Une grande inconnue entoure Stefan Küng sur la Vuelta
Il est l'heure pour Stefan Küng de tenir parole. Avant le départ de la Vuelta, le Suisse avait clairement annoncé son objectif à la SRF: «Je veux ramener une victoire d'étape.» Deux occasions semblaient particulièrement propices. La première, lors du contre-la-montre monégasque de 9,4 km, ne s'est pas déroulée comme espéré: le Thurgovien n'a pris que la 12e place, à 14 secondes de Tadej Pogacar. Sa deuxième, et sans doute dernière grande chance, se présente ce jeudi avec un chrono bien plus long de 32,1 km.
Toute la question est de savoir si Stefan Küng aura les jambes pour tenir un tel effort. Rien ne le garantit. C'était d'ailleurs l'une des inconnues qu'il avait lui-même soulevées avant le départ du troisième et dernier Grand Tour de la saison. Plusieurs éléments plaident toutefois en sa faveur.
- D'abord, Tadej Pogacar n'est plus là pour martyriser ses adversaires.
- Ensuite, le profil du chrono lui convient: long, roulant et sans difficulté majeure, il devrait favoriser les purs spécialistes capables de maintenir une très grosse puissance pendant plus d'une demi-heure.
- Enfin, Küng a déjà prouvé qu'il savait gagner un contre-la-montre sur la Vuelta. C'était à Madrid, en 2024. Ce jour-là, il avait écrasé les 24,6 kilomètres à 55,8 km/h de moyenne, repoussant Primoz Roglic, deuxième, à 31 secondes. Il avait ainsi décroché sa première victoire d'étape sur un Grand Tour.
S'il s'impose jeudi, sa victoire aurait une saveur encore plus particulière après l'année difficile qu'il vient de traverser. Le coureur de Tudor s'est fracturé le fémur gauche lors de l'Omloop Het Nieuwsblad, fin février. Opéré dans la foulée, il a ensuite passé six semaines avec des béquilles et n'est revenu à la compétition que fin juin, sans réelle certitude sur son niveau. Pendant sa convalescence, il a même reconnu avoir douté de pouvoir retrouver le plus haut niveau.
Mais le 9 août, pour sa première course internationale depuis sa fracture, Küng a envoyé un signal fort en remportant le contre-la-montre final du Tour de Pologne: 12,5 kilomètres parcourus à 51,9 km/h de moyenne. Une victoire qui lui a sans doute redonné une bonne dose de confiance avant la Vuelta. Jeudi, il aura l'occasion de confirmer son retour au premier plan et d'atteindre l'objectif qu'il s'était fixé avant le départ: décrocher une victoire d'étape.
