La fédération internationale réhabilite le paria du hockey suisse
Sa proximité avec la Russie avait fait de lui une «persona non grata» dans le hockey international. La Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) a désormais réhabilité René Fasel. Mercredi, le Fribourgeois de 76 ans a assisté avec son épouse Fabienne au match entre la Suisse et l’Autriche à Zurich. Tous deux ont été personnellement invités par Luc Tardif, son successeur à la présidence de l'IIHF.
Après le début de la guerre en Ukraine, René Fasel avait conservé son titre de président d’honneur de l’IIHF, mais il avait été déclaré «persona non grata» par la fédération internationale et n’avait plus remis les pieds dans une enceinte du Mondial depuis 2021. Pour 2026, il avait déjà pris ses dispositions en achetant des billets VIP destinés à sa famille et à ses amis pour les matchs de la Suisse ainsi que pour les quarts de finale, les demi-finales et la finale à Zurich.
Une proximité qui dérange
Voici donc venu le jour de la réconciliation. René Fasel a officiellement été réhabilité. Lui ne voit pas tout à fait les choses ainsi:
Sa faute: sa proximité avec le hockey russe, son travail au sein du comité des arbitres de la Kontinental Hockey League (KHL), son amitié avec les anciens titans du hockey soviétique, comme Igor Larionov, Vyacheslav Fetisov ou Vladislav Tretiak et l’acceptation d’un passeport russe, qu’il possède désormais en plus de la nationalité suisse. Son centre de vie reste certes dans le canton de Schwytz, mais il dispose aussi d’une résidence permanente à Moscou. Au cœur du mal.
Tout cela est-il vraiment condamnable? A-t-il commis une faute? René Fasel est devenu président de la fédération suisse en 1985 et, au fil des années, à une époque où le monde était très différent, il est aussi devenu – notamment grâce à ses amis russes – le président le plus couronné de succès de l’histoire de l’IIHF avec un mandat de plus de 20 ans (1994 à 2021), ainsi que membre du Comité international olympique (CIO).
Sport et politique sont toujours liés
Au fond, l’ancien arbitre et dentiste a aussi été victime de sa naïveté: il croyait que l’on pouvait séparer le sport de la politique et a dû constater que le sport reste toujours indissociablement lié à la politique. Plus encore en Russie et au Bélarus, où le hockey sur glace est considéré comme un sport national.
Dans ces pays, la proximité avec le hockey conduit automatiquement à une proximité avec les dirigeants de Minsk et de Moscou, Alexander Lukashenko et Vladimir Poutine. René Fasel aurait pu le savoir au vu de son immense expérience politico-sportive. Il aurait même dû le savoir.
Quoi qu’il en soit, avant même le Mondial, René Fasel avait déjà été officiellement invité par Urs Kessler, président de la fédération suisse (SIHF), et ainsi réhabilité au niveau national. Après avoir été présent à Fribourg, il a ensuite appris qu’il était également gracié au plus haut niveau par Luc Tardif et qu'il pouvait assister comme invité officiel au match de la Suisse contre l’Autriche à Zurich.
Un geste de réconciliation de la part du Franco-Canadien Luc Tardif, qui n’a été élu à la tête du hockey mondial que parce que son prédécesseur René Fasel lui avait ouvert la voie. Cette réhabilitation s’accompagne naturellement aussi d’une place de parking dans les entrailles de l’arène de Zurich. Une denrée rare. Voilà aussi l’un des temps forts de cette journée de réconciliation: pouvoir se garer à Zurich.
(trad. btr)
