L'Italie crie au scandale d'arbitrage
Avant même le coup d’envoi de Bosnie-Italie, match sous haute tension pour une place à la Coupe du monde 2026, l'arbitrage faisait déjà beaucoup parler.
Après tout, le stade Bilino Polje de Zenica n’est pas équipé de la goal-line technology, ce qui est étonnant pour une rencontre d'une telle importance.
Certains, notamment nos voisins français, ironisaient aussi sur le choix de confier la rencontre à Ludovic Turpin, régulièrement épinglé en Ligue 1 pour ses décisions. En Italie, sa nomination ne laissait rien présager de bon non plus. Et pour cause: Turpin avait déjà officié lors du match contre la Macédoine du Nord qui avait privé la Squadra Azzurra d'une participation au Mondial 2022. Beaucoup y voyaient un mauvais présage.
Cela n'a pas manqué. L'Italie s'est inclinée mardi aux tirs au but (1-1, 4 tirs à 1) face à la Bosnie, un résultat synonyme de troisième élimination consécutive en barrages de la Coupe du monde, la deuxième sous les yeux de Turpin.
Clément Turpin, justement, est au cœur de toutes les discussions au lendemain du match, ses choix ayant semblé incohérents pour différents observateurs.
L’arbitre français a expulsé Alessandro Bastoni en première mi-temps pour un tacle sur Amar Memić qui annihilait une action de but. Turpin n'a pas hésité une seule seconde et sa décision ne souffre d'aucune contestation.
Cependant, lorsqu’une action relativement similaire s’est produite plus tard, en première période de la prolongation, le Français n’a infligé qu’un carton jaune à Tarik Muharemović pour son intervention musclée sur Marco Palestra. Sans doute a-t-il estimé que le joueur italien avait trop poussé son ballon et qu'il ne pouvait pas le récupérer. Ce n'était dès lors plus une action de but.
L'action en vidéo ⬇️
Ludovic Turpin n’a pas été invité à consulter les images de la VAR, ce qui a provoqué la colère des joueurs et du staff transalpins. Même après la rencontre, Gianluigi Donnarumma s'est montré particulièrement véhément envers l'homme en noir. Il faut dire qu'avec un rouge, la Nazionale se serait retrouvée à égalité et aurait joué les 20 dernières minutes à dix contre dix.
«Il peut bien garder son carton dans son slip, mais c’est un rouge», a déclaré Daniele Adani aux commentaires sur Rai 1. «C’est une faute flagrante, un carton rouge. Pourquoi sortir un jaune? C’est la décision de quelqu’un qui n’a jamais joué au football. Palestra était lancé et personne ne pouvait le rattraper», a-t-il ajouté.
«L’Italie est furieuse contre Turpin», a ensuite titré le portail Fanpage.it, tandis que le site Virgilio a assuré que les Azzurri avaient été «volés». Chez les supporters, la colère gronde également, d’autant qu’une possible main offensive de Dzeko sur le but égalisateur de Tabakovic s'ajoute à la polémique.
La situation en question ⬇️
Cependant, nombreux sont ceux en Italie qui ne se cherchent pas d’excuses, conscients qu’une autre action litigieuse – à savoir un penalty non sifflé en toute fin de deuxième mi-temps, après que Mancini a accroché un joueur bosnien dans la surface – aurait pu priver la Nazionale de prolongations. Là encore, Turpin n’a pas été appelé par la VAR.
Surtout, beaucoup d’Italiens constatent le très faible niveau de leur sélection et se demandent finalement à quoi bon participer à la Coupe du monde avec une équipe aussi insipide. Ils préfèrent, plutôt que de polémiquer sur l’arbitrage, se concentrer sur le jeu et les réformes que doit mener la fédération italienne pour mettre fin à ces humiliations à répétition.
(roc)
