Les JO d'hiver sont une bénédiction pour le HC Davos
Si ce n’est pas au printemps 2026, alors quand? Avant la pause internationale, le HC Davos a perdu deux matchs consécutifs pour la première fois cette saison, contre les ZSC Lions puis Gottéron. Mais l'équipe conserve largement la tête du classement avec neuf points d’avance sur Fribourg, qui a disputé un match de plus, et douze sur Lausanne, qui a un match en moins. Les Davosiens dominent la ligue d’une manière qui rend cette question légitime. Même aux meilleures périodes sous Arno Del Curto, ils n’étaient pas aussi supérieurs en automne et au début de l’hiver.
Il y a des périodes où tout semble réussir: les pucks vont dans la bonne direction, les tirs déviés trouvent la moindre ouverture et le gardien a la baraka. Mais ce n’est pas que du pur hasard. Derrière cela se cachent le travail acharné, le courage, le talent, l’instinct, l’intelligence et un entraîneur parfaitement adapté à cette équipe.
Le classement de National League
«Il ne manque que quelques pièces du puzzle»
Le CEO de Davos, Marc Gianola, a joué en défense au HCD de 1993 à 2010 et a été capitaine sous Arno Del Curto durant les six dernières années de sa carrière. Il confie n’avoir jamais connu une telle supériorité.
Tout fonctionne à merveille: chacun se bat pour l’autre et les joueurs étrangers sont en grande forme. Matej Stransky n’est pas seulement le meilleur buteur du championnat, il est aussi le meilleur pointeur. «Il ne manque que quelques pièces du puzzle pour former une équipe parfaite», résume Gianola.
L’entraîneur Josh Holden joue un rôle central dans le succès actuel du club grison. Il en est à sa troisième saison à Davos. Ancien joueur au tempérament explosif et leader de vestiaire, il insuffle des émotions au jeu tout en les maîtrisant. Deux scènes l'illustrent parfaitement.
Le 31 décembre 2023, le HCD dispute la finale de la Coupe Spengler contre Pardubice. Malgré une avance d'un but, Holden se précipite vers Tomas Jurco, tout juste sorti de la glace, l’attrape par le col, le tire en arrière et lui crie: «Reste actif, reste actif! C’est tout ce que je te demande».
Le Slovaque, qui quittera Davos après le tournoi, tente de se dégager d’un geste vif du bras et manque de peu de toucher le technicien. Son voisin sur le banc, Matej Stransky, lui demande de rester calme. La scène suscitera ensuite de nombreuses réactions. Pourtant, l’entraîneur n’a fait que ce qui était nécessaire: faire jaillir les émotions au bon moment. Le HCD s’est ensuite imposé 5-3 et a remporté la Coupe Spengler.
Le 24 septembre 2024, Davos s’incline 7-0 à Langnau. Après le match, l’entraîneur du HCD reste calme dans le couloir et répond aux questions avec sérénité: pas d’excuses ni de reproches. Juste le sang-froid d’un homme qui sait qu’une soirée ratée peut arriver en pleine saison régulière. Davos remportera trois des quatre rencontres suivantes.
Le HCD dispose du coach parfait. Josh Holden est émotionnellement plus structuré que le déchaîné Arno Del Curto. A l’issue de son contrat au printemps 2027, il sera convoité par toute équipe désireuse de jouer le titre. Toutefois, son contrat à Davos sera automatiquement prolongé d’une saison, jusqu’en 2028, s’il mène sa formation en demi-finale juste avant son potentiel départ.
Pas de fioritures sur la glace
Sur le plan tactique, Davos ne dispose d’aucun avantage sur ses concurrents. L’équipe pratique un hockey minimaliste. Les joueurs courent et combinent simplement. Ils évoluent de manière disciplinée, concentrée, précise et courageuse. Ils ont un bon forechecking et enchaînent rapidement à la récupération. Un jeu basé sur les fondamentaux, sans artifices.
Dès lors, Davos est-il le grand favori pour le titre? Non. Si le HCD domine autant la National League, c'est aussi parce que les géants comme les ZSC Lions n’expriment pas encore tout leur potentiel.
Le championnat ne se décide pas quand il y a encore des feuilles accrochées aux arbres. Les titres, eux, se gagnent lorsque la végétation reprend ses droits. Mais Davos a bel et bien le potentiel pour devenir champion, à condition de conserver cette énergie et ce jeu vif et dynamique au printemps prochain. De faire durer l’euphorie lorsque la chance tournera et que la fatigue se fera ressentir.
La pause olympique, du 1er au 24 février, pourrait en ce sens s’avérer décisive. Trois semaines pour recharger les batteries et reprendre son souffle. Comme une dernière respiration avant de combattre pour le titre, avec la confiance et les certitudes de la première partie de saison. Finalement, 2026 sera peut-être l'année ou jamais pour redevenir champion.
