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Jack Hughes: la nouvelle icône dans l'Amérique de Trump

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«Jack Hughes for President»: voici la nouvelle icône du rêve américain

Hormis les fans de hockey sur glace, tout le monde découvre Jack Hughes, le héros de la finale des JO face au Canada. Le Wall Street Journal en fait son «président». Ce que ce prodige de 24 ans nous dit des Etats-Unis et du rêve américain.
24.02.2026, 18:5325.02.2026, 09:04

C’est quelle Amérique, ça? Celle de Kennedy, de Nixon, de Reagan, de Clinton, de Bush, d’Obama? Celle du Vietnam? Celle de l’Irak? Un peu de tout cela à la fois. Les succès, les faillites. En revanche, pas sûr que ce soit celle de Trump. Traduction: on n’a pas envie que ce soit celle de Trump, qui prononcera la nuit prochaine le très attendu discours sur l'état de l'Union.

Hughes-Chalamet

Ça, c’est Jack Hughes, le héros de la finale du tournoi olympique de hockey sur glace, dimanche face au Canada. Le but en or du 2 à 1, dans les prolongations, qui donne la victoire aux Etats-Unis, c’est lui. Les States are back, 46 ans après les JO de Lake Placid. En pleine guerre froide, ils avaient battu l’URSS sur le score de 4 à 3.

On assiste rarement à la naissance en direct d’une icône. Ici, tout y contribue. Marrant que ça coïncide avec le phénomène Marty Supreme au cinéma. La jeunesse, le culot. Chalamet-Hughes, Hughes-Chalamet.

Il n’y a pas photo: seuls les Américains sont capables de fabriquer du rêve occidental. A quoi ça tient? L’absence de complexe, la force. Tout ce qu’on n’a pas. Alors on prend. Comme on prend Jack Hughes et sa dent cassée pendant le match contre les Canadiens. Une légende est en marche. La photo de ce gamin de 24 ans ivre de bonheur avec une incisive en moins fait le tour du monde. Gueule d’ange en prime.

Ce lundi, ce mardi, les Américains sont heureux. Jack Hughes leur raconte une histoire qui leur fait du bien. A vue de nez, on est plus chez les Républicains que chez les Démocrates. Pour résumer, pas vraiment chez Bad Bunny. Le prodige des Devils du New Jersey est un produit de la «domination blanche», diraient des militants antiracistes. Pas faux, mais l'argument a ses limites.

Si Clint Eastwood pouvait encore...

Un cinéaste pour s’emparer du personnage? Le grand Clint Eastwood. Malheureusement, c’est un peu tard, dommage. En tout cas, celui ou celle qui s’y collera à Hollywood aura de l’or entre les mains. On ne vous l’a pas dit? Jack a un frère hockeyeur, Quinn, 26 ans, et dimanche, les frérots étaient ensemble sur la glace de Milan. Le scénario s'écrit sous nos yeux.

Les deux frangins

Jack et Quinn Hughes.
Jack et Quinn Hughes.image: capture

L’histoire que raconte Jack Hughes aux médias au terme d’une finale épique, bannière étoilée sur les épaules, zozotant un poil à cause de sa dent brisée, c’est celle du patriotisme. D'abord la version originale:

«This is all about our country right now. I love the USA. I love my teammates. It’s unbelievable. The U.S. are a hockey brotherhood. It’s so strong and we had so much support from ex-players. I’m so proud to be American today.»
Jack Hughes

En français:

«Tout cela dit tellement sur notre pays. J'aime les Etats-Unis. J'aime mes coéquipiers. C'est incroyable. Les Etats-Unis sont une fraternité du hockey. Elle est très forte et nous avons reçu beaucoup de soutien de la part d'anciens joueurs. Je suis très fier d'être américain aujourd'hui.»
Jack Hughes

«Jack Hughes for President»

Il aurait pu se contenter de la dernière phrase. Elle fait amplement le job. Elle a emballé le prestigieux Wall Street Journal à la ligne à la fois libérale et conservatrice. «Jack Hughes for President», c’est le titre de l’éditorial, qui savoure la victoire américaine des hockeyeurs et celle des hockeyeuses. Vainqueurs 2 à 1, elles aussi dans les prolongations, face, là encore, au Canada, les filles ont décliné une invitation à la Maison-Blanche, prétextant un agenda chargé.

Ce que le Wall Street Journal salue en Jack Hughes, «c’est son patriotisme sans complexe, aussi inspirant que son but décisif (…)». Vous voyez arriver la pique à Donald Trump? La voici:

«Il ne fait aucun doute que cette défaite face aux Etats-Unis fait plus de mal aux Canadiens dans un contexte marqué par les attaques chauvines et inutiles du président Trump contre leur souveraineté.»
Wall Street Journal

Le message est clair: Jack Hughes, lui, est un type bien.

Est-ce qu’on s’emballe? Jack Hughes est en tout cas bien parti pour la gloire et les millions en plus de ceux qu’il a déjà. Mais ce n’est pas l’argent qui fait rêver chez ce gars-là, né à Orlando, en Floride, dans une famille juive accro au sport, le père comme la mère. C’est l’image qu’il renvoie, plutôt vintage, en fait, avec ses cheveux longs et sa casquette à l’envers. Au hasard, l'Amérique des 80’s, celle d’Outsiders et de Rusty James de Coppola, avec les Matt Dillon, Rob Lowe et Mickey Rourke à l’aube de leur carrière. Cette équipe des Etats-Unis est habitée de cette nostalgie américaine, qui fait oublier Trump sans rien sacrifier des «valeurs» – les MAGA n'ont pas dit leur dernier mot.

Les parents

Ellen et Jim Hughes.
Ellen et Jim Hughes.image: capture

Plus que tout, l'hymne entre blues et country que se sont choisi les champions olympiques de hockey sur glace pour accompagner leur campagne victorieuse à Milan en dit beaucoup sur cette Amérique des petits bleds et des paysages infinis qui fait rêver au-delà des Etats-Unis. Puisé dans le rock sudiste 70’s du groupe Lynyrd Skynyrd*, Free Bird, tout un programme, vous rend définitivement cool et un brin envieux.

Free Bird, de Lynyrd Skynyrd, à partir de 4min45 pour l'«hymne», sinon à écouter en entier car c'est génial.

*Le groupe Lynyrd Skynyrd, auteur du tube «Sweet Home Alabama», a été décimé dans un accident d'avion survenu en 1977. Il a été reformé dix ans plus tard par le frère du chanteur décédé dans l'accident.

- Paradise Season 2 Trailer
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