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Mondiaux 2026: Mathieu van der Poel s’attaque à l’impossible

LUXEMBOURG, LUXEMBOURG - SEPTEMBER 16: Stage winner Mathieu Van Der Poel of Netherlands and Team Alpecin - Premier Tech crosses the finish line during the 86th Skoda Tour de Luxembourg 2026, Stage 1 a ...
«MVDP» en démonstration sur le récent Tour du Luxembourg.Image: getty

Mathieu van der Poel s’attaque à l’impossible

Le Néerlandais Mathieu van der Poel martèle qu’il ne sera pas champion du monde, dimanche à Montréal, la faute à un parcours trop exigeant pour lui. Il n’a pas tort. D’un autre côté, il semble aussi avoir tout mis en place pour réussir le plus grand exploit de sa carrière.
26.09.2026, 07:0526.09.2026, 07:05

En l’absence de Tadej Pogacar, blessé, la course en ligne des Mondiaux de cyclisme sur route, dimanche à Montréal, semble plus ouverte que jamais. Il faut dire que le Slovène, double champion du monde en titre, était une nouvelle fois le grandissime favori de l’épreuve, disputée sur un tracé taillé pour lui.

Au Canada, les coureurs parcourront 273,7 kilomètres et graviront un total de 3803 mètres de dénivelé positif. Ils escaladeront plus d’une dizaine de fois la Voie Camillien-Houde (1,6 kilomètre à 7,7%) et le Chemin de la Polytechnique (400 mètres à 8%), sans compter ce faux plat montant qui, à chaque tour de circuit, précédera le passage sur la ligne d’arrivée.

Le profil de la course en ligne élite hommes.
Le profil de la course en ligne élite hommes.image: uci

Avec un tel profil, le parcours des Championnats du monde 2026 se range inévitablement du côté des Ardennaises. Non seulement il approche les 4400 mètres de dénivelé annoncés à Liège, mais il ressemble en plus au tracé de l’habituel GP de Montréal, remporté ces dernières saisons par des grimpeurs-puncheurs tels que Tadej Pogacar, Adam Yates et Isaac Del Toro.

Dans ce contexte, les noms de Remco Evenepoel, Paul Seixas et Isaac Del Toro, justement, reviennent le plus souvent au jeu des pronostics. Mathieu van der Poel et Wout van Aert sont cités seulement après. Ils auraient sans doute préféré courir non loin de là, à Québec, où le Grand Prix annuel présente un profil plus doux et sourit davantage aux Flahutes, la preuve avec les victoires de Michael Matthews, Arnaud De Lie et Peter Sagan.

«MVDP» semble lui-même convaincu que le parcours des Mondiaux est trop dur pour lui. «L’absence de Pogacar ne change pas grand-chose pour moi. Je pense que ce sera encore un peu trop difficile. Vous avez vu les coureurs qui étaient à l’avant dimanche? (réd: au GP de Montréal)», a-t-il déclaré auprès du Het Laatste Nieuws.

Est-ce là une lecture froide et réaliste de la situation? Ou au contraire une manœuvre pour se défaire de la pression? Pour se débarrasser de la pancarte de favori? Ce n’est pas vraiment le genre de la maison. Mathieu van der Poel doit certainement s’attendre à souffrir dimanche et à être lâché. De nombreux observateurs pensent comme lui.

Ses adversaires auraient cependant tort de le sous-estimer. Et pour cause: le Néerlandais n’est jamais aussi fort que sur les courses d’un jour, a fortiori lorsque la distance dépasse les 270 kilomètres. Il s’est aussi astreint à une préparation rigoureuse, preuve qu’il n’a pas encore rendu toutes les armes.

epa10787783 Mathieu van der Poel of the Netherlands wins the Men's Elite Road Race at the UCI Cycling World Championships 2023 in Glasgow, Britain, 06 August 2023. EPA/ROBERT PERRY
Mathieu van der Poel a déjà remporté les Mondiaux. C’était en 2023, à Glasgow.image: Keystone

Afin de mieux passer les bosses, «MVDP» a perdu un peu plus de deux kilos par rapport à la saison des classiques printanières. Une perte qui, selon lui, «fait une grande différence». Il avait déjà agi ainsi avant les Mondiaux de Zurich, disputés il y a deux ans sur un autre parcours très accidenté (4470 mètres de dénivelé positif). Résultat: le coureur de la formation Alpecin-Premier Tech avait décroché la médaille de bronze, derrière Tadej Pogacar et Ben O’Connor, mais devant Remco Evenepoel, réglé au sprint, et des puncheurs ou grimpeurs comme Ben Healy, Enric Mas et Romain Bardet.

A l’évocation de la course en Suisse, van der Poel tient toutefois à tempérer les attentes: «Je pense que le parcours est légèrement différent de celui de Zurich, qui comportait beaucoup de dénivelé, mais pas une seule et longue ascension comme celle de Montréal cette année», dit-il, rappelant ainsi que ses difficultés s’accentuent à mesure que les ascensions se prolongent. Selon lui, la Voie Camillien-Houde pourrait finir par lui être fatale.

Mais tout le monde n’est pas de cet avis. Ancien flahute, ce qui ne l’a toutefois pas empêché de remporter le GP de Montréal, Greg Van Avermaet croit aux chances de Mathieu van der Poel. Il avance même plusieurs arguments dans les colonnes du Het Laatste Nieuws, sans même évoquer l'absence de Pogacar:

  • «MVDP» est l’un des coureurs les plus intelligents en course. Il saura bien se placer quand il le faudra et attaquer au bon moment.
  • Il est aussi l’un des coureurs les plus techniques du peloton. Il saura frotter lorsqu’il le devra et prendre les meilleurs virages sur un parcours nord-américain fait de nombreuses relances.
  • L’équipe néerlandaise sera par ailleurs à son service, quand la Belgique, faisant figure de favorite, devra gérer la cohabitation entre Evenepoel et van Aert.
  • La principale difficulté reste plus courte et moins exigeante que certaines côtes de Liège-Bastogne-Liège, une course qu'il a déjà terminée à la troisième place, rappelons-le. «C’est une montée de 3 minutes 30. C’est quelque chose que Mathieu doit pouvoir gérer en pleine forme.»

Et justement, en pleine forme, Mathieu van der Poel l’est. Dimanche dernier, lors de la traditionnelle dernière étape du Tour du Luxembourg, toujours aussi redoutable (177 kilomètres / 3083 mètres de dénivelé), le coureur de l’équipe Alpecin-Premier Tech s’est imposé après un raid solitaire de 175 kilomètres, le deuxième plus long au 21e siècle. Il avait remporté la première étape de la boucle luxembourgeoise cinq jours plus tôt, pour son retour à la compétition sur route depuis son numéro sur les Champs.

Finalement, voir Mathieu van der Poel devenir champion du monde dimanche à Montréal n’aurait rien d’une immense surprise. Ce sacre constituerait pourtant le plus grand exploit de sa carrière.

L'incendie qui a frappé un site de l'entreprise Thévenaz-Leduc à Ecublens (VD)
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L'incendie qui a frappé un site de l'entreprise Thévenaz-Leduc à Ecublens (VD)
source: sda / salvatore di nolfi
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