Cette star de NHL a illuminé Fribourg de sa classe
Le Mondial 2026 de hockey sur glace bat actuellement son plein en Suisse avec une phase préliminaire qui a atteint sa moitié mercredi. Si la Nati a jusqu’ici impressionné en décrochant trois victoires autoritaires, les Helvètes ne sont pas les seuls favoris à se promener, puisque la Finlande et le Canada sont toujours invaincus.
Contrairement aux Nordiques, les hommes à la feuille d’érable ont été placés dans le groupe B, qui se dispute à Fribourg. A peine remis de leurs émotions après un printemps doré, les fans des Dragons se retrouvent donc avec certains des meilleurs joueurs de la planète sous leurs yeux encore embués. Qu’à cela ne tienne, sur les bords de la Sarine, on aime le hockey autant que la fondue et ce n’est pas ces deux semaines de rab’ qui vont effrayer les habitués de la BCF Arena.
L'annonce qui a tout changé
Ce d’autant plus qu’ils ont eu le droit à une belle surprise le 12 mai dernier, le jour où la convocation de Sidney Crosby a été officialisée par Hockey Canada. Non pas que les Nord-Américains manquaient de talent, puisqu’ils avaient d’ores et déjà confié le capitanat à Macklin Celebrini qui, du haut de ses 19 ans, est considéré comme l’un des joueurs les plus brillants de sa génération. Mais lorsque «Sid The Kid» choisit de traverser l’Atlantique, cela fait automatiquement changer de dimension une équipe qui figure déjà chaque année parmi les favorites du tournoi planétaire.
Pour celles et ceux qui ne suivraient pas le hockey aussi assidument que le soussigné (et je vous le souhaite), un peu de contexte s’impose. S’il fallait résumer en une phrase ce que représente Sidney Crosby, disons qu’il dispose d’une aura comparable à Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo, mais dans un sport confiné à l’hémisphère nord.
Vainqueur de trois Coupes Stanley (2009, 2016 et 2017), deux médailles d’or olympiques (2010 et 2014) et d’un titre Mondial (2015), «Captain Canada» est l’un des 30 membres du «Triple Gold Club». En un mot: une légende.
Il y a un mois, lorsque j’ai pris mes places pour le Canada-Danemark prévu lundi à Fribourg, j'ai lancé en rigolant à mon entourage:
Autant dire qu'en découvrant que Macklin Celebrini était convoqué, j’étais déjà plutôt satisfait de mon choix, mais je ne m'attendais pas à ce que ma prédiction ne se réalise vraiment. Et pourtant, le 12 mai, l'information est tombée: le pingouin le plus célèbre de la planète allait découvrir la banquise de Saint-Léonard et j’aurai la chance d’en être témoin.
Une intelligence de jeu précieuse
Le jour venu, la BCF Arena, qui paraissait jusqu'ici plutôt calme, s’est réveillée au moment de l'annonce des équipes pour acclamer l’attaquant de 38 ans. S’il y a bien eu quelques applaudissements notamment pour Celebrini ou l’ancien Bernois John Tavares, ce n’était rien comparé aux vivats réservés à l’ancien capitaine du Canada, qui a délibérément choisi de laisser le «C» à son jeune collègue. La «fièvre de Crosby» s’était bien emparée de l’antre des Dragons.
Sans surprise, Crosby, Celebrini et leur compère Porter Martone (19 ans également) ont été alignés dès le coup d’envoi par le sélectionneur Misha Donskov, au palmarès lui aussi long comme le bras. En 30 secondes à peine, le trio s’est créé une première belle occasion avant de retourner rapidement au banc sous l’impulsion du vétéran de la ligne, bien conscient que les glaces européennes, plus grandes que celles de NHL, nécessitent une gestion méticuleuse de l’effort sur la durée.
Sur leur shift suivant quatre minutes plus tard, le Canada a dû défendre sur une contre-attaque danoise qui semblait bien partie... jusqu'à ce qu'un certain numéro 87 tout de rouge vêtu ne vienne prêter main forte à ses arrières en deux coups de patins. Une interception et une longue relance plus tard, le gardien Nicolaj Henriksen devait finalement intervenir alors que les Scandinaves étaient pourtant à l’offensive quelques secondes auparavant.
Henriksen vole la vedette à Crosby
Durant un premier tiers plutôt mou, ce sont les qualités de patinage et de fore-checking de Crosby qui se sont particulièrement mises en évidence, permettant ainsi au public d'apprécier une facette moins visible mais tout aussi importante de son registre.
Le natif de Nouvelle-Ecosse a en effet «gratté» de nombreux pucks et gêné la relance adverse, tout en affichant une vision du jeu permettant qu’il se passe quelque chose à chacune de ses présences, même lorsque ses coéquipiers peinaient à mettre leur jeu en place.
Après deux périodes et un score toujours vierge, la question d’un potentiel exploit du Danemark a commencé à se poser. Le portier Henriksen affichait en effet déjà 27 arrêts à son compteur, contre 9 pour son homologue Jet Greaves, et la frustration pointait le bout de son nez chez les Canadiens face à cette muraille qui aimantait chaque palet.
Tout semblait réuni pour l’une de ces fameuses parties où l’équipe dominée profite de l’une de ses rares actions pour ouvrir la marque et tenir le fort ensuite jusqu’à la sirène finale. Sidney Crosby en a toutefois décidé autrement.
Une démonstration en 20 minutes
Le capitaine de Pittsburgh s’est montré décisif dès le retour des vestiaires. Après une première tentative manquée de Celebrini récupérée par ce dernier quelques secondes plus tard, «Sid The Kid» s’est retrouvé seul face à Henriksen. Il a feinté le dribble pour emmener le portier avec lui avant d’offrir un bijou de passe à Malone, qui n’a eu plus qu’à terminer le travail. Le Canada menait 1-0 à la 41e et le spectre d’une improbable défaite s’éloignait, ce d’autant plus que le 2-0 est tombé moins de 3 minutes plus tard de la canne de Gabriel Vilardi.
A peine 31 secondes après ce but, Celebrini, dont la vitesse de patinage a fait très mal aux Danois durant toute la rencontre, et Crosby se sont à nouveau associés pour concocter un 3-0 où le numéro 87 a encore feinté le tir pour offrir un puck en or à un coéquipier, cette fois-ci Denton Mateychuk.
Le paroxysme de la démonstration présentée par le natif de Cole Harbour s’est cependant déroulé à la 42e, lorsqu’il a «déshabillé» Malte Setkov, solide défenseur culminant à 203 centimètres pour 101 kilogrammes, en le promenant derrière le but danois tout en protégeant son puck d’une seule main avant de servir Ryan O’Reilly dans l’enclave pour le 4-1. Que le hockey semble facile lorsqu’il est joué ainsi!
Les fans unanimes
Pour la forme, Crosby a encore servi une magnifique passe à travers la zone danoise pour offrir le 5-1 final à Parker Wotherspoon (60e). Cinq buts canadiens en un tiers et quatre assists de leur star, logiquement désignée meilleur joueur du match. Le festival a ravi les 6367 spectateurs, qui n’ont pas manqué de saluer chaudement cette prestation XXL.
Dans les travées, «Sid The Kid» était évidemment sur toutes les lèvres et les supporters croisés sur place étaient unanimes pour reconnaitre à quel point ce joueur pouvait être impressionnant.
Sa capacité, soulignée par plusieurs fans, à être toujours bien positionné sans véritablement sembler faire d’efforts reste l’élément le plus marquant de cet après-midi. Voir jouer un tel «monstre» s'est avéré être une chance inouïe et le public helvétique serait bien avisé d’en profiter le plus possible car, à 38 ans, il s’agit probablement de l’un de ses derniers tournois majeurs.
Il pourrait retrouver la Suisse sur sa route à Zurich lors de la phase à élimination directe, pour ce qui constituerait l’une des affiches majeures de ce Mondial 2026. On en salive déjà d’avance.
