Ce joueur de la Nati change radicalement de poste: il cartonne
C’est l’histoire footballistique suisse la plus extraordinaire de la saison: Miro Muheim et ses buts décisifs avec Hambourg. Car marquer ne fait pas vraiment partie des principales qualités du Zurichois, qui évolue au poste d’arrière gauche. D’autant qu’entre ses blessures et une concurrence intense à son poste, le joueur avait en réalité été écarté des plans de son entraîneur. Puis tout a changé.
A Hoffenheim, le capitaine du HSV, Nicolai Remberg, est victime d’une rupture des ligaments croisés. Muheim entre alors en jeu à un poste inhabituel pour lui: celui de milieu défensif, juste devant la défense. Peu après, il délivre la passe décisive sur le 2-2, avant d’inscrire lui-même le but victorieux à la 94e minute (3-2).
Une semaine plus tard, le VfB Stuttgart se déplace à Hambourg. Miro Muheim est titularisé au milieu. Et, une nouvelle fois, il offre la victoire aux siens en marquant l’unique but de la rencontre juste avant le coup de sifflet final. Une frappe puissante, mesurée à 117 km/h.
«J’ai entendu dire que lorsqu’on marque le but de la victoire trop tard, on n’a plus aucune chance de remporter le trophée d’homme du match. Alors je me dis que je pourrais peut-être essayer de marquer un peu plus tôt la prochaine fois», plaisante-t-il avec quelques jours de recul. «C’est difficile de réaliser tout ce qu'il s’est passé», ajoute le héros sorti de nulle part, dans cette ville complètement folle de football.
Cela fait désormais un peu plus de cinq ans que Muheim vit à Hambourg. Le joueur comme le club sont habitués à souffrir: année après année, le HSV a échoué aux portes de la montée, jusqu’à y parvenir enfin en 2025. Et voilà qu’aujourd’hui, l’euphorie est totale.
Pour Muheim, ces deux dernières semaines sont les plus belles depuis sa signature. Pourtant, son avenir au club reste incertain. Non seulement son contrat arrive à échéance en fin de saison, mais son entraîneur, Merlin Polzin, lui a annoncé cet été qu’il comptait miser sur d’autres joueurs. «Nous avons délibérément choisi de renforcer les côtés avec davantage d’intensité», explique le technicien.
Muheim confie de son côté: «Bien sûr, on ne peut pas s’attendre à ce que je marque chaque semaine. Mais ces buts m’apportent énormément. Je crois que cela donnerait beaucoup d’énergie à n’importe qui. Maintenant, j’essaie simplement de montrer, chaque jour et chaque semaine, que je suis précieux pour le HSV». Ce repositionnement pourrait finalement lui permettre de prolonger une nouvelle fois son contrat en Allemagne.
«Au fil des dernières années, nous avons développé une certaine résilience et beaucoup appris de notre passé», ajoute le Zurichois, qui en a vu de toutes les couleurs avec le HSV, historiquement habitué à l'agitation et aux turbulences. Le début de saison illustre bien ses propos. Après trois lourdes défaites pour entamer le championnat (2-0 contre Dortmund, 5-0 contre Mayence et 5-0 contre Leipzig), le club n’a pas tout remis en question. Au contraire, il a prolongé le contrat de son entraîneur.
Le HSV vient désormais de signer trois succès consécutifs et de remonter à la neuvième place du classement. Enchaînera-t-il une quatrième victoire de rang ce samedi à 15h30, sur la pelouse de Paderborn? Le club n’a plus réalisé une telle série depuis 17 ans.
Qui sait, peut-être que Miro Muheim, relativement décevant lors du Mondial, recevra bientôt une nouvelle convocation en équipe de Suisse. D’autant que Ricardo Rodriguez s'est blessé à la cuisse, ce qui compromet sérieusement sa participation aux rencontres de Ligue des nations en novembre.
