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Fribourg-Gottéron: Hubert Waeber quitte la présidence

Hubert Waeber a quitté sa fonction de président de Fribourg-Gottéron, après sept ans et un titre national historique ce printemps.
Hubert Waeber a quitté sa fonction de président de Fribourg-Gottéron, après sept ans et un titre national historique ce printemps. image: keystone/watson

«Pour diriger Gottéron, j'ai dû me calmer dans les tribunes»

Hubert Waeber a officiellement quitté, le 26 août, son poste de président des Dragons, après sept ans et un titre national historique ce printemps. Il se confie dans notre interview «dernières fois».
02.09.2026, 18:5502.09.2026, 18:55

Un chapitre se ferme à Fribourg-Gottéron. Son président, Hubert Waeber, a officiellement quitté ses fonctions le mercredi 26 août. Le Singinois (64 ans) était à la tête des Dragons depuis 2019. Il a aussi démissionné du conseil d'administration, qu'il avait rejoint en 2015. Hubert Waeber avait déjà annoncé sa décision avant le début de la saison dernière. C'est Yvan Haymoz, ancien vice-président, qui lui succède.

Hubert Waeber, Verwaltungsratspraesident vom Eishockeyclub HC Fribourg-Gotteron, am Montag, 9. Dezember 2024 in Fribourg. (KEYSTONE/Peter Schneider)
Hubert Waeber a été président de Gottéron pendant sept ans. Image: KEYSTONE

Hubert Waeber a donc bouclé de la plus belle des manières son mandat présidentiel, avec le premier titre de champion suisse de Fribourg-Gottéron. Comme le veut la tradition chez watson quand un acteur du sport romand prend sa retraite ou quitte ses fonctions, le désormais ex-président des Dragons nous raconte ses «dernières fois».

La dernière fois que vous avez adoré le hockey sur glace?
Quand Lucas Wallmark a marqué le but du titre à Davos. C'était quelque chose d'incroyable. Incroyable! (Il reprend son souffle) Incroyable... Un rêve, qui est devenu réalité.

Lucas Wallmark célèbre le titre de champion avec ses coéquipiers.
L'explosion de joie des Fribourgeois, juste après ce fameux but. Image: Keystone

La dernière fois que vous avez détesté ce sport?
Ça fait longtemps. Quand on a perdu la finale contre Berne en 2013, et que certains joueurs adverses ont brûlé une écharpe de Fribourg. Ça ne se fait pas.

La dernière fois que vous avez regretté de quitter votre fonction de président?
Une fois, juste après avoir pris ma décision, je me suis dit: «Mais nom de bleu, pourquoi j'arrête!» (Rires) Je suis très content d'avoir bouclé cette étape, et que de nouveaux vents arrivent à Gottéron.

«Donc non, je n'ai aucun regret»

En plus, je vais continuer à aider Gottéron avec mes moyens: je reste sponsor avec mon entreprise (il est directeur du concessionnaire automobile AHG-Cars). En tant que bénévole, je vais aider pour la fête des 90 ans du club, l'année prochaine, et pour les prochaines manifestations. Et surtout, je vais m'impliquer dans la Fondation Gottéron, avec laquelle on a plusieurs projets. Le plus important, c'est le soutien du hockey des jeunes dans le canton.

«Et comme autre projet, je veux créer des archives de Gottéron, ce qu'on n'a pas encore. L'idée, c'est d'en faire un musée, dédié au club et au hockey»

Un musée qui vit, pas seulement des expositions d'objets ou de photos, mais un musée avec des lunettes 3D, des écouteurs. Récemment, on a revu le projet à la hausse, avec un budget d'un million de francs. Je vais commencer à chercher des fonds. L'idée, c'est de l'ouvrir dans trois ans.

La dernière fois que vous avez mangé une fondue?
Lors de l'avant-dernier match de la finale contre Davos. Cet été, je n'en ai pas mangé. Mais ça va reprendre dès le premier match de la saison!

La dernière fois que vous avez été fier de vous?
Le 30 avril à Davos, le soir du titre. Bien sûr, ce sacre, ce n'est pas seulement grâce à moi. Mais de pouvoir être président de ce club et de réaliser ce titre, j'étais fier. Beaucoup de gens m'ont dit que je pouvais être fier de cela. Même si, encore une fois, je n'étais pas tout seul.

«C'est impensable: les jours qui ont suivi, j'ai reçu plus de 1 200 messages sur mon téléphone!»

Et des gens de toute la Suisse, qui me félicitaient. J'ai senti que tout le pays était pour Gottéron ce soir-là, sauf les Davosiens bien sûr. Même mon beau-fils, qui vient de Davos et est un grand fan du HCD, a été l'un des premiers à me féliciter! (Rires)

Et ça s'est bien passé, le repas de famille suivant?
Oui, oui! D'ailleurs, je tiens à souligner le comportement extraordinaire des fans davosiens en général: ils sont quasiment tous restés dans la patinoire lors de la cérémonie, après le match. Un geste très fair-play. J'ai rarement vu ça.

La dernière fois que vous avez rêvé de ce titre, dans votre sommeil?
Ça m'arrive de temps en temps! Toujours avec cette image du but de Wallmark. (Rires)

Torhueter Reto Berra, Hubert Waeber, Praesident von Fribourg-Gotteron und Julien Sprunger (HCFG) feiern den Meistertitel mit dem Pokal nach ihrem Sieg gegen Davos in der Verlaengerung im siebten Eisho ...
Hubert Waeber, entouré de Julien Sprunger et Reto Berra, pose avec le Graal. Image: KEYSTONE

Ça prouve à quel point les émotions étaient fortes.
Oui, et vous savez, de voir cette euphorie dans le canton, c'était incroyable au sens premier du terme. On joue à Davos, il y a 30 000 fans à la patinoire à Fribourg, dedans ou à l'extérieur, qui regardent le match! Et pour la parade, je me suis dit: «Il y aura peut-être 40 000 personnes, au maximum». Mais non, 80 000! C'était vraiment fantastique.

Gottéron rassemble vraiment tout le canton.
C'est ce qui me plaît le plus dans ce club: il réunit francophones et germanophones. Catholiques et réformés. Hommes et femmes, les adultes et les jeunes. Et aussi les patrons et les employés. On est une famille.

«Le deuxième étage de notre patinoire, là où il y a toutes les buvettes, a d'ailleurs été spécialement conçu pour que les gens des places VIP, assises et debout se mélangent»

Et c'est beau à voir. Gottéron a un rôle fédérateur. Et je suis heureux de savoir que mon successeur Yvan Haymoz, qui fait notamment l'effort de s'exprimer parfaitement en allemand, va poursuivre cette mission.

La dernière fois que vous en avez eu marre qu'on vous parle de ce titre?
Jamais! Vous savez, en 2020, quand j'ai parlé de notre volonté de gagner le titre d'ici cinq ans, certains m'ont dit: «Tu es fou!» Mais non: pour atteindre un objectif, il faut une vision claire et des ambitions. Ces ambitions, c'est ce qui nous a par exemple permis de faire signer des joueurs comme Christoph Bertschy et Andrea Glauser. Désormais, c'est important de se dire: «Ce n'est pas une histoire terminée, c'est une histoire qui commence». Il n'y a qu'à voir: Davos a 31 titres. On a donc encore du boulot! (Rires)

La dernière fois que vous avez joué au hockey sur glace?
Je n'ai jamais joué au hockey sur glace. Je jouais seulement sur les étangs à Guin, en patins, quand j'étais jeune. (Rires). Je sais à peine patiner. J'ai fait un ou deux matchs avec des sponsors, à l'époque. Mais non, le jeu n'était pas pour moi, je ne voulais pas me blesser. Comme sport, j'ai plutôt fait de la randonnée et du ski.

La dernière fois que vous avez obtenu un privilège grâce à votre nom?
J'en ai eu beaucoup, des invitations à gauche et à droite. Le président du Conseil d'Etat fribourgeois m'a souvent dit: «Toi, tu es plus important à Fribourg que le président du gouvernement!» (Rires) J'aime être entouré de gens, et rencontrer des personnes de différents secteurs. Et ça fait aussi toujours de la publicité pour Gottéron.

«Je fais aussi attention de rester les pieds sur terre, après ce succès. Je n'ai jamais cherché à profiter d'un avantage indu grâce à mon statut, ça me dérange même»

Mon rôle à Gottéron me permet aussi de donner des conférences sur la réussite managériale en sport et dans une entreprise, comme je suis aussi directeur d'un grand groupe. Il s'agit de montrer les parallèles entre la gestion d'une entreprise et celle d'un club sportif. Et au final, il n'y a pas tant de différence, si ce n'est que le sport implique davantage d'émotions.

Justement, en parlant d'émotions: la dernière fois que vous avez pleuré?
Quand j'ai été nommé président d'honneur de Fribourg-Gottéron, le 26 août lors de l'assemblée générale. Je ne m'y attendais pas du tout. Ils l'ont caché jusqu'au dernier moment.

«C'était d'autant plus une surprise qu'on avait fixé un règlement, il y a trois ans, stipulant que pour recevoir ce titre, un président devait faire au moins dix ans à ce poste»

Mais j'avais oublié que ce règlement permet une exception, que les membres ont appliquée dans mon cas. Quand ils m'ont annoncé la nouvelle, j'ai eu les larmes.

Head Coach Roger Roennberg (HCFG) und Hubert Waeber, Praesident von Fribourg-Gotteron feiern den Meistertitel mit dem Pokal nach ihrem Sieg gegen Davos in der Verlaengerung im siebten Eishockey Playof ...
Une bière bien méritée pour Hubert Waeber juste après le sacre, ici avec le coach Roger Rönnberg.Image: KEYSTONE

La dernière fois qu'on vous a demandé un selfie ou un autographe?
Hier (lundi) soir, quand on est allé poser une plaquette commémorant le titre en Vieille-Ville de Fribourg. Ça m'est arrivé très souvent! D'ailleurs, mes collègues présidents me disent: «Je ne comprends pas, moi jamais personne ne me demande de signer un maillot ou de faire un selfie!» Je suis allé voir quelques matchs du Mondial à Zurich, et là aussi des gens m'arrêtaient. «C'est vous, le président de Gottéron! Est-ce qu'on peut faire un selfie avec vous?»

«Au début, j'étais étonné quand des jeunes venaient vers moi. Je leur disais: "Je ne suis que président, pas un joueur." Et ils répondaient: "Oui, mais on veut aussi la signature du président!"»

Ça m'a fait plaisir. Je crois que les gens aiment voir un président qui est présent, qui vit le hockey et montre même ses émotions pendant un match.

Selon vous, pour être un bon président, on doit forcément être fan du club qu'on dirige?
A Fribourg, je crois que oui. Ailleurs, peut-être que quelqu'un d'extérieur peut diriger. Mais pas à Fribourg. Pour Gottéron, il faut quelqu'un qui aime ce club, qui a aussi des racines à Fribourg. C'est aussi ça qui plaît aux fans. Quand j'étais jeune supporter, je traversais la vallée du Gottéron à pied, avec la lampe frontale, depuis la Singine pour aller voir les matchs. (Rires)

Le 30 avril, les Dragons sont devenus champions de Suisse pour la première fois.
Le 30 avril, les Dragons sont devenus champions de Suisse pour la première fois. image: keystone

Vous étiez déterminé!
Bon, peut-être que pour être président, il n'y a pas non plus besoin d'être autant fan que je l'étais. J'ai d'ailleurs dû me calmer...

C'est-à-dire?
Avant d'entrer au conseil d'administration du club, j'ai aussi crié des noms d'oiseaux depuis les tribunes. Notamment envers les arbitres. En tant que représentant du club, cette attitude n'était évidemment plus possible, car il faut quand même être exemplaire. Mais c'est aussi important de rester authentique.​

Du coup, on pense déjà connaître votre réponse, à savoir «jamais». Mais on vous pose quand même la question: la dernière fois que vous avez pensé à changer de club?
Plusieurs clubs de haut niveau, dans d'autres sports, m'ont proposé des postes de président. C'était même avant le titre. Mais non, non! Exclu!

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