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Lara Gut-Behrami (à droite) et Michelle Gisin (à gauche) ont été interviewées par la RTS vendredi.
Lara Gut-Behrami (à droite) et Michelle Gisin (à gauche) ont été interviewées par la RTS vendredi.Image: RTS
Jeux olympiques

Nos championnes ont aussi été géniales au micro de la RTS

Lara Gut-Behrami (or) et Michelle Gisin (bronze) n'ont pas seulement brillé sur la piste du super-G vendredi. Elles ont aussi été sincères, lucides et touchantes lors des interviews. Extraits.
11.02.2022, 06:4211.02.2022, 09:41
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Après avoir séché ses larmes et appelé sa famille restée au Tessin, Lara Gut-Behrami est revenue au micro de la RTS sur les moments qui ont précédé sa victoire, ces longues minutes à patienter dans l'aire d'arrivée en espérant que personne ne la devance. «Ce n'était pas simple, a-t-elle dit. J'ai déjà vécu ce genre de moments par le passé et je ne les aime pas.»

Ce premier aveu donnait le ton. Il était immédiatement suivi d'un autre. «Je n'étais pas convaincue à 100% de ma manche. C'était beaucoup plus simple à skier que pendant la reconnaissance. J'avais peur que me performance ne soit une nouvelle fois pas suffisante, que je doive encore m'incliner pour un dixième seulement. En plus, j'avais perdu beaucoup de temps sur le plat final. J'étais décidément plus nerveuse à l'arrivée qu'au départ.»

«J'étais bloquée physiquement»

Lara Gut-Behrami le sait, elle revient de loin. Cette saison, elle a eu le Covid, elle a été malade, elle a chuté à Saint-Moritz. Vit-elle aujourd'hui le plus beau jour de sa carrière? Elle ne le dit pas, préférant l'analyse aux émotions.

«Les difficultés étaient différentes cette année. En général, il y a de la fatigue. Mais cette fois, c'était des choses inconnues. Après le géant, j'étais à nouveau bloquée physiquement, je n'avais pas vraiment de sensations sur les skis, et ça n'était pas seulement parce que ce sont les JO. C'est juste que les sensations ne sont pas toujours à 100%, ça vient, ça part. Quand je trouve mes repères, j'arrive à enchaîner, et c'est ce qui m'a manqué cette saison. Après le géant cette semaine à Pékin, réussir à retrouver la facilité sur les skis et gagner l'or, c'est exceptionnel.»

Cette victoire la fait entrer dans une autre dimension, celle des plus grands athlètes de son sport.

Le journaliste Julien Thorens, à qui l'on doit ces magnifiques témoignages, a logiquement voulu savoir si le fait de marquer l'histoire compter pour la Tessinoise. Mais Lara Gut-Behrami était incapable de se projeter aussi loin. «Je ne comprends pas vraiment ce qui est en train de se passer. Je réaliserai après la saison.»

La championne de 30 ans veut se laisser du temps pour savourer. Ce temps qu'elle ne s'est pas toujours accordée.

«Un de mes plus grands défauts dans ma carrière, c'est de n'avoir pas toujours réalisé ce que j'étais en train de faire (sous-entendu: de réussir). J'ai eu besoin que ma famille, mon mari, me le répètent souvent pour trouver du relâchement sur les skis, et commencer à gagner des médailles d'or. Avant je cherchais, j'essayais de m'inventer des choses. Désormais, le fait d'être plus tranquille au départ, de me rendre compte que je peux gagner, mais que j'ai déjà réussi à faire des choses pas mal avant, ça aide.»

Gisin: «Il faut arrêter d'être un bébé»

Médaillée de bronze, Michelle Gisin a aussi été superbe devant la caméra, expliquant les doutes qui l'ont escortée jusque sur le podium. «Je me disais que j'allais être battue, que les autres allaient me devancer», a-t-elle reconnu.

Et puis finalement non

Lara Gut-Behrami et Michelle Gisin
Lara Gut-Behrami et Michelle GisinImage: KEYSTONE

Elle aussi revient de loin. Affaiblie par la mononucléose, elle a raconté toutes les fois où elle était scotchée sur son canapé, et ce qui l'a aidée: «J'adore le tennis. J'ai regardé Belinda (Bencic) et Viktorija (Golubic) jouer incroyablement bien. Elles m'ont donné beaucoup d'émotion et de force.»

Elle a aussi été cherchée en elle «la force mentale pour revenir», selon un processus qu'elle décrit sans fioritures:

«À un moment (après sa décevante dixième place en géant lundi), je me suis dit: ''Il faut arrêter d'être un bébé et se concentrer désormais sur la vitesse''. Je suis fière de moi, fière d'avoir été compétitive, de ne pas avoir été déçue de manquer la médaille en géant lundi après tout un été sans entraînement. Quand je marchais un kilomètre, je devais m'arrêter trois fois. J'aurais tout donné pour être aux Jeux olympiques à ce moment-là.»

Sa mononucléose lui a fait voir les choses autrement. «Dans le portillon de départ, je me dis juste que je suis la fille la plus heureuse du monde, que c'est trop bien et que je veux être libre.»

Ceux qui connaissent Michelle Gisin ont beaucoup de chance, mais l'inverse est aussi vrai: la skieuse se dit reconnaissante d'être si bien entourée. «Tout le monde est si gentil avec moi, je ne sais pas si j'ai mérité ça! Quand on travaille avec une athlète qui a passé tout l'été sur son canapé, normalement on se dit: «Ouais on fait tranquille». Mais personne n'a accepté ça dans l'équipe.»

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