La Nati va défier un miraculé
Si la Colombie a remporté la bataille du milieu de terrain lors de son match de groupe face au Portugal, une équipe pourtant habituée à confisquer le ballon grâce à des joueurs comme João Neves, Vitinha ou Bruno Fernandes, elle le doit en partie à la prestation de Gustavo Puerta, intraitable à la récupération et techniquement très juste pour orienter le jeu de sa sélection.
Puerta a remis ça lors du seizième de finale des Cafeteros face au Ghana, en abattant un travail colossal dans l’entrejeu et en grattant de nombreux ballons. L'Equipe a salué la «masterclass» de ce jeune milieu de 22 ans qui, il y a encore un an, ne figurait pas dans le 4-3-3 modulable en 4-2-3-1 de Néstor Lorenzo.
A l’image de Johan Manzambi avec l’équipe de Suisse, Gustavo Puerta est donc en train de se révéler aux yeux du grand public à l’occasion de ce Mondial. Le Racing Santander devrait avoir toutes les peines du monde à le retenir cet été.
Puerta, qui devrait être titulaire contre la Suisse mardi à 22h, comme lors de tous les matchs de la Colombie dans cette Coupe du monde, se distingue non seulement par son activité au milieu de terrain, mais aussi par son histoire personnelle, et un événement qui aurait pu lui coûter la vie.
A l’âge de dix ans, alors qu’il part récupérer l’argent que l’on devait à sa famille, le jeune garçon devient soudain la victime collatérale d’un règlement de comptes en plein après-midi.
«Deux tueurs à gages sont venus assassiner un homme et il s’est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment», raconte son père, à la veille de Suisse-Colombie, dans les colonnes de L’Equipe.
Gustavo est touché par une balle perdue de neuf millimètres. Les médecins parviennent à stopper l’hémorragie, mais le plomb reste logé dans sa jambe gauche, l'opération pour le retirer étant jugée trop risquée.
Au final, Gustavo Puerta vivra durant quatre années avec cette balle en lui. Mais «sans douleur ni gêne, à part les jours de froid», ajoute son père auprès du quotidien français. Cela ne l'empêchera pas de jouer au football.
Gustavo Puerta est même doué. C'est un joueur très technique, comme on en trouve beaucoup en Colombie. La perspective d'une carrière professionnelle semble toutefois encore bien lointaine: il raffole des galettes de maïs farcies vendues par sa mère et affiche des kilos en trop.
Porté par sa discipline et sa volonté de tout renverser, le «petit gros sans avenir» de l'équipe locale a depuis bien changé.
