Sport
Hockey sur glace

Hockey: Tristan Scherwey peut sauver la saison du CP Berne

Hockey: Tristan Scherwey peut sauver la saison du CP Berne
Tristan Scherwey est de retour aux affaires.Image: KEYSTONE

Ce Fribourgeois peut sauver la saison du CP Berne

Le destin des Ours cette saison repose sur un vieux lion, qui s’est réveillé juste à temps samedi pour éliminer le HC Bienne: le Fribourgeois Tristan Scherwey.
16.03.2026, 12:0016.03.2026, 12:00
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

Il existe des joueurs qui ont un statut de star et qui pourtant n'influencent ni leur équipe ni leur club. Parfois ils sont en forme, parfois non, mais au fond, cela ne change pas grand-chose. Leur présence modifie à peine les résultats.

Et puis il y a des joueurs comme Tristan Scherwey, qui nous épargnent de longues analyses sur les raisons des succès et des échecs. Parce que tout se résume à une seule question: dis-moi comment va Tristan Scherwey et je te dirai où en est le CP Berne.

Qui d’autre que lui?

Le joueur évolue dans la capitale depuis 2006, et depuis 2010, il existe «le facteur Scherwey». Lors des grandes soirées, il apporte sur la glace toutes les qualités qui font le véritable esprit du CP Berne: la dureté, la passion, l’émotion, la ténacité, le dévouement, l’enthousiasme, l’obstination, l’intelligence et, donc, le succès.

Lorsqu’il a prolongé son contrat de sept ans en 2019, le plus long à l’époque de notre hockey, il ne s’agissait pas vraiment d’une prolongation, mais plutôt d’une évidence. Qui d’autre, sinon lui, pouvait incarner ce club?

Le CP Berne n’a jamais bâti ses succès dans l’élégance légère d’un papillon. Ce n’est que lorsque la passion et l’énergie nourrissent le talent et la tactique que le club bernois devient grand. Et qui incarne cette passion et cette énergie? Tristan Scherwey!

«Je viens de très loin»

Longtemps cette saison, Scherwey n’a été que l’ombre de lui-même. Il pouvait appuyer aussi fort qu’il voulait sur l’accélérateur: le moteur ne répondait pas. Et lorsqu’il a enfin inscrit son deuxième but après 22 matchs, il a lâché une phrase qui en disait plus que toutes les statistiques: «Je viens de très loin».

Scherwey est très sollicité après les matchs.
Scherwey est très sollicité après les matchs.image: dr

Il venait de payer le prix de son engagement généreux. Au printemps dernier, le double vice-champion du monde en 2018 et 2024 avait même renoncé à la campagne mondiale de la Nati, son épaule le faisant souffrir. Après toutes ces années, toutes ces collisions, tous ces coups propres à son style de jeu, son corps porte désormais les marques comme un vieux lion porte ses cicatrices.

«Bien sûr, je vieillis», dit-il, investissant dans les muscles, la stabilité, la récupération et la patience. Mais cela ne suffit plus pour tenir la glace de septembre à mars. Tristan Scherwey, 34 ans, doit désormais choisir ses moments, concentrer ses forces et son énergie. Comme pour ce match contre Bienne, samedi soir. Un rendez-vous couperet: une défaite et la saison était terminée.

Un formidable bilan

Et voilà que nous avons revu le vrai, l’authentique Tristan Scherwey. Ou plutôt: nous l’avons vécu. Le voir sur la glace est une expérience. Statistiquement, son rôle se résume vite. En saison régulière, il a récolté 0,24 point par match. Un chiffre aussi glacial qu’une soirée de janvier à la PostFinance Arena. Mais lors de ce match décisif contre Bienne, remporté 4-0, il a préparé deux buts: deux passes décisives, agrémentées de quatre minutes de pénalité et d’un formidable bilan de +2.

Sur les buts du 1-0 et du 3-0, le vétéran du CP Berne a déposé le puck avec une précision telle sur la crosse de Marco Müller que celui-ci a confié ensuite qu’il n’a eu aucun mal à marquer après une passe aussi merveilleuse. Tristan Scherwey, chef de meute, avec plus de charisme et d’influence sur le jeu que n’importe qui, rend ses coéquipiers meilleurs.

Scherwey n’est pas du genre à expliquer. Il agit. Dans les périodes de crise, il n’aime pas servir des amuse-bouches froids au buffet des défaites. Il n’a jamais été l’homme des explications après les échecs. S’il parle, il préfère évoquer les solutions et le prochain match plutôt que de gaspiller son énergie avec des «aurait», «pourrait» ou «devrait».

Tristan Scherwey (SCB), oben, kaempft gegen Nathan Vouardoux (LHC), unten, beim Eishockey Meisterschaftsspiel der National League zwischen dem SC Bern, SCB, und dem Lausanne HC, LHC, am Freitag, 17. O ...
Tristan Scherwey prenant le dessus sur Nathan Vouardoux (LHC) lors d'une bagarre.image: Keystone

Lorsque le CP Berne déraille, ce sont d’autres qui parlent: des diplomates comme Simon Moser ou Ramon Untersander, capables d’analyser les défaites et, si nécessaire, de les enjoliver comme des politiques commentant une crise gouvernementale. C’est pourquoi il existe à Berne une règle simple: dis-moi si, après le match, tout le monde veut parler avec Tristan Scherwey, et je te dirai à quel point les Ours ont été bons.

«Il y a toujours quelque chose qui fait mal»

Après ce 4-0 contre Bienne, qui prolonge la saison du CP Berne, tout le monde voulait entendre ce qu’il avait à dire. Pas parce qu’il est soudain devenu un orateur, mais parce qu’il est redevenu celui qu’il a toujours voulu être, mais qu'il ne peut plus être toute la saison: le chef de meute d’un club qui ne vit pleinement que lorsqu’un joueur montre la voie, avec passion et émotion. Avec cette vieille foi bernoise selon laquelle le hockey dépend parfois moins du talent et de la tactique que du cœur.

Lorsqu’on lui demande s’il est désormais en forme et sans douleur, il répond: «Je me sens très bien. Mais après un match, il y a toujours quelque chose qui fait mal». C’est tout à fait normal: celui qui donne tout, qui se jette devant les tirs, encaisse et distribue des mises en échec, finit toujours par ressentir une douleur quelque part.

En cette fin de saison, la réussite du CP Berne, sa capacité à dominer les Lakers et à aller plus loin encore, repose donc sur un seul élément: «le facteur Scherwey».

Plus tard, bien après le match, on nous a posé une question: «Où en serait Gottéron si Scherwey était resté à Fribourg?» Voilà une très bonne question. A l’été 2006, les Bernois avaient subtilisé à Fribourg-Gottéron un junior fougueux, qui venait de totaliser 46 points en 28 matchs et d’écoper de 80 minutes de pénalité. Son nom: Tristan Scherwey.

Entre-temps, il est devenu cinq fois champion avec le CP Berne. Gottéron attend toujours son premier titre. Et un joueur de ce calibre.

Plus d'articles sur le sport
Un «retour historique» se prépare aux Paralympiques
Un «retour historique» se prépare aux Paralympiques
Les coachs suisses sont victimes d'un changement
Les coachs suisses sont victimes d'un changement
de Klaus Zaugg
Une situation cocasse a fâché les fans de rugby
Une situation cocasse a fâché les fans de rugby
Marco Odermatt explose (presque) tous les compteurs
1
Marco Odermatt explose (presque) tous les compteurs
de pascal vogel
La deuxième division du hockey suisse va vivre une révolution
1
La deuxième division du hockey suisse va vivre une révolution
de Klaus Zaugg
«Dans l'ombre de l'UTMB, les trails romands souffrent»
«Dans l'ombre de l'UTMB, les trails romands souffrent»
de Julien Caloz
«Le coach de Tottenham a fait une faute professionnelle»
«Le coach de Tottenham a fait une faute professionnelle»
de Yoann Graber
Une sale fréquentation éclabousse un équipier de Pogacar
Une sale fréquentation éclabousse un équipier de Pogacar
de Romuald Cachod
Une spécificité du calendrier rend Bodø/Glimt dangereux
Une spécificité du calendrier rend Bodø/Glimt dangereux
de Romuald Cachod
Voici les pires frasques de Gianni Infantino
1
Voici les pires frasques de Gianni Infantino
de Stefan Wyss
On en a la chair de poule
On en a la chair de poule
de Yoann Graber
Ce club portugais fait trembler les grands d'Europe
Ce club portugais fait trembler les grands d'Europe
de Julien Caloz
Sepp Blatter «Trump est malade, et Infantino lui ressemble»
Sepp Blatter «Trump est malade, et Infantino lui ressemble»
de François Schmid-Bechtel et Sebastian Wendel
Newcastle peut profiter d'un défaut insolite de son stade
Newcastle peut profiter d'un défaut insolite de son stade
«Honteux!»: la décision de cet arbitre de tennis fait polémique
«Honteux!»: la décision de cet arbitre de tennis fait polémique
de Yoann Graber
La pétanque suisse prend une mesure insolite pour aller aux JO
La pétanque suisse prend une mesure insolite pour aller aux JO
de Yoann Graber
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
1
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
de Romuald Cachod
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
de Yoann Graber
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
2
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
de Yoann Graber
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
de Sebastian Wendel
Cette Romande est une championne ultime
Cette Romande est une championne ultime
de Julien Caloz
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
de Yoann Graber
Le pilote le plus capé de la F1 n’est pas celui que l’on croit
Le pilote le plus capé de la F1 n’est pas celui que l’on croit
de Nicolas basquez
Blessures, conflit familial, soucis d’argent: Dominic Stricker se livre
Blessures, conflit familial, soucis d’argent: Dominic Stricker se livre
de simon hÄring
Un scandale de tricherie secoue la course à pied suisse
Un scandale de tricherie secoue la course à pied suisse
de Simon häring
Le rugby suisse est à 80 minutes d'un exploit historique
Le rugby suisse est à 80 minutes d'un exploit historique
de Romuald Cachod
La guerre en Iran met la Fifa dans l'embarras
2
La guerre en Iran met la Fifa dans l'embarras
de Sebastian Wendel
Marianne Fatton a un lien spécial avec la Patrouille des Glaciers
Marianne Fatton a un lien spécial avec la Patrouille des Glaciers
de Julien Caloz
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
de Yoann Graber
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
1
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
de Klaus Zaugg
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
1
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
de Romuald Cachod
Incendie dramatique à Chiètres (FR)
1 / 14
Incendie dramatique à Chiètres (FR)

Un car postal a brûlé le 10 mars 2026 à Chiètres, dans le canton de Fribourg.

source: dr
partager sur Facebookpartager sur X
C'est le grand retour des années 2000
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
«Dans l'ombre de l'UTMB, les trails romands souffrent»
La course Saillon–Ovronnaz risque de disparaître. L’ex-président de son comité d’organisation pointe l’influence du circuit UTMB, qui concentre l’intérêt de nombreux trailers au détriment des petites épreuves régionales.
La course Saillon-Ovronnaz aura-t-elle lieu comme prévu en avril 2027? Ce n'est pas sûr du tout. Le comité d'organisation (CO) de l'épreuve valaisanne vient de démissionner en bloc, selon une information révélée par Le Nouvelliste et confirmée à watson par l'ex-président du CO Christophe Luisier, joint par téléphone.
L’article