Un match de patrons!
Face à leur ancien sélectionneur Vladimir Petkovic, les Suisses ont assumé leur statut et leurs ambitions pour enfin remporter un match à élimination directe dans une Coupe du monde moderne. Oui, il ne s'agissait «que» d'un 16e de finale, mais cette victoire acquise grâce à des buts de Breel Embolo (10e) et Dan Ndoye (46e) permet aux Helvètes d'exorciser certains démons de leur histoire récente.
Après trois compositions plutôt conservatrices, Murat Yakin avait cette fois opté pour un onze résolument offensif. Johan Manzambi en soutien du trio Ndoye-Embolo-Vargas: on peut dire que le sélectionneur lâchait les chevaux pour ce premier match à élimination directe.
Ce sont pourtant les Algériens qui ont allumé la première mèche, Rafik Belghali adressant un centre qu'a laissé passer Riyad Mahrez. A la réception, Houssem Aouar manquait sa reprise, mais un premier frisson traversait le BC Place et la défense helvétique (5e).
Un peu crispés, les Suisses ont dû attendre la 10e minute pour poser le pied sur le ballon, et pas beaucoup plus de temps pour ouvrir le score. Lancé par Ruben Vargas, Manzambi profitait des généreux espaces laissés par les Fennecs pour s'envoler jusque dans la surface, avant d'enrhumer Aïssa Mandi et de livrer une offrande pour Embolo, lequel avait suivi l'action dans les 5,5 m algériens (10e). Le remarquable bilan statistique de Manzambi prend toujours plus d'ampleur: trois buts et deux passes décisives en deux matches et demi de Coupe du monde.
Cinq minutes plus tard, c'est encore le phénomène genevois qui boutait le feu à la défense des Verts. A la conclusion, Denis Zakaria, qui retrouvait le poste de latéral droit, n'a toutefois trouvé que les gants de Luca Zidane (15e).En contrôle jusqu'à la 40e, la Suisse a ensuite laissé l'Algérie se montrer dangereuse avant la mi-temps. Gregor Kobel a dû s'employer pour capter une frappe trop écrasée de Farès Chaibi (43e), puis fut tout heureux de voir le talentueux Ibrahim Maza (20 ans) manquer assez largement le cadre, malgré une position favorable (45e+2).
Tombée à point nommé, la pause a permis aux hommes de Murat Yakin de retrouver leurs esprits. Et comme face au Canada (2-1) dans le même stade, ils ont entamé la deuxième période de la meilleure des manières. En faisant trembler les filets. Il avait fallu 40 secondes à Vargas huit jours plus tôt pour faire la différence. Dan Ndoye en a pris six de plus jeudi pour marquer le 2-0. Sur un centre mal renvoyé par la défense algérienne, le Vaudois a pris son temps pour placer le ballon hors de portée de Zidane et marquer son premier but en Coupe du monde (46e).
A l'origine de l'action, on retrouvait Zakaria. Et le Genevois a encore été décisif quelques instants plus tard pour contrer un tir très dangereux de Riyad Mahrez sur une contre-attaque des Fennecs (50e). Une intervention salutaire qui permettait aux Suisses de rester à l'abri.
L'objectif est procheBien dirigés par un Granit Xhaka qui fêtait sa 150e sélection, les Suisses ont ensuite fait usage de leur expérience pour conserver leur avantage jusqu'au coup de sifflet final. Ils auraient même pu l'aggraver sans un immense raté de Fabian Rieder. Déjà contré in extremis par Rafik Belghali à la 75e, le remplaçant bernois (entré en cours de match avec Noah Okafor) a manqué l'immanquable, le but grand ouvert devant lui (82e).
Ce loupé sans conséquence n'empêchera pas la troupe de Yakin de prolonger son séjour à Vancouver. Elle y défiera mardi la Colombie ou le Ghana pour une place en quart de finale, son objectif annoncé. Si elle affiche le même sérieux que contre l'Algérie, la Suisse pourra vraiment croire à l'exploit. (jcz/ats)
