Enlever son maillot après le dernier tir au but: carton ou pas?
Mardi dernier, le Maroc et le Pays-Bas se sont livrés un fantastique duel en 16e de finale de la Coupe du monde. Ce match, disputé au stade de Monterrey, s'est décidé aux tirs au but. C'est finalement Ismael Saibari qui a qualifié son équipe en transformant sa tentative. Le milieu offensif marocain s'est ensuite précipité vers le poteau de corner, où il a célébré la victoire des Lions de l'Atlas en enlevant son maillot.
Or, on le sait: les joueurs qui célèbrent un but torse nu écopent d’un carton jaune. Cette règle, en vigueur depuis 2004, serait née à la suite d’un événement survenu en 2002, rappelle Ouest-France. Lors d’un match entre Manchester United et Southampton, Diego Forlán avait célébré un superbe but en ôtant son maillot. Mais il n’avait pas eu le temps de le remettre et avait donc dû jouer torse nu pendant quelques secondes.
Cette scène est entrée dans l'histoire du football:
Cet épisode aurait encouragé l’Ifab (International Football Association Board) à inscrire ce motif de sanction dans les règles du football (la loi 12, dédiée aux fautes et aux incorrections).
Plusieurs raisons expliquent l'interdiction d'enlever son maillot après un but: limiter les pertes de temps, empêcher l’affichage de messages politiques, religieux ou personnels sous le maillot, mais aussi, sans doute, préserver la visibilité des sponsors, particulièrement attachés à apparaître sur les images de célébration.
La règle est si stricte que si un joueur reçoit un carton jaune pour avoir célébré un but qui est ensuite annulé, son avertissement est maintenu.
Mardi, le Marocain Ismael Saibari n'a pour sa part pas été averti. Pour quelle raison? Nous avons contacté l'ancien arbitre international Lionel Tschudi. Le Neuchâtelois rappelle un point de règlement méconnu du grand public:
Certains faits de jeu, comme des insultes, peuvent tout de même être sanctionnés même après le coup de sifflet final, précise encore l'ex-arbitre.
En exultant peu après la qualification du Maroc pour les 8es de finale, Ismael Saibari (35 sélections, 12 buts) n'a donc pas eu de comportement répréhensible.
