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Djokovic a peur du vaccin: il n'a plus confiance en la médecine

Le Serbe refuse les opérations. Selon lui, l'amour de soi renforce le système immunitaire et remplace la médecine. Mais comment Novak Djokovic en est-il arrivé à développer une relation obsessionnelle avec son corps, au point de rejeter le vaccin contre le Covid-19?
15.01.2022, 09:5515.01.2022, 10:09
Simon Häring / CH Media

Pour comprendre pourquoi Novak Djokovic est réticent à l'égard du vaccin contre le Covid, il faut remonter au début de sa carrière déjà. Des problèmes respiratoires, des crampes, des ballonnements et des diarrhées l'ont contraint à abandonner plusieurs matchs. Aucun médecin ne pouvait l'aider, alors Djokovic a perdu confiance en la médecine traditionnelle.

Mais ça, c'était avant que l'actuel numéro un mondial rencontre Igor Cetojevic, spécialiste de médecine alternative. En 2010, cet homme au bouc poivre et sel découvre le mal qui ronge Djokovic: le gluten, une protéine qu'on trouve principalement dans les céréales. Djokovic ne la supporte pas.

Igor Cetojevic, lunettes de soleil et bouc poivre et sel, dans la loge de Djokovic à Madrid en 2011.
Igor Cetojevic, lunettes de soleil et bouc poivre et sel, dans la loge de Djokovic à Madrid en 2011.Bild: IMAGO/Cordon Press/Miguelez Sports

Cetojevic a établi son diagnostic en demandant au tennisman de poser sa main gauche sur son ventre, d'étendre son bras droit et de le maintenir contre lui lorsque le médecin le poussait vers le bas. Lors d'une deuxième tentative, Cetojevic a placé un morceau de pain sous la main gauche de son patient.

Depuis, Djokovic se nourrit sans gluten. Il boit de l'eau chaude, du thé à la réglisse ou des shakes protéinés à base de petits pois. Au menu, outre les avocats, il consomme des noix de cajou et du miel de Manuka, importé de Nouvelle-Zélande.

Des larmes après l'opération

Le «Djoker» a aussi banni le café et le chocolat. Dans son livre Serve To Win, il décrit un planning alimentaire de 14 jours qui promet une exaltation physique et mentale. C'est un guide qui invite à l'ascèse.

Depuis cette rencontre décisive avec Igor Cetojevic, Djokovic croit aux capacités d'auto-guérison du corps. Ainsi, il a repoussé une opération du coude droit pendant un an, jusqu'à ce qu'il passe finalement sous le bistouri en 2018, dans une célèbre clinique bâloise. Pour la première fois de sa vie.

Dans les jours qui ont suivi, il a éclaté en sanglots à plusieurs reprises, comme il l'a raconté au Daily Telegraph:

«Chaque fois que j'y pensais, j'avais l'impression d'avoir échoué»
Novak Djokovic, à propos de son opération forcée du coude
Djokovic à l'entraînement à Melbourne.
Djokovic à l'entraînement à Melbourne.Bild: keystone

D'eau toxique à eau bénite

Au printemps 2020, Djokovic déclarait: «Je suis contre la vaccination. Je veux pouvoir décider moi-même de ce qui est le mieux pour mon corps.» Alors que son attitude critique envers la médecine conventionnelle se renforçait, il s'est tourné vers l'ésotérisme. Lors d'une conversation sur Instagram avec l'alchimiste autoproclamé Chervin Jafarieh, le Serbe a confié qu'avec la force de l'esprit, il était possible de transformer de l'eau toxique en eau aux vertus curatives.

Djokovic et Jafarieh sont allés haut dans leur nirvana spirituel ce jour-là. Pour eux, l'amour de soi remplacerait tous les médicaments, renforcerait le système immunitaire et libérerait de toute addiction – au tabac, à l'alcool, mais surtout à l'angoisse perpétuelle dans laquelle nous, humains, vivons et qui constituerait une distraction par rapport à l'essentiel: la recherche de l'harmonie et de l'équilibre parfaits entre la spiritualité et la science. Autrement dit, les gens auraient perdu le lien avec leur corps. Djokovic avançait:

«Nous sommes autant de l'énergie que de la chimie. Nous, les humains, sommes des êtres électriques»
Novak Djokovic

«L'œuf de Djokovic»

Dans sa quête de perfection, l'homme aux vingt titres du Grand Chelem (à égalité avec Federer et Nadal) continue de chercher des méthodes qui pourraient le rendre encore meilleur. Après son premier jour de liberté à Melbourne, il s'est par exemple installé dans une coquille, qui permet de simuler les conditions d'oxygène en altitude.

Cet objet a coûté 75'000 francs et il est appelé «l'œuf de Djokovic». Il a été critiqué en 2006 par l'Agence mondiale antidopage (AMA), qui lui reproche «une violation de l'esprit du sport», mais il n'est pas interdit.

Une anecdote qui s'est passée à Melbourne montre à quel point la santé est devenue obsessionnelle chez le numéro un mondial. Lors de sa détention au Park Hotel, Djokovic a exigé, par l'intermédiaire de ses avocats, qu'un cuisinier privé lui prépare des repas vegans, l'une des premières mesures voulues par le champion.

Adaptation en français: Yoann Graber

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