Le stade du match d'ouverture a une histoire folle
Quel autre temple du football peut se targuer d'avoir vu s'écrire en son sein parmi les plus grandes pages de l'histoire des Coupes du monde? Flashback sur trois matchs de légende joués au stade Azteca à Mexico, l'enceinte qui accueille le match d'ouverture de ce Mondial 2026, ce jeudi (21h) entre le Mexique et l'Afrique du Sud. Avec Pelé, Maradona et Beckenbauer au casting.
Le «match du siècle»
Du spectacle, des buts et une dramaturgie comme seul le foot peut en offrir. En ce 17 juin 1970, l'Italie et l'Allemagne de l'Ouest (RFA) disputent une demi-finale épique durant la prolongation, arrachée par Karl-Heinz Schnellinger auteur de l'égalisation dans le temps additionnel, 82 minutes après l'ouverture du score de Roberto Boninsegna.
Le fameux «catenaccio» finit par sauter, après avoir longtemps découragé des Allemands déjà plombés par la blessure de Franz Beckenbauer, qui s'est disloqué la clavicule droite à la 70e. Malgré la douleur, «Der Kaiser» reste sur la pelouse, sans quoi la Mannschaft, ayant déjà procédé à ses deux changements, se serait retrouvée en infériorité numérique.
Les 30 minutes supplémentaires sont folles, les deux équipes se rendent coup pour coup. Gerd Müller donne l'avantage à la RFA, Tarcisio Burgnich égalise, Gigi Riva remet l'Italie devant, mais Müller y va d'un doublé pour le 3-3. Et seulement 20 secondes après, Gianni Rivera, fautif sur l'action précédente, se rachète en prenant Sepp Maier à contre-pied à dix minutes du terme.
Au bout de l'épuisement, la Nazionale assure sa présence en finale, mais l'image qui restera est celle d'un vaincu valeureux, Beckenbauer, le bras en écharpe, strappé contre le torse. Entré dans la légende, il est pourtant loin de se douter que l'Azteca lui réservera une autre désillusion 16 ans plus tard.
Pelé en lévitation
Tant de moments exaltants ont animé la finale du Mondial 1970, largement remportée 4-1 le 21 juin par le virevoltant Brésil aux dépens de l'Italie épuisée, qui avait jeté toutes ses forces dans la bataille en demi-finale contre la RFA.
Il y eut tous ces mouvements collectifs de grande classe, avec à la baguette cinq no 10 – Gerson, Rivelino, Jairzinho, Tostao, Pelé – alignés sur la pelouse de l'Azteca, déroulant une symphonie fantastique, à l'image du 4e et dernier but offert à Carlos Alberto. Un chef d'œuvre démarré comme sur un air de samba, avec les déhanchés du milieu défensif Clodoaldo s'amusant à dribbler quatre Italiens au départ de l'action.
Le but de Carlos Alberto en vidéo
Mais ce dont tout le monde se souvient plus encore, c'est la partition parfaite de Pelé pour ses adieux à la Coupe du monde. Le temps a semblé s'arrêter à la 18e quand il s'est élevé si haut, si longtemps, pour catapulter le ballon dans les filets adverses et ouvrir le score, suscitant l'ébahissement des 107 412 spectateurs présents.
Egalement auteur de deux passes décisives dans cette finale rêvée, le «Roi» a fini par être porté en triomphe à l'issue du succès de la Seleçao. Jusqu'à ne plus toucher terre, fort d'un troisième sacre après 1958 et 1962.
La «main de Dieu»
Dieu et diable, Diego Maradona fut les deux à la fois dans l'Azteca le 22 juin 1986, lors du quart de finale victorieux face à l'Angleterre 2-1. Une dualité qui s'est manifestée en l'espace de quelque 250 secondes.
Pour inscrire le premier but à la 51e minute, il y a mis toute sa malice, sa main gauche coupant un ballon aérien promis au gardien Peter Shilton pour mourir dans le but, sans que l'arbitre n'aperçoive l'acte de tricherie. «Je l'ai mis un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu», déclarera l'intéressé à l'issue du match.
Pour marquer le second à la 55e, il y a mis tout son génie, son pied gauche dribblant tour à tour cinq joueurs anglais dont Shilton pour pousser le ballon au fond des filets, au bout d'une chevauchée fantastique démarrée de son camp.
Ce but exceptionnel, en vidéo
Et la folie de s'emparer de l'Azteca, jusqu'au journaliste d'une radio argentine Victor Hugo Morales, en transe au moment de commenter l'action:
Auteur d'un doublé contre la Belgique (2-0) en demi-finale, «El Diez» reste muet en finale contre la RFA, mais offre à Jorge Burruchaga le but du titre (3-2) au grand dam de... Franz Beckenbauer, sélectionneur de la Mannschaft décidément maudit à Mexico City.
(ats/yog)
