela ne relève cependant plus de la Suisse.
Un point important demeure toutefois côté helvétique: comment se fait-il qu’il y ait eu un tel retard à l’allumage?
Murat Yakin a eu sa première discussion avec le joueur lorsqu’il lui a rendu visite à Cagliari, fin août, soit après que Romano avait déjà été encensé par toute la presse suisse et italienne. Mancini, lui, s’est intéressé bien plus tôt au jeune milieu de terrain pour reconstruire l’Italie: il le supervisait déjà lors de son premier match avec les Sardes. Alessandro Romano avait alors inscrit sous ses yeux l’unique but de la partie, d’une frappe sublime.
Que se serait-il passé si Yakin avait manifesté son intérêt pour le joueur plus tôt? Cela n’aurait peut-être rien changé. Après tout, le choix du joueur est dicté en premier lieu par le cœur.
Dans ce contexte, il aurait fallu, pour espérer lier Romano à la Suisse, que le natif de Winterthour soit convoqué bien avant que la sélection italienne ne s’intéresse à lui, par exemple lorsqu’il évoluait encore à La Spezia, en Serie B, ou débutait chez les professionnels avec la Roma. Or, dans les faits, agir de la sorte est difficilement envisageable. Il serait donc injuste de reprocher à Yakin de ne pas l’avoir appelé.
C’est pourquoi les critiques de deux anciens cadres de la Nati, Valon Behrami (83 matchs) et Blerim Dzemaili (69 matchs), portent uniquement sur l’absence totale, pendant une longue période, de démarche, de prise de contact, de discussion et de mise en place d’un projet. Sur le retard pris par Yakin face à Mancini, en somme.
«L’ASF a complètement raté le coche avec Romano. Je considère cela comme une énorme erreur de la fédération à tous points de vue», a sévèrement déclaré Behrami à la RSI. Son ancien coéquipier en sélection, Dzemaili, abonde dans son sens:
Tout, dans ce dossier, laisse penser que la Suisse a pris du retard. Un constat qui rappelle la situation de la RD Congo avec Winsley Boteli. Problème, dans le cas de l'ASF: Alessandro Romano était connu de la fédération. Il a joué avec les sélections suisses des U16 aux U20, portant même le brassard de capitaine avec les U19. Il ne sortait pas de nulle part.
