Chers clubs suisses, arrêtez de vous plaindre!
Pour la première fois depuis 23 ans, aucun club suisse ne disputera cette saison ni la Ligue des champions ni la Ligue Europa. Avec Lugano et Thoune, seules deux formations ont réussi à se qualifier pour la Conference League, le troisième échelon européen. Aux côtés d’équipes venues d’Andorre et de Gibraltar. A titre de comparaison, la Norvège sera représentée par deux clubs en Ligue des champions: Bodø/Glimt et le Viking FK Stavanger.
Cette année, cet échec peut s’expliquer par des responsables dépassés par les événements (Thoune), des rois de la simulation (Saint-Gall) ou des adversaires tout simplement trop forts (Sion). Mais le déclin des clubs suisses sur la scène européenne se poursuit depuis plusieurs années et n’est pas le fruit du hasard. Il devrait dès lors pousser les dirigeants des clubs à changer de mentalité.
Leur premier argument pour expliquer pourquoi la Suisse perd du terrain: les droits TV seraient trop faibles. Mais plutôt que de se plaindre et de jouer les victimes, les clubs feraient mieux de s’imposer une véritable autocritique. Eux seuls sont responsables du produit qu’ils cherchent à vendre. Oui, la concurrence du ski alpin et du hockey sur glace est forte. Mais en Norvège, où les clubs perçoivent trois fois plus de revenus, la situation est la même, avec le ski nordique et le handball.
Il serait souhaitable que les pépites locales bénéficient à nouveau de davantage de considération. Leur temps de jeu en Super League et en Challenge League stagne à un niveau faible, tandis que celui des jeunes étrangers recrutés à des fins spéculatives est en hausse. Privilégier la voie inverse permettrait au public de mieux s’identifier, donnerait davantage de sens aux millions investis dans les centres de formation et améliorerait les perspectives de la Nati, fer de lance du football suisse, qui risque de devoir revoir ses ambitions à la baisse si le vivier continue de diminuer.
