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La moitié des volleyeuses refuse le vaccin, le VBC La Suze sombre

L'équipe du jura bernois (1re ligue) est en fâcheuse posture, car elle ne peut plus compter sur ses antivax, le Conseil fédéral n'autorisant la pratique qu'aux joueuses vaccinées ou guéries. Du coup, celles qui attrapent le Covid sautent de joie: une fois rétablies, elles pourront enfin retrouver les terrains et aider leurs coéquipières.
18.01.2022, 19:0419.01.2022, 06:09
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Le VBC La Suze s'est incliné sèchement en trois sets contre Cheseaux II le week-end dernier. Un tel revers aurait été embêtant pour un candidat à la montée, mais cela fait plusieurs semaines que les filles du Jura bernois n'ont plus cette ambition. 9es de leur championnat, elles espèrent désormais se maintenir en 1re ligue. «On visait bien mieux que ça. Nous sommes passées d'un immense objectif à pas grand-chose», reconnaît la joueuse et assistante Mandy Wigger.

Le classement actuel

Il reste 9 matchs à disputer. Le VBC La Suze obtiendrait son maintien en gagnant un rang et en terminant 8e. S'il reste à la 9e place, il devra passer par les matchs de barrage contre un champion de 2e ligue.
Il reste 9 matchs à disputer. Le VBC La Suze obtiendrait son maintien en gagnant un rang et en terminant 8e. S'il reste à la 9e place, il devra passer par les matchs de barrage contre un champion de 2e ligue.

Tout a basculé le 20 décembre, lorsque le Conseil fédéral a annoncé que la pratique du volley ne pouvait se faire que pour les personnes vaccinées ou guéries. Le problème, c'est que «la moitié de l'effectif imérien refuse de se faire vacciner», nous dit Mandy Wigger, elle-même réticente à la piqûre. Résultat: le VBC La Suze a dû reporter 2 matchs avant de retrouver le terrain sans certaines de ses meilleures joueuses, et de se faire étriller par Cheseaux.

Cette défaite, tout le monde la voyait venir. «Nous ne sommes que 6 ou 7 aux entraînements, rapporte Wigger, guérie du virus et donc apte au service. On est trop peu nombreuses pour travailler les différentes phases de jeu et organiser des séances spécifiques.»

Mandy Wigger est une ancienne star de l'équipe suisse.
Mandy Wigger est une ancienne star de l'équipe suisse.

L'équipe a pourtant eu la possibilité de se retirer du championnat de 1re Ligue fin décembre. Quatre formations ont d'ailleurs choisi cette option proposée par Swiss Volley, mais pas La Suze. «Nous y avons sérieusement songé», admet toutefois l'entraîneur Romeu Filho dans Le Journal du Jura. Mais la perspective de sanctions administratives ou sportives, et le désaveu qu'une telle décision aurait provoqué («cela aurait été un mauvais signal eu égard à notre discours de début de saison») a incité les dirigeants à poursuivre l'aventure.

Une aventure qui, plombée également par la défection des 3 Brésiliennes de l'équipe pour raisons familiales, s'écrira en pointillé jusqu'au terme de la saison. A moins que les dirigeants ne réussissent à convaincre les joueuses de se faire vacciner. Mais ce n'est pas leur rôle.

«La direction s'est réunie pour savoir quelle attitude adopter par rapport au vaccin. Nous avons décidé de ne fournir aucune recommandation. Chacun est libre de son choix. Les entraîneurs du club également. D'ailleurs, certains n'étant pas vaccinés, ils manquent aussi à l'appel.»
Luca Verardo, directeur technique du club.

«C’est une période difficile à passer, d’autres la vivent aussi», philosophe Romeu Filho dans la presse locale, alors que Mandy Wigger se réjouit du retour au jeu de plusieurs de ses coéquipières dans les jours à venir. «Je ne vais pas dire qu'on a eu de la chance, mais certaines ont chopé le Covid et pourront désormais jouer.» «Je viens d'ailleurs de recevoir un message d'une volleyeuse antivax toute heureuse d'avoir enfin contracté le Covid», relate le directeur technique, sans manquer de souligner «l'absurdité de la situation».

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source: ©glacier express / stefan schlumpf
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