L'attaquant romand de la Nati brille malgré une anomalie
Dan Ndoye est devenu en un an la principale menace offensive de l'équipe de Suisse, malgré une situation compliquée en club. Le Vaudois veut maintenant rugir dans la plus grande des compétitions.
On a l'impression qu'il est là depuis longtemps. Et pourtant, Dan Ndoye (31 sélections, 8 buts) s'apprête à vivre sa première Coupe du monde à 25 ans. L'explication est simple: depuis sa première titularisation avec le maillot suisse, le 21 novembre 2023 (une défaite 1-0 en Roumanie), l'enfant de Saint-Prex n'a jamais lâché sa place dans le onze de départ, hormis lorsqu'il avait été laissé au repos face au Kosovo en novembre dernier (1-1).
L'Allemagne, un détonateur
Tout le monde se souvient de son but à l'Euro 2024 contre l'Allemagne (1-1). C'était la première fois que Dan Ndoye rugissait sous le maillot rouge et blanc et sortait les griffes devant les photographes, pour sa célébration fétiche.
Il a ensuite fallu attendre un peu pour voir la nouvelle star du football romand faire à nouveau trembler les filets avec la Suisse. Un an, soit jusqu'à la tournée américaine de juin 2025, lors de laquelle il avait marqué face au Mexique et aux Etats-Unis.
Le Constantin grec comme dirigeant
Ces deux buts couronnaient alors une belle saison à Bologne, celle de la confirmation, marquée par un sacre en Coupe d'Italie. Et précédaient un transfert pour environ 40 millions de francs suisses – un record pour un Romand – à Nottingham Forest, en Angleterre. Dan Ndoye était lancé.
Mais tout ne s'est pas passé comme prévu pour sa première saison en Premier League, le championnat le plus relevé au monde. Le Vaudois le confirme depuis San Diego, où la Suisse s'est préparée à disputer la Coupe du monde:
Le climat entourant le club deux fois champion d'Europe (1979 et 1980) n'est toutefois de loin pas le plus calme. Son riche propriétaire et président, le Grec Evangelos Marinakis, est du genre à renvoyer les entraîneurs à tour de bras.
Dan Ndoye a ainsi évolué sous les ordres de quatre coachs différents cette saison: Nuno Espirito Santo (viré en septembre), Ange Postecoglou (octobre), Sean Dyche (février) et Vitor Pereira, lequel a finalement assuré le maintien dans l'élite anglaise.
Un phare dans la grisaille
Dans ce contexte mouvementé, le virevoltant ailier a progressivement perdu sa place de titulaire, pas aidé non plus par une blessure au tournant de l'année. Il n'empêche, son bilan statistique est décevant: seulement deux buts et deux passes décisives en 37 matches, toutes compétitions confondues.
Malgré tout, Dan Ndoye a été l'un des principaux artisans de la belle campagne de qualification de la Suisse pour le Mondial: double passeur contre le Kosovo et buteur face à la Slovénie en septembre, puis encore un «pion» et un assist lors de la venue de la Suède à Genève. Chaque appel de Murat Yakin a été comme un phare dans la grisaille des Midlands. Il assure:
Son association avec Breel Embolo et Ruben Vargas sur le front de l'attaque suisse a fait ses preuves. Sa vitesse et sa capacité à prendre la profondeur – aperçues sur ses deux derniers buts contre la Jordanie et l'Australie durant la préparation – en font un joueur indispensable à l'équipe de Suisse.
Une attache au Sénégal
La polyvalence du Vaudois est aussi l'une des raisons derrière la confiance presque sans faille que lui accorde le sélectionneur. Il est aussi capable d'évoluer comme piston, lorsque Yakin opte pour une défense à trois. Tout en étant conscient d'être meilleur lorsqu'il se rapproche du but adverse, Dan Ndoye explique:
Avant de devenir un cadre de Murat Yakin, Dan Ndoye aurait aussi pu défendre les couleurs du Sénégal. Il a finalement préféré la Suisse aux Lions de la Teranga, mais sa célébration ne cesse de rappeler son attache au pays de son père, Saliou. Un rugissement qu'il espère faire retentir dès samedi face au Qatar (21h00 en Suisse):
(btr/ats)
