Stéphane Charlin (Langnau) est le meilleur gardien de National League. Point final. Même meilleur que le champion du monde et champion olympique de Bienne Harri Säteri ou que Leonardo Genoni (Zoug), sept fois champion national et héros des finales des Mondiaux 2013 et 2018 avec la Nati.
Cette affirmation peut être étayée par des faits solides: cette saison, Charlin a encaissé le plus petit nombre de buts (6).
Un pourcentage sensationnel, qui n'a jamais été atteint sur une saison entière.
Stéphane Charlin, 24 ans, est statistiquement le numéro 1 de la ligue pour sa troisième année à Langnau et, avec Akira Schmid (Las Vegas) et Joey Daccord (Seattle), le meilleur gardien de but avec un passeport suisse.
Ce génie débraillé, jugé inapte par Genève-Servette durant la saison 2021/22 après cinq apparitions et un taux d'arrêts de seulement 77,40%, s'est transformé en un géant – aux sens propre et figuré, il mesure 191 cm pour 84 kg – défensif et agile, qui couvre intelligemment ses angles et reste toujours très calme.
Certes, il ne peut pas garantir les victoires à Langnau. Mais s'il y a bien un gardien qui n'a jamais été responsable d'une défaite, c'est bien Stéphane Charlin, samedi, lors du revers des Emmentalois contre Lausanne (0-1).
Sauf accident, le Genevois d'origine fera donc partie, pour la première fois, de l'équipe nationale aux Mondiaux au printemps prochain.
Le seul problème de Stéphane Charlin actuellement: il est trop bon. Conséquence? On ne sait toujours pas où il jouera la saison prochaine. Une seule chose est sûre: il quittera Langnau à la fin de l'exercice en cours.
En fait, on sait aussi depuis longtemps qui doit être son nouvel employeur: Genève-Servette. C'est là qu'il a été formé et c'est au bout du Léman qu'il a son centre de vie. La question est donc la suivante:
La réponse est simple: parce qu'on ne sait toujours pas si Stéphane Charlin quittera Langnau pour s'installer directement en Amérique du Nord, en NHL.
La situation actuelle? Charlin peut dès maintenant signer un contrat de plusieurs années avec Genève sans aucune clause de sortie, et pourtant, il pourrait légalement partir en NHL jusqu'au 15 juin 2025. C'est ce que prévoient les accords entre la National League et la NHL.
Pour le directeur sportif servettien, cette situation de départ est particulièrement délicate: s'il engage Charlin et transfère l'un des gardiens actuels (Robert Mayer ou Gauthier Descloux) à la concurrence en rompant leur contrat, le risque de se retrouver sans portier l'été prochain est considérable.
L'agent de Stéphane Charlin, Gaëtan Voisard, tente d'éclaircir la situation:
Un transfert à Genève-Servette est en cours de réalisation depuis longtemps. Mais il n'a de sens, pour les deux parties, que si Charlin s'engage à jouer au moins une saison supplémentaire (2025/26) en National League.
«Je dois maintenant clarifier les choses», explique son agent. Il ne va pas déconseiller à son client de partir en NHL: un transfert outre-Atlantique lui rapporte une commission d'agent bien plus élevée qu'un changement de club au sein du championnat suisse.
Pas de doute: pour les recruteurs des clubs de NHL, Stéphane Charlin, c'est comme une Rolex sur la table posée à portée de main. Comme le gardien genevois a déjà eu 24 ans le 30 août et qu'il est professionnel, il ne doit plus passer par le système de draft en NHL.
Cela signifie qu'il peut signer avec n'importe lequel des 32 clubs de NHL jusqu'au 15 juin 2025 et que son employeur en NHL n'a pas à investir dans des droits de repêchage ni à verser de compensation. Seule restriction pour Charlin: la première année de son contrat, il est encore soumis aux limites réglementaires d'un «contrat d'entrée» en NHL.
Si le Genevois est relégué dans l'équipe ferme, son salaire se réduit à moins de 100'000 dollars bruts annuels. Il est calculé en fonction des jours d'entraînement et des matchs dans la ligue de l'équipe ferme. Autrement dit: Stéphane Charlin pourrait aussi perdre beaucoup en signant avec un club de NHL plutôt qu'à Genève-Servette.
Traduction et adaptation en français: Yoann Graber