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La Nati de hockey a toutes les cartes pour briser la malédiction

Switzerland's player listen to the national anthem during the 2026 IIHF Men's Ice Hockey World Championship Semifinal game between Switzerland and Norway, at the Swiss Life Arena ice hockey  ...
La Nati est toujours invaincue dans «son» Mondial.Image: keystone

La Nati de hockey a toutes les cartes pour briser la malédiction

La Suisse a déjà perdu plusieurs finales de Championnat du monde mais celle de dimanche soir (20h20) sera différente.
31.05.2026, 07:0231.05.2026, 07:02
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

Un retour historique permet de mieux saisir l’enjeu de la finale 2026. Depuis sa prise de fonction à l’automne 2015, Patrick Fischer a progressivement appris aux Suisses à atteindre le sommet. Un peu rêveur, mais surtout visionnaire, l'ancien coach a insufflé une grande ambition à la culture du hockey helvétique, condition indispensable pour réaliser de grandes choses. Sous sa direction, les Suisses sont devenus plus rapides, plus audacieux et plus courageux. Ils ont disputé trois finales (2018, 2024, 2025) et même s'ils les ont toutes perdues, ils n'ont jamais cessé de progresser.

Peu avant le Mondial, alors que Patrick Fischer a été éclaboussé par l’affaire du faux certificat Covid et que Jan Cadieux a pris les rênes plus tôt que prévu, quelques doutes sont apparus. Le charismatique a laissé sa place au pragmatique, le prophète au réaliste.

Switzerland's Headcoach Jan Cadieux leaves the rink after a training of team Switzerland in the practice rink in the Swiss Life Arena in Zuerich, Switzerland on Wednesday, 13. May 2026. (KEYSTONE ...
Jan Cadieux avant le début du Championnat du monde.Image: keystone

Jan Cadieux n’est pas l’homme qui réinvente le hockey. Il est celui qui parachève ce que Patrick Fischer a commencé. L’élan, la confiance et l’élégance de jeu de l’ère Fischer sont toujours là. Mais lors des matchs contre la Suède (3-1 en quart) et la Norvège (6-0 en demi) à Zurich, quelque chose de nouveau est apparu : la Suisse joue avec plus de sérieux. Elle n'est pas plus ennuyeuse, ni plus défensive. Juste plus mature. Comme un étudiant talentueux qui finit par comprendre que la virtuosité seule ne suffit pas pour réussir ses examens.

En phase de groupes, les Suisses ont virevolté comme des papillons lors d’une soirée d’été pour remporter sept victoires en autant de matchs.

La beauté du jeu s’accompagne désormais, et contrairement à 2013, 2018, 2024 et 2025, de dureté et d’une maturité jamais vue. Contre la Suède en quart, les Suisses n'ont pas seulement joué avec force: ils ont évolué de façon intimidante. Le vieux préjugé selon lequel la Suisse serait trop « gentille » pour devenir championne du monde n'est plus d'actualité.

Face aux Norvégiens, les Helvètes ont dû affronter un deuxième test majeur, celui de l’humilité. La chute aurait pu être vertigineuse, peut-être la plus douloureuse jamais imaginée dans l’histoire du sport collectif suisse : manquer la finale à domicile face au courageux «outsider» norvégien. Sur le papier, ce match ressemblait à un piège, non pas tactique, mais psychologique: l’adversaire semblait abordable, le match déjà gagné… et pourtant, il restait possible de tout perdre sur la glace.

La grande qualité de Jan Cadieux? Avoir fait en sorte que les Suisses ne sous-estiment jamais les Norvégiens. Que la situation ne devienne jamais dramatique. Les Suisses ont traité leurs adversaires avec respect, avec sérieux. Ils ont d’abord travaillé avec patience pour prendre l'avantage. Pas d’arrogance. Pas de spectacle. Pas de risque inutile. Mais une concentration maximale et des émotions parfaitement maîtrisées.

Pour devenir champion du monde, il faut apprendre à accomplir avec rigueur les tâches les plus modestes. Et voilà les Suisses à nouveau là où ils ont déjà été quatre fois : en finale. Mais cette fois, rien n’est plus comme en 2013, 2018, 2024 et 2025.

  • La finale de 2013 sous Sean Simpson était totalement inattendue, survenue après un fiasco au Mondial 2012 (l’humiliante défaite contre la France (2-4) avait coûté aux Suisses les quarts de finale). Avant le début du tournoi, personne n’aurait osé rêver, et encore moins parler, d’un titre mondial. En finale, les certitudes et l'énergie ont fini par manquer, et malgré une avance de 1-0, les Suisses se sont retrouvés impuissants face à la Suède.
  • C'est lors de la finale de 2018 que les Suisses se sont approchés le plus près du titre: ils avaient peiné durant la phase de groupes, mais la victoire en quart contre les Finlandais leur avait donné des ailes. Après le triomphe sensationnel en demi-finale contre le Canada, ils s'étaient retrouvés en finale face aux arrogants Suédois et avaient mené le match jusqu’aux tirs au but.
  • A Prague lors de la finale 2024, les Suisses n’ont jamais sous-estimé les Tchèques et ont joué, pour la première fois, le titre mondial sur un pied d’égalité. Ils ont perdu un match équilibré (0-2). Le deuxième but est tombé seulement après que Patrick Fischer a remplacé le gardien par un sixième joueur de champ. Pour la première fois, la Suisse était considérée comme un prétendant crédible au titre.
  • Lors de la finale 2025, les Suisses ont perdu contre les États-Unis, qu’ils avaient pourtant battus 3-0 en phase de groupes, alors qu’ils étaient les favoris secrets. Pour la première fois, une profonde déception et une légère résignation se sont installées. Le rôle de favori a entraîné une certaine passivité, et les Suisses n’ont tout simplement pas été assez durs face aux Nord-Américains.

La finale de 2026 est différente à tous points de vue: le titre mondial à domicile est le seul objectif qui compte. Pour la première fois, les Suisses ont montré, dès la phase de groupes puis en quart contre la Suède et en demi contre la Norvège, toutes les qualités nécessaires pour devenir champions du monde. Et jamais la Suisse n’avait statistiquement disposé de meilleurs joueurs offensifs, jamais elle n’avait été aussi équilibrée tactiquement.

Le pragmatique Jan Cadieux n’a pas fait disparaître les émotions, l’héritage romantique de son prédécesseur. Il a simplement donné un socle à son groupe. Il a transformé l’enthousiasme en discipline, le talent en fiabilité, l’espoir en opportunité. Il a façonné une équipe animée d’un feu froid, prête à décrocher sa première couronne mondiale.

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source: swissmilk
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