Un scandale sexuel éclabousse le club le plus titré de Suisse
Sur le plan sportif, la section féminine de Grasshopper s’en sort nettement mieux que les hommes. Cependant, elle semble elle aussi dans la tourmente.
Le Sonntagsblick a mis en lumière, à partir de déclarations de personnes directement impliquées, des comportements inappropriés de deux responsables de premier plan: Erich Vogel et Heinz Spross.
Tous deux ont quitté l’équipe masculine il y a plusieurs années, plus ou moins de leur plein gré, et se consacrent depuis à l’équipe féminine. Vogel au sein de la commission sportive, Spross en tant que président et mécène.
Le «SoBli» rapporte que Vogel, âgé de 87 ans, s’est baigné dans la mer avec des joueuses lors d’un stage de préparation et qu’il a invité certaines d’entre elles chez lui pour des négociations de contrat, au lieu d’utiliser les locaux du club.
De son côté, Spross, 78 ans, aurait demandé, toujours lors d’un stage de préparation, et devant l’équipe au complet, si une carte d’hôtel oubliée devait être interprétée par la joueuse concernée comme une invitation à se rendre dans sa chambre.
Le rapport précise également que le responsable actuel de la formation des jeunes joueuses de GC aurait été renvoyé par le passé par le FC Zurich, pour avoir tenu des propos sexistes et obscènes à l’égard d’une employée.
Quant au secrétaire général de la section féminine, il fait désormais l’objet d’accusations émanant de sources anonymes, selon lesquelles il se serait introduit dans les appartements des joueuses en leur absence.
La section masculine en crise
Ces affaires ne concernent pas l’équipe masculine, laquelle doit faire face à d’autres problèmes, sur le terrain.
«Nous sommes plutôt bien entrés dans notre match», a déclaré le nouvel entraîneur de GC, Gernot Messner, après ses débuts ce week-end à la tête de la première équipe. Le hic, c'est que sa formation venait de se faire humilier de manière pitoyable par Servette. 4-0 après 18 minutes, 5-0 au coup de sifflet final.
Ce n’est pas seulement l’analyse de Messner qui soulève de grandes questions, mais aussi ses choix tactiques et la composition de son équipe. Non seulement les joueurs ont refusé de faire leur travail, mais leur nouveau coach les a en plus complètement mal préparés et mal positionnés sur le terrain.
Pourtant, le licenciement de Gerald Scheiblehner aurait dû agir comme un électrochoc. Selon le directeur sportif Alain Sutter, l’Autrichien n’a rien fait de mal et a même accompli un travail remarquable. Mais cette mesure s’imposait désormais en raison de la situation du club, menacé de relégation. Un raisonnement qui paraissait déjà étrange et qui interroge encore davantage après la déroute à Genève.
GC n’a sans doute jamais été aussi mauvais que lors de sa rencontre de ce week-end. Dans ce contexte, le club recordman de titres pourra se considérer chanceux s’il échappe à une relégation directe en fin de saison et bénéficie d’une seconde chance lors des barrages.
A l’origine de ce désastre, Alain Sutter, recruté il y a un an comme porteur d’espoir, avec un pouvoir quasi autocratique lui permettant d’embaucher des membres de sa famille ainsi que des proches. Problème: ses méthodes ne donnent rien. GC est encore plus mauvais et encore plus insignifiant qu’avant l’arrivée de Sutter.
