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«La stratégie du FC Lausanne-Sport est claire, le club met en vitrine des jeunes talents.»
«La stratégie du FC Lausanne-Sport est claire, le club met en vitrine des jeunes talents.»keystone

Faut-il croire au LS?

Lausanne a signé dimanche sa première victoire de la saison en battant GC 3-1. Après un début de championnat poussif, les Vaudois peuvent enfin souffler. Mais leur stratégie reste controversée, voire incomprise.
18.10.2021, 05:4718.10.2021, 18:04
jonathan amorim

Michel Sardou se demandait où allaient les eaux bleues du Tanganyika, et nous, jusqu'à hier, on se demandait où allaient les hommes en bleus d'Ilija Borenovic. Le coach lausannois peut enfin souffler, ses joueurs ont remporté leur première victoire de la saison face à GC, 3-1.

Un succès construit sur deux buts inscrits très tôt dans la partie: dès la première minute de jeu (Zeki Amdouni), puis à la huitième (Cameron Puertas) et un équilibre enfin trouvé entre l'envie de bien faire et la gestion des émotions. Le langage corporel des joueurs vaudois, sur la célébration des buts notamment, a également laissé transparaitre du soulagement, un sentiment largement compréhensible après neuf matchs sans victoire.

Une stratégie claire, un mercato mystérieux

«La stratégie de Lausanne est claire, le club met en vitrine des jeunes talents. Il est là pour les faire progresser, afin d'en tirer une plus-value.» Daniel Romano, commentateur et présentateur chez Blue Sports, suit de près les Lausannois et selon lui, si cette stratégie de valorisation des jeunes joueurs est évidente, le dernier mercato a été plus mystérieux. Les départs de cadres d'expérience n'ont pas été forcément compensés.

On pense notamment à Nikola Boranijasevic (FC Zurich), Noah Loosli (GC) ou encore Per-Egil Flo (Sogndal IL, Norvège). En tout, cet été, seize joueurs sont partis et seize ont fait le chemin inverse. Un gros chamboulement au niveau de l'effectif qui peut, en partie, expliquer ce départ de championnat compliqué pour les Vaudois.

L'entraineur Ilija Borenovic a été choisi pour son expérience auprès des jeunes.
L'entraineur Ilija Borenovic a été choisi pour son expérience auprès des jeunes.

La deuxième saison, la plus compliquée?

C'est une théorie que l'on entend souvent au bord des terrains, même dans les ligues inférieures: la deuxième saison, après une promotion, est plus difficile que la première où l'euphorie peut transcender un groupe.

Cette euphorie, le LS l'avait ressentie la saison dernière, terminant à une confortable sixième place. A contrario, Servette a fait mieux lors de sa deuxième saison post-promotion, terminant à la troisième place la saison dernière, après avoir fini quatrième après sa promotion, en 2020.

Cette fameuse saison de la confirmation ne serait donc pas toujours recevable comme argument.

Du temps et de la patience

Le groupe lausannois est jeune, c'est un fait. Le manque d'expérience revient souvent dans les analyses des experts qui décryptent le LS cette saison. Pour Daniel Romano, il n'y a pas que l'aspect sportif qui entre en ligne de compte: «Le côté humain est tout aussi important que le sportif, selon moi, dans l'intégration des jeunes joueurs. Je pense que c'est un aspect à plus prendre en compte à l'avenir».

La victoire d'hier peut toutefois venir appuyer les arguments des dirigeants du LS depuis le début de saison, qui clament haut et fort que leur équipe a besoin de temps, et que les supporters doivent faire preuve de patience.

Mais dans un championnat aussi serré que la Super League, les équipes possèdent une marge d'erreur bien plus restreinte. Le ventre mou, qui permet de jouer sans pression, n'existe quasiment pas, et les joueurs sont en permanence sous pression. Le temps, réclamé ici par le LS, dans un championnat à dix équipes, peut vite se faire rare, tout comme les points. Prudence donc.

LS-GC, destin croisé?

Les deux derniers promus de Super League possèdent des similitudes. Leurs destins se sont croisés hier après-midi sur la pelouse de la Tuilière. Si les Vaudois ont pris le meilleur, le début de saison des Zurichois est mathématiquement plus rassurant.

Cameron Puertas, buteur, salue les supporters.
Cameron Puertas, buteur, salue les supporters.

De plus, GC s'est présenté à la Tuilière avec Giorgio Contini sur le banc, l'ancien entraineur du LS. Un coach qui connait très bien le football suisse et qui a déjà réussi à trouver son équilibre à Zurich, de même qu'une équipe type, ce qui fait défaut à Lausanne depuis le début de la saison.

En parallèle, ces deux clubs historiques vivent actuellement une «mutation» similaire: ils sont devenus des clubs partenaires d'écuries plus huppées, Nice pour Lausanne et Wolverhampton pour GC.

Ces stratégies, qui se normalisent dans le football, permettent aux petits clubs d'acquérir des joueurs en prêt à moindres coûts, mais également de pouvoir compter sur le savoir-faire et l'appui (parfois financier) du grand frère. Un soutien précieux après deux années de crise Covid et des années de soucis financiers (avec plusieurs faillites).

Si ces pratiques ont encore mauvaise réputation auprès des puristes, elles commencent à se répandre et pourraient bien devenir, à terme, complètement normalisées, comme dans le hockey sur glace où les «clubs fermes» font partie intégrante du système.

Une première victoire, synonyme d'espoir

Cette première victoire face à GC fait extrêmement de bien au LS. Mentalement, elle permet de souffler, mais également de répondre aux critiques. Sportivement, elle permet à Lausanne de quitter la dernière place.

Le club vaudois n'est par ailleurs pas du tout lâché au classement. Il pointe à seulement cinq unités de Servette, sixième. Le week-end prochain, Lausanne rendra visite à YB avant de jouer Aarau en Coupe, puis, surtout, de recevoir Lucerne et Lugano coup sur coup.

Après leur premier succès de la saison, tout comme après une promotion, les Lausannois devront donc enchainer, afin de confirmer et d'enfin accrocher le haut de classement, pour atteindre leurs différents objectifs. Car ne l'oublions pas, l'objectif d'Ineos à moyen-long terme est de faire du LS un club européen.

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