Un danger guette les coachs de Super League
Fin juin, Grasshopper nommait Gerald Scheiblehner à la tête de son équipe. Le choix privilégié du directeur sportif Alain Sutter devait permettre à ce club historique de quitter le bas de tableau, tout en mettant l'accent sur le développement des jeunes joueurs. Encore en janvier, Sutter qualifiait l’Autrichien de «brillant».
Tout cela appartient désormais au passé. Lundi soir, GC a mis fin avec effet immédiat à sa collaboration avec Scheiblehner. L’entraîneur des U21, Gernot Messner, prend en charge l’équipe première à titre intérimaire.
Les Sauterelles sont déjà le sixième club de Super League à changer d’entraîneur cette saison, soit la moitié des équipes engagées. On reste certes loin des proportions observées en Serbie, où 13 des 16 formations ont déjà changé de coach cette saison. Mais rares sont les postes aussi précaires que celui d’entraîneur en Super League, comme le montre la comparaison avec les cinq grands championnats européens.
Dans l’élite du football suisse, outre GC, le FC Bâle, Young Boys, Winterthour, le FC Zurich et le Servette FC ont également déjà changé de technicien en 2025/2026.
Dans la plupart des cas, le sursaut espéré ne s’est pas produit. Au classement, seul Servette a progressé. Bâle et Winterthour occupent toujours la même place qu’au moment du licenciement de leur entraîneur.
Les changements d’entraîneur en Super League s’avèrent encore moins efficaces si l’on se penche sur le nombre de points par match des équipes concernées. Bâle, Young Boys et surtout le FC Zurich affichent un bilan nettement inférieur avec leurs nouveaux coachs. Winterthour et Servette ont, eux, progressé, même s’il était difficile de faire pire.
Reste à voir si Gernot Messner parviendra à améliorer ces statistiques avec GC dans les semaines à venir. Une chose est en tout cas sûre: le club stagnait sous Scheiblehner. Seule la saison de la relégation, en 2019, avait été pire jusqu'à présent, avec un point de moins au compteur. Les nombreuses défaites ont visiblement entamé la confiance qui était accordée à l'Autrichien. Scheiblehner a aussi multiplié les expérimentations, alignant plusieurs joueurs à des postes inhabituels, les contraignant à assumer de nouvelles tâches sur le terrain. Dans ces conditions, les plus jeunes peinent à se développer positivement.
La séparation avec le technicien de 49 ans est donc justifiable. Pourtant, un coup d’œil au classement de la Super League montre que, parfois, un peu plus de patience est préférable. Les trois équipes de tête, à savoir Thoune (Mauro Lustrinelli), Saint-Gall (Enrico Massen) et Lugano (Mattia Croci-Torti), disposent toutes d’entraîneurs en poste depuis plus d’un an et demi. Lugano, qui avait conservé Croci-Torti malgré un début de saison difficile, joue désormais pour une place européenne.
Même le FC Sion, quatrième au classement, n’a pas licencié son coach depuis longtemps. Didier Tholot est désormais en poste depuis deux ans et huit mois.
Il est cependant clair que le licenciement de Gerald Scheiblehner ne sera probablement pas le dernier de la saison en Super League. A Genève, la patience envers Jocelyn Gourvennec pourrait bientôt s’essouffler si Servette continue de s’enfoncer au classement, même si le Français n’est en poste que depuis sept mois. Quant à Dennis Hediger (FC Zurich), il aura sans doute du mal à survivre à la fin imminente de l’ère Canepa si les résultats continuent d’être aussi mauvais...
