Grogne au Mondial: des fans huent les «pauses fraîcheur»
La FIFA a introduit des «hydration breaks» pour le tournoi aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique en guise de prévention des fortes chaleurs attendues. Le jeu est stoppé pendant trois minutes, au mitan de chaque période.
Ces coupures sont habituelles au pays du baseball, du basket NBA et du football américain, qui offrent aux diffuseurs plus de fenêtres publicitaires et donc des revenus supplémentaires, mais elles heurtent la sensibilité des amoureux du football tel qu'il a toujours été pratiqué.
Lundi, des huées sont tombées des travées durant la première pause de la rencontre entre l'Espagne et le Cap-Vert, dans le stade climatisé et au toit fermé d'Atlanta. Idem la veille durant Suède-Tunisie à Monterrey.
Cette innovation introduite au nom de la santé des joueurs fait grincer des dents car elle casse l'élan, d'une part, mais aussi pour le fondement mercantile que certains lui prêtent.
Selon les pays, les usages varient. En France, «M6» et «BeIn» diffusent des publicités pendant une partie de la pause tandis qu'en Angleterre, le royaume du football, «ITV», pourtant chaîne commerciale, a choisi de rester à l'antenne. Dans les stades, les supporters patientent ou s'impatientent pendant que des groupes de musique ou des cheerleaders s'activent.
Coïncidence ou non, la dynamique des matches a parfois changé de manière nette immédiatement après une pause fraîcheur. Autrement dit, elle tombe à pic pour une équipe en train de souffrir.
La première coupure durant le match entre l'Allemagne et Curaçao, dimanche dans le stade fermé et climatisé de Houston, a aussi profité à la Mannschaft qui venait de concéder une inattendue égalisation.
C'est une des conséquences de ces coupures: les entraîneurs les utilisent très majoritairement pour passer leurs consignes aux joueurs, tandis que ces derniers s'hydratent. Comme en NBA lorsque les entraîneurs demandent des temps-morts.
L'attaquant marocain de Sunderland, Shamseddine Talbi, juge lui que «les pauses fraîcheur, c'est une bonne chose». Et il a résumé le sentiment général, samedi après avoir contrarié le Brésil (1-1) à East Rutherford, où l'air était chaud (29° au coup d'envoi) et sec:
