Le Brésil fait face à un énorme défi
En pleine traversée du désert 24 ans après son dernier sacre, le Brésil mise sur les qualités de meneur d'hommes de Carlo Ancelotti et le retour de Neymar pour entretenir l'espoir d'accrocher une sixième étoile à son maillot, lors de la Coupe du monde 2026. Le défi est immense.
La Seleçao a beau détenir encore le record de cinq Coupes du monde remportées, elle ne fait plus rêver comme aux temps de Pelé, Romario, Ronaldo ou Ronaldinho. Et ces dernières années ont été particulièrement chaotiques. Depuis le départ de Tite après l'élimination en quarts de finale de la Coupe du monde 2022, le Brésil avait vu défiler trois sélectionneurs avant l'arrivée d'Ancelotti.
Une arrivée dans un contexte difficile
Le technicien italien, qui était le premier choix de la Confédération brésilienne (CBF), a finalement été nommé au chevet d'une équipe moribonde il y a un an, remplaçant Dorival Junior après une déroute 4-1 face à l'Argentine. Commentateur de la chaîne ESPN, Leonardo Bertozzi explique:
Sur le terrain, «Carletto» a assuré l'essentiel: la qualification pour la Coupe du monde 2026, mais la Seleçao a montré ses limites, notamment lors du match amical contre la France fin mars (défaite 2-1). L'Italien a déclaré après l'annonce de sa liste finale pour le tournoi:
«Miser sur le collectif»
Une façon de s'adresser indirectement à Neymar, qu'il a fini par rappeler après plus de deux ans d'absence en équipe nationale. L'ancienne star du FC Barcelone et du Paris SG signe son grand retour à 34 ans pour jouer sa quatrième Coupe du monde, malgré des pépins physiques récurrents et des performances pas vraiment convaincantes avec Santos depuis son retour au bercail l'an dernier. Carlo Ancelotti a cependant insisté:
Le Brésil compte d'autres atouts offensifs comme Vinicius, Raphinha ou le jeune Lyonnais Endrick, mais cette décision de rappeler le meilleur buteur de l'histoire de la Seleçao (79 buts, deux de plus que Pelé) a été célébrée par de nombreux supporters qui ont crié comme si le Brésil avait marqué un but au moment de l'annonce de la liste.
Des interrogations autour de Neymar
Le choix ne fait cependant pas l'unanimité parmi les commentateurs brésiliens. Sur le site UOL, le journaliste vedette Mauro Cezar Pereira s'est dit «déçu qu'un entraîneur de premier plan ait cédé au lobby» pour la convocation de «Ney», qui défraye souvent la chronique en raison de ses dérapages extra-sportifs, mais est très apprécié par ses pairs. Tostao, champion du monde en 1970, a aussi réagi dans les colonnes du quotidien Folha de S. Paulo:
Ce retour a été favorisé par les absences sur blessure de joueurs comme Rodrygo ou Estevao, 19 ans, meilleur artilleur de la Seleçao sous la houlette d'Ancelotti, avec cinq buts en sept matches.
Eder Militao fera également défaut en défense, même si la charnière est composée des deux finalistes de la Ligue des champions Marquinhos (Paris SG) et Gabriel Magalhaes (Arsenal).
Toujours un adversaire respecté
«Le Brésil ne fait pas partie des grands favoris, mais je crois qu'il inspire toujours le respect», estime Leonardo Bertozzi. Il rappelle que lors des deux derniers titres remportés, en 1994 et en 2002, la Seleçao était également très critiquée avant la compétition, mais avait «su hausser son niveau de jeu au bon moment».
Les Brésiliens, qui entameront leur tournoi face au Maroc dans la nuit de samedi à dimanche dans le New Jersey (minuit heure suisse), rêvent d'imiter leurs aînés de 1994. Ceux-ci avaient mis fin à une disette de 24 ans lors d'un tournoi disputé aux Etats-Unis en battant en finale l'Italie d'un certain Carlo Ancelotti, alors assistant du sélectionneur Arrigo Sacchi. (btr/ats)
