Le show offensif de la Nati appelle à la prudence
A l’extérieur, on prévoit du beau temps avec des températures pouvant atteindre 30 degrés. Et à l’intérieur de l’arène, il règne un microclimat porté par un anticyclone stable et dynamique. L’ambiance monte d’un cran à chaque match.
- 3-1 contre les Etats-Unis
- 4-2 contre la Lettonie
- 6-1 contre l'Allemagne
- 9-0 contre l'Autriche
D’autres démonstrations offensives sont à prévoir. Jeudi contre la Grande-Bretagne, puis samedi face à la Hongrie, un seul défi attend une équipe au potentiel offensif aussi élevé que celui de la Suisse: inscrire au moins dix buts. La Nati domine toutes les statistiques imaginables: plus grand nombre de buts, meilleur jeu de puissance (taux de réussite de 50%), plus grande efficacité.
Le dernier véritable test avant les quarts de finale n'aura lieu que mardi prochain, lors du dernier match de la phase de poules, contre la Finlande. L'enjeu sera alors la première ou la deuxième place du groupe.
Cette splendeur n'a rien de nouveau. Depuis des années, les Suisses enchaînent les victoires en phase de poules du Mondial. Le 9-0 contre l'Autriche était déjà le 29e succès sur les 32 derniers matchs disputés. La Nati est depuis longtemps championne du monde de la phase de groupes. Championne du monde des beaux jours. Championne du monde des matchs d’opérette. Championne du monde des illusions offensives. Mais jamais encore véritablement championne du monde.
Ce 9-0 n’est pas un record. La plus large victoire jamais enregistrée au Mondial reste le 23-0 contre la Yougoslavie, le 4 février 1939 à Zurich. Et devinez quoi: malgré toute cette splendeur, nous n’étions pas devenus champions du monde (médaille de bronze).
Aussi impressionnant, voire enthousiasmant, que puisse être le spectacle offert durant la phase de groupes, c’est ce qui se passe ensuite qui compte vraiment. La tempête suisse qui avait tout emporté sur son passage s’est chaque fois calmée au plus tard en finale, les deux dernières ayant été perdues contre la République tchèque (2-0) et les Etats-Unis (1-0 après prolongation). A chaque fois, il a manqué au moment décisif précisément ce qui semblait jusque-là disponible en abondance: un but.
Le spectacle offert par les Suisses à Zurich semble plus abouti, plus précis et plus convaincant que lors de n’importe quelle autre édition. Quiconque décrit ces matchs, quiconque cherche les mots pour raconter ce déluge toujours plus intense d’occasions et de buts doit toutefois faire preuve de prudence. D’abord parce qu’il est nécessaire de garder suffisamment de superlatifs, au cas où un premier titre mondial serait remporté. Ensuite parce que le passé nous a trop souvent rappelé que la météo pouvait brutalement changer au fil de la compétition. Méfiance, donc.
Et puis, peut-être que la clé de ce premier titre mondial ne réside pas dans l’attaque. Peut-être que ce ne sont pas les neuf buts qui constituent le principal enseignement du match contre l’Autriche, mais bien le chiffre zéro. Mercredi, contre l'Autriche, Leonardo Genoni a conservé sa cage inviolée pour la 13e fois en carrière au Championnat du monde. Il a ainsi dépassé la marque de Jiří Holeček. La légende tchécoslovaque a été triple championne du monde (1972, 1976, 1977). Le titre mondial reste le défi ultime pour Genoni.
C’est peut-être la formule pour remporter le titre: des buts à l’avant, et surtout, le zéro à l’arrière. Une domination offensive et Leonardo Genoni dans les cages. Du spectacle d’un côté, un contrôle absolu de l’autre. Comme lors de la victoire 9-0 contre l’Autriche.
