On a trouvé le sport «le plus stupide du monde»
Depuis 2025, la RNC, qui n'était au départ qu'un simple défi sur les réseaux sociaux, a connu une ascension fulgurante. Le sport vise désormais le grand public. Preuve de cet engouement: le récent événement organisé au Hordern Pavilion de Sydney, d'une capacité de 5 500 spectateurs, affichait complet.
Les règles de la RNC sont rudimentaires: deux athlètes sprintent l'un vers l'autre avec pour seul objectif de projeter l'adversaire au sol. Des directives précises encadrent toutefois les zones du corps pouvant être percutées.
Si ce sport fascine de plus en plus de fans, les experts tirent la sonnette d'alarme, notamment face aux risques de commotions cérébrales. Certains médias n'hésitent d'ailleurs pas à le qualifier de «sport le plus stupide au monde».
La«Run Nation Championship», c'est ça 👇
Mais encore...
Une neurologue réclame l'interdiction de la discipline
Le rugbyman australien Lochlan Piper fait partie des athlètes ayant participé à cette deuxième édition à Sydney. Pour lui, la fascination réside dans le duel pur: «Il n'y a pas d'euphorie particulière, du moins pas à mes yeux... c'est comme pour un boxeur ou un combattant. C'est juste vous contre l'autre», a-t-il confié à la chaîne Australian Broadcasting Corporation (ABC).
De son côté, la neurologue du sport, Dre Rowena Mobbs, appelle à l'interdiction pure et simple de la discipline. Elle prévient dans le reportage d'ABC:
Tremaine Fernandez, cofondateur et PDG de Run Nation, assure pourtant que la RNC est bien plus sûre que les versions non réglementées du passé. Les collisions frontales, causes fréquentes de commotions, sont désormais interdites. Il précise:
Malgré ces efforts, la critique reste vive. Selon la Dre Mobbs, la RNC serait une réaction au renforcement des règles de sécurité dans les sports établis comme la NRL (la ligue de rugby australienne). «Nous avons vu comment les changements de règles ont réduit les risques de blessures répétées à la tête», note-t-il.
Des mesures de sécurité jugées insuffisantes
Les organisateurs affirment travailler en étroite collaboration avec Your Brain Health, un réseau de médecins spécialisés dans la prévention pour les sports de contact. «Si une blessure survient, nous avons deux médecins sur le terrain pour évaluer la situation et intervenir», explique Fernandez.
Mais pour la Dre Mobbs, cela ne suffit pas : «À chaque impact, il y a presque certainement au moins une lésion cérébrale microscopique.» Selon elle, même les meilleures mesures de sécurité ne peuvent éliminer les risques fondamentaux inhérents à ce sport. Les responsables rappellent toutefois que les athlètes bénéficient d'assurances spécifiques en cas de blessures graves.
Les organisateurs de la RNC insistent sur le fait que les athlètes sont couverts par des assurances et une protection contre les accidents du travail en cas de blessure grave. Lochlan Piper souligne d'ailleurs que les protocoles de sécurité et les critères de sélection sont bien plus stricts que tout ce qu'il a pu connaître dans les ligues de rugby semi-professionnelles.
