Pourquoi les footballeurs se bandent les poignets
Vous l'aurez peut-être remarqué: beaucoup de footballeurs à la Coupe du monde jouent avec des poignets bandés. Alors même qu'ils n'ont pas de blessure – annoncée, en tout cas – à cet endroit. Certains se bandent les deux poignets, d'autres un seul, et parfois les bandages englobent même une partie de la main.
En équipe de Suisse, au moins quatre joueurs sont concernés: Breel Embolo, Ruben Vargas, Dan Ndoye et Zeki Amdouni. C'est aussi le cas des superstars portugaise Cristiano Ronaldo et égyptienne Mohamed Salah. D'ailleurs, la proportion de footballeurs égyptiens bandés aux poignets a étonné les fans de foot, y compris dans la rédaction de watson. Spoiler: ça n'a rien à voir avec les momies.
Non, si les Pharaons et de nombreux autres footeux portent ces bandelettes à cet endroit spécifique, c'est pour d'autres raisons. A commencer par un besoin de soigner cette partie du corps. Cela peut paraître contre-intuitif, puisque le football se joue avec tout sauf les bras. Et pourtant. «On voit beaucoup de joueurs arriver avec des douleurs chroniques au poignet», explique un kinésithérapeute sportif, cité par le Times et repris par Ouest-France.
Malgré ce qu'on peut croire, les mains et bras des footballeurs sont souvent sollicités: dans les duels ou les chutes. De quoi causer quelques bobos. En maintenant l'articulation, un bandage neutralise la douleur et évite que la blessure empire. Il sert aussi de protection, même quand il n'y a pas encore de blessure.
«Si tu ne fais pas un vrai bandage, qui vient tourner autour du pouce (comme le fait Embolo, par exemple), ça n'aura aucun impact en cas de chute», précise toutefois dans L'Equipe Iuri Annecchiarico, un thérapeute et membre du staff du Sénégal.
Pour les footballeurs qui gardent leur strapping (le terme anglais) même quand ils ne sont pas blessés, il y a un effet psychologique. L'impression de performer davantage avec. C'est ce que raconte le jeune défenseur de Monaco Christian Mawissa dans L'Equipe:
Le foot pro actuel est en recherche constante de petits détails, ces fameux gains marginaux, qui permettent de créer un petit avantage. A écouter un expert anglais cité par Ouest-France, ces bandages en font partie:
Mimétisme, rituel et messages à passer
La superstition est également omniprésente dans le sport de haut niveau, y compris le football. On ne serait donc pas étonnés d'apprendre que certains joueurs utilisent leur strapping comme grigri. Ou alors comme marque de fabrique. Dans les deux cas, on a en tête Karim Benzema: blessé à un doigt en 2019, l'ex-attaquant du Real Madrid a depuis toujours gardé son bandage à la main, alors même que sa blessure semble être de l'histoire ancienne.
Une part de mimétisme explique aussi cette tendance: des jeunes footballeurs qui copient leurs idoles – Benzema, par exemple –, sans forcément savoir pourquoi. Un agent de joueurs français souligne dans L'Equipe:
Fait intéressant: ce sont apparemment surtout des footballeurs à des postes offensifs qui se bandent les avant-bras. Pas étonnant: les défenseurs sont réputés plus sobres, moins tape-à-l'œil, dans leur jeu comme dans leur look.
Le Sénégalais Sadio Mané a beau être un attaquant, c'est surtout pour une raison mentale qu'il se strappe, comme en témoigne Iuri Annecchiarico:
Il y a encore d'autres raisons plus pragmatiques. Pour Cristiano Ronaldo, se bander le poignet permet de dissimuler (légalement) un bracelet connecté, car les rubans adhésifs autres que ces bandages «médicaux» sont interdits. Même chose pour des bijoux, par exemple.
Ces bandages servent également parfois de supports aux footballeurs pour y écrire des messages, pour soi ou à destination du public: des pense-bêtes, des psaumes ou encore des mots de soutien à un coéquipier. Et bientôt de la pub?
En tout cas, on serait ravis de lire «Champions du monde 2026» sur les bandages d'Embolo, Vargas, Ndoye ou Amdouni après ce Mondial.
