Le probable adversaire de la Nati a un atout majeur
L'adversaire de la Nati en 16es de finale du Mondial se précise. Selon les calculs du site belge Klinkt, les Helvètes défieront l'Iran (90,3 % de chances) le vendredi 3 juillet à Vancouver (5h heure suisse).
Les Iraniens ont terminé troisièmes du groupe G, derrière la Belgique et l'Egypte. Pour que leur place en 16es de finale soit validée, il faut encore attendre les derniers matchs de poule des autres groupes. La Suisse sera définitivement fixée sur son adversaire dimanche matin.
Celui-ci sera donc très probablement l'Iran. Fait cocasse: la «Team Melli», son surnom, peut se qualifier sans avoir gagné un seul match. Elle a terminé cette phase de poules avec trois matchs nuls et trois points. Le goal-average, avec peu de buts marqués et peu de buts encaissés (3-3), reflète le style de jeu des Iraniens.
«Leur organisation défensive est un atout majeur», souligne le média World Soccer Talk.
Face à des adversaires habitués à dominer, la Team Melli défend avec un bloc bas particulièrement bien organisé. C'était le cas contre la Belgique (0-0), une équipe qui ressemble à la Suisse. L'Iran a «fermé le jeu en 5-4-1», s'est montré «hermétique» défensivement et a «joué les contres et les coups de pied arrêtés», décrit L'Equipe, qui parle également d'intentions offensives «minimalistes».
Fox Sports met aussi en avant cette rigueur tactique défensive iranienne, qui a fait merveille contre les Belges (zéro but encaissé):
Mais la Team Melli – «qui excelle dans la récupération du ballon haut sur le terrain», selon World Soccer Talk – ne fait pas que défendre. Quand elle se procure de rares occasions, elle a le talent pour les convertir. A l'image de son but – finalement annulé pour un très léger hors-jeu – contre la Belgique, «sur une superbe combinaison qui a ridiculisé la défense belge», écrit L'Equipe.
L'auteur de ce but non-valable? Mehdi Taremi, la star de cette sélection. L'avant-centre (33 ans), actuellement à l'Olympiakos et passé par l'Inter et Porto, est la pièce maîtresse offensive des Iraniens. Même s'il n'a pas encore marqué dans ce Mondial. The Guardian dresse un portrait élogieux de Taremi:
Un Iranien moins connu brille dans cette Coupe du monde, et sera à surveiller de près par la Nati: le latéral droit Ramin Rezaeian (36 ans). Il est le meilleur buteur de la Team Melli (deux buts, et une passe décisive) et domine plusieurs autres statistiques intéressantes, au sein de l'équipe: plus grands nombres de centres, de cassages de ligne (tentés et réussis) et de solutions offertes aux coéquipiers.
Un troisième homme se distingue dans cette formation: le gardien Alireza Beiranvand (33 ans). Celui qui dispute sa troisième Coupe du monde est en état de grâce en Amérique du Nord. A l'image de son arrêt exceptionnel face au Belge Maxim De Cuyper.
L'arrêt en vidéo
Des ressources mentales et une mission
Cette équipe d'Iran a aussi prouvé qu'elle a des ressources mentales, qui peuvent être décisives. Notamment de la résilience, en revenant deux fois au score contre la Nouvelle-Zélande (2-2). Et de l'abnégation: un but annulé et une barre transversale dans les arrêts de jeu contre l'Egypte, quand les Iraniens poussaient pour aller chercher la victoire et la deuxième place du groupe.
Et puis, en Amérique du Nord, les Iraniens sont en mission. Le contexte très tendu avec les Etats-Unis (la guerre, les problèmes de visas, l'obligation de déplacer son camp au Mexique) semble donner envie à la Team Melli de se surpasser. Les Helvètes affronteront des joueurs surmotivés.
Stérilité offensive et inexpérience
Malgré toutes ses qualités, l'Iran – 21e au classement Fifa – n'est pas un crack du football mondial, et la Nati (16e) part favorite. Si elle défend bien, la Team Melli est nettement plus empruntée quand il s'agit de faire le jeu. En moyenne, dans ce Mondial, elle n'a la possession que 37% du temps, ce qui fait d'elle l'une des équipes qui porte le moins le ballon (36e sur 48).
Une autre statistique prouve cette passivité en phase offensive: l'Iran n'est que 34e sur 48 quant au total de solutions offertes par des coéquipiers, c'est-à-dire les appels de balle. Et certaines sélections derrière les Iraniens dans ce classement n'ont pas encore joué leur dernier match de poule.
World Soccer Talk résume parfaitement les limites offensives des Iraniens:
A la Suisse, donc, de tout faire pour ouvrir le score. D'autant que même si les représentants de la Team Melli sont résilients et combatifs, ils sont inexpérimentés à ce stade de la compétition: ce duel contre la Suisse serait leur premier match dans une phase à élimination directe en Coupe du monde, en sept participations.
La Nati, elle, connaît ces matchs couperets. Elle en a joué contre l'Ukraine (2006), l'Argentine (2014), la Suède (2018) et le Portugal (2022). Mais elle n'en a plus gagné depuis... 1954. Sur le papier, elle sait comment corriger cela le 3 juillet à Vancouver, très vraisemblablement contre l'Iran.
