D'autres auraient peut-être été un peu vexés par la question d'un journaliste: «On a l'impression que tu es plus mince que jamais. C'est vrai?» Mais avec son style décontracté, Dominic Stricker a pris la balle au bond et a confirmé avec le sourire: «Oui, nous aussi, on a cette impression», a expliqué le champion junior de Roland-Garros 2020, qui a sur ce point profité de sa longue pause forcée.
Flashback: l'été dernier, Dominic Stricker prenait véritablement son envol. A Wimbledon, il a atteignait pour la première fois le 2e tour en Grand Chelem, et à l'US Open, il battait pour la première fois un top 10 - Stefanos Tsitsipas - avant de se hisser en 8es de finale. Aux Swiss Indoors, il se frayait un chemin jusqu'en quart de finale.
Et puis - vu de l'extérieur - tout s'est arrêté ou presque. Aux Next Gen Finals en Arabie saoudite, Dominic Stricker était contraint d'abandonner en demi-finale. Ce fut sa dernière apparition en compétition jusqu'au début du mois de juin dernier.
Au début, lui et son entourage ne voulaient pas vraiment admettre la gravité de la blessure. On parlait sans cesse d'un retour imminent. Ce n'est que petit à petit que l'on s'est rendu compte qu'une longue pause était inévitable. A Wimbledon, où il affrontera mardi au 1er tour le Français Arthur Fils (ATP 34), Dominic Stricker évoque pour la première fois en détail sa longue période de souffrance.
«Les douleurs dans le dos étaient déjà un peu présentes avant», a-t-il révélé dimanche devant les médias suisses, «mais c'était tout à fait supportable et ça allait vraiment bien». Toutefois, l'automne dernier, les choses se sont aggravées de match en match, jusqu'à ce que ce ne soit plus tolérable. «Tout le bas du dos était touché, tout était enflammé et surchargé», glisse-t-il.
Finalement, seul le temps a permis de maîtriser le problème. Stricker a sans doute payé le prix de son succès. Son corps n'était pas (encore) prêt à jouer autant de matches en si peu de temps.
Jusqu'à Wimbledon il y a un an, il n'avait jamais disputé un match en plus de trois sets, il en a ensuite joué cinq en l'espace de deux mois à peine. A Wimbledon comme à l'US Open, il avait en outre déjà trois matches de qualification dans les jambes, et dans le dos. Celui-ci s'est violemment révolté contre cette situation.
Dominic Stricker n'a rien changé dans ses mouvements, comme il l'explique, mais il a travaillé dur dans la salle de fitness pour se renforcer et se stabiliser. Il met aussi davantage l'accent sur le dos lors de l'échauffement et après les matches. «En ce moment, je n'ai absolument plus de douleurs», se réjouit-il.
Le gaucher est plus en forme que jamais. «Je sens que j'ai le pied plus léger sur le terrain, c'est déjà cool», confirme-t-il. La longue période d'inactivité a été difficile, surtout au début, il n'a guère pu pratiquer d'autres activités comme son cher golf.
En revanche, Stricker s'est consacré plus intensément à une autre passion, la cuisine. Avec des conséquences réjouissantes:
Désormais, Dominic Stricker, qui a glissé à la 149e place, veut regarder devant lui. Il utilise pour la première fois son classement protégé (94e) à Wimbledon, et ne ressent donc pas encore trop de pression en ce qui concerne le classement mondial. (sda/ats)