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Elizabeth Deignan a triomphé au terme d'une échappée de plus de 80 km mais n'a pas été récompensée à sa juste valeur par les organisateurs.
Elizabeth Deignan a triomphé au terme d'une échappée de plus de 80 km mais n'a pas été récompensée à sa juste valeur par les organisateurs.
Image: AP

Paris-Roubaix a offert une prime ridicule à sa championne

La première édition féminine de la mythique classique a été superbe, samedi après-midi, mais ses organisateurs n'ont versé que 1535 euros à la lauréate. C'est 20 fois moins que chez les garçons.
02.10.2021, 19:3003.10.2021, 09:21
Julien Caloz
Julien Caloz
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L'ouverture des portes de «l'Enfer du nord» (le surnom de la course) aux femmes a été saluée par beaucoup comme une magnifique reconnaissance du cyclisme féminin, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire pour considérer ce peloton de surdouées à sa juste valeur. Sinon la lauréate britannique Elizabeth Deignan n'aurait jamais perçu un chèque de 1535 euros de la part des organisateurs après sa démonstration sur les pavés, mais une somme plus proche des 30 000 euros que touchera le vainqueur masculin de la course ce dimanche.

Certes, l'épreuve féminine est moins longue (116,4 km contre 258 pour les garçons), le montant des droits TV moins élevé et le chèque de 1535 euros conforme au minimum requis par l'Union cycliste internationale (UCI). Il n'empêche que les organisateurs auraient pu faire un geste; par exemple le même qu'ils font tous les ans aux garçons, puisque les 30 000 euros que le vainqueur perçoit correspondent à un montant 50% supérieur à celui exigé par l'UCI.

C'est finalement l'équipe d'Elizabeth Deignan qui a comblé l'écart entre les deux sexes. La Trek Segafredo a annoncé après la course qu'elle allait verser une prime spéciale à sa championne pour qu'elle reparte avec un gain total de 30 000 euros.

Un chèque qui récompense le double triomphe de la Britannique, à la fois sur ses adversaires (elle est partie dans un raid sensationnel à plus de 80 km de la ligne d'arrivée) et sur les éléments. L'épreuve s'est disputée dans des conditions difficiles, la pluie et la boue rendant les secteurs pavés particulièrement glissants.

Plusieurs coureuses ont d'ailleurs chuté, dont la Bernoise Marlen Reusser (abandon/l'autre Suissesse Elise Chabbey a pris la 50e place).

Ceci n'est pas du cyclo-cross

Image: Instagram

Le peloton masculin ne sera pas mieux loti ce dimanche puisque de la pluie est annoncée jusqu'à 14h. Il aura en revanche plus de raisons de se réjouir lors de la remise des prix.

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