C'est quoi cette polémique autour du Tour de Romandie?
Samedi dernier, à l’issue de l’étape reine du Tour de Romandie, au col du Jaun, le coureur de Soudal Quick-Step Valentin Paret-Peintre a critiqué les organisateurs, leur reprochant leur mauvaise gestion des motos.
«Il faudrait que je regarde les images. J'espère que les motos n'étaient pas trop proches derrière, parce que c'était le cas les deux derniers jours. Si l'organisation veut faire gagner Pogacar, c'est leur choix. On l'a dit plusieurs fois, mais bon, c'est la vie», a-t-il lâché au micro d'Eurosport.
Cette sortie médiatique a valu au coureur français de nombreuses moqueries, notamment parce qu’il a évoqué Tadej Pogacar qui, soyons honnêtes, n’a pas besoin d’être avantagé pour lever les bras. Il laissait aussi entendre, d'une certaine manière, que le Slovène avait roulé derrière derny. Sur la forme, Paret-Peintre s’est trompé.
Sur le fond, en revanche, le vainqueur d’une étape du Tour de France au mont Ventoux a soulevé un point important, mieux expliqué par son équipier Louis Vervaeke auprès de DirectVelo. Ce dernier a regretté que la formation UAE Team Emirates – qui roulait en tête du peloton pour revenir sur l’échappée dont il faisait partie, avec Valentin Paret-Peintre – ait repris beaucoup de temps aux fuyards juste après l'arrivée des motos de télévision sur la course.
Avant eux, le directeur sportif de Bahrain Victorious, Roman Kreuziger, avait déjà exprimé le même sentiment lors de l’étape de Martigny. Son coureur Lenny Martinez se trouvait à l’avant et se battait dans les derniers kilomètres pour ne pas être repris par le peloton. Tadej Pogacar, futur vainqueur dans la cité valaisanne, figurait également dans ce groupe. Cette fois, il était donc le «désavantagé».
«Je pense que les commissaires devraient revoir les images. Quand on voit l'écart passer de 57 secondes à 30 en un court instant avec le vent de face... C'est quelque chose qui ne devrait pas arriver», avait pesté Kreuziger, toujours dans les colonnes de DirectVelo.
Cette semaine, les discussions autour des motos présentes sur le Tour de Romandie se sont poursuivies dans le podcast Stanley St. Social. «Je n'ai jamais vu les motos avoir une telle influence sur une course. C'était vraiment ridicule, elles ont fait des différences énormes», a expliqué le leader de Jayco AlUla, Luke Plapp, cinquième du classement général.
Les motos auraient donc joué un rôle important lors de cette 79e édition du Tour de Romandie: elles auraient été plus proches qu’à l’accoutumée. La boucle romande n’est toutefois pas un cas isolé. Ces épisodes sont fréquents et ont déjà fait l’objet de remarques ailleurs. Ils ont simplement semblé plus marqués et plus récurrents la semaine dernière.
Tant qu’il n’y aura pas davantage d’équité dans la manière de filmer le peloton et l’échappée, ou de règles concernant les distances à respecter, d’autres coureurs s’exprimeront encore à ce sujet lors de prochaines courses. Et ils auront raison de le faire. Selon une étude de l’aérodynamicien néerlandais Bert Blocken, un cycliste roulant à une vitesse de 54 km/h, 30 mètres derrière une moto, peut réduire sa résistance à l’air de 12% grâce à la présence du deux-roues.
